Caroline Mécary: "Christian Vanneste est inférieur moralement à la loi contre l'homophobie!"
L'une des avocates des associations plaignantes contre le député du Nord accueille "avec colère" la décision de la Cour de cassation.
L'avocate Caroline Mécary a appris, comme tous les militants des droits des homosexuels, avec "beaucoup de colère" la décision de la Cour de cassation de blanchir le député Christian Vanneste de sa condamnation pour propos homophobes. Elle constate que l'argumentaire des conseillers de la Cour indique, dans son unique attendu, que le contenu des propos litigieux "ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression".
"Puisque c'est ainsi, je dis, moi, que Christian Vanneste est inférieur moralement à ceux qui disent que les propos homophobes sont indignes! Il est inférieur moralement à la loi du 30 décembre 2004 et à la représentation nationale qui l'a votée" déclare à Têtu Me Mécary.
La loi de 2004 complétait la loi sur la presse de 1881, en sanctionnant les propos injurieux, diffamatoires, haineux ou discriminants à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à l'égard de leur sexe ou leur orientation sexuelle, à l'instar des propos contre les femmes ou les minorités ethniques. C'est par cette loi que Christian Vanneste avait été condamné, par le tribunal correctionnel de Lille (Nord) puis la cour d'appel de Douai pour avoir déclaré dans la presse que l'homosexualité "était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité" et "Je critique les comportements, je dis qu'ils sont inférieurs moralement."
"La cour de cassation cautionne donc les propos qui font des homosexuels des sous-hommes, une sous-race", tempête Caroline Mécary. "Cela montre à quel point les magistrats n'ont pas conscience des discriminations réelles dont sont victimes les minorités, et notamment les homosexuels. Ce n'est pas une décision apaisante pour la société. C'est d'ailleurs la décision la plus conservatrice qu'ait rendu la cour de cassation, plus encore que lorsqu'elle a invalidé le mariage de Bègles" célébré en 2004 par Noël Mamère, dont Me Mécary était également avocate.
Avec les trois associations, plaignantes contre Christian Vanneste, qu'elle représente (SOS homophobie, Act Up-Paris, le Sneg), l'avocate se réserve la possibilité de porter le dossier devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Photo: DR.














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