Classement sans suite de la plainte pour torture contre Robert Mugabe
Le parquet de Paris a classé sans suite la plainte visant le président du Zimbabwe Robert Mugabe pour des faits présumés de torture, estimant qu'elle se heurte en effet aux principes généraux du droit international qui s'opposent à ce qu'un chef d'Etat en exercice puisse faire l'objet de poursuites pénales dans un pays étranger. Hier, jeudi 20 février, une dizaine de journalistes avait été retenu pendant près de deux heures par un cordon de police devant le ministère des Affaires étrangères à Paris, où devait avoir lieu une manifestation d'opposants à Robert Mugabe. La manifestation, elle, n'a pu avoir lieu, le meneur des manifestants, le défenseur britannique des droits de la personne, Peter Tatchell, ayant été interpellé à la sortie du métro Invalides. Il n'a été relâché que vers 15h, après le déjeuner des chefs d'Etat africains auquel participait le président du Zimbabwe, Robert Mugabe. "Nous avons été fouillés, nos banderoles confisquées. L'un des policiers nous a expliqué que les ordres venaient du ministre de l'Intérieur [Nicolas Sarkozy]", raconte Peter Tatchell. "Aujourd'hui, Paris ressemble à un Etat policier. Le droit de manifester a été suspendu pour toute la durée du sommet France-Afrique. La dernière fois que j'ai ressenti une telle présence policière, c'était à Berlin Est, en 1973. Il est choquant de voir que la France, qui a donné au monde des valeurs comme la liberté, se soit abaissée à agir comme une dictature communiste."











