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Capleton se dit victime de racisme

Par Emmanuelle Cosse mardi 02 août 2005, à 00h00 | 2338 vues
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Le chanteur Capleton s'estime victime de racisme, à la suite des annulations de ses concerts en France.

Dans une émission de Malik Boulibaï (DJ reggae) du dimanche 31 juillet de 23h15 à minuit sur France-Inter, une longue interview de l'artiste jamaïcain Capleton a été diffusée, dans laquelle le chanteur revient sur les annulations de concerts qui ont eu lieu en France, après la campagne de plusieurs associations homos, qui dénonçaient les propos homophobes du chanteur jamaïcain. "Il s'agit d'une attaque contre notre musique, contre notre peuple. Vous comprenez, c'est du racisme. Ils ont envoyé plein de menaces de mort et de bassesses et d'insultes par internet. Or nous sommes tous libres de critiquer un style de vie qui ne convient pas à tous. Pour autant on n'encourage pas à aller tuer et à détruire d'autres gens. De toute façon, chacun est libre de choisir ses modes de vie", explique-t-il avant de poursuivre par un argument fumeux: "Vous ne pouvez pas interpréter le patois jamaïcain comme de l'anglais standard pour vérifier vos idées. En jamaïcain, quand on dit tuer, cela ne veut pas dire littéralement tuer, quand on dit shooter, on ne peut pas traduire littéralement comme tuer quelqu'un. Par exemple […], si un artiste va sur scène et dit qu'il va "tuer la foule cette nuit", cela ne veut pas dire qu'il va tuer des gens. Avec sa performance il va les tuer, avec son style. C'est l'expression." Enfin, Capleton donne son opinion (qu'il avait déjà développée lors d'une interview pour reggae.fr) quant à la véritable raison de l'annulation de ses prestations: "Nous connaissons l'origine de toute cette affaire, cela a commencé l'année dernière. Il y a eu ce concert de reggae à guichets fermés à Bercy, la salle était remplie. Peut-être trois jours après, il y a eu un concert de R'N'B avec Beyoncé, Mary J Blige, Missy Eliot et ils n'ont eu que 4000 personnes. Et c'est depuis ce jour qu'ils ont commencé à combattre le reggae, parce qu'ils ont eu le pouvoir depuis les États-Unis. Et en fin de compte, on avait déjà entendu dire que les autorités avaient dit qu'il n'y aurait plus de concert reggae à Bercy. Cela veut dire que tout cela a été planifié. […] Ce sont eux les agresseurs, qui amènent la violence, parce que quand ils enlèvent au public leur joie, lorsqu'ils suppriment toute occasion de s'amuser, cette frustration peut entraîner de la violence. […] Nous allons encore leur montrer que nous sommes des gens qui évoluons dans l'amour, que nous apportons une bénédiction pour le public, avec des paroles de sagesse […]. Nous parlons pour les malheureux et pour ceux qui sont oppressés par le système. Quand nous rentrons au pays, nous aidons les hôpitaux, les écoles. Nous envoyons beaucoup d'enfants à l'école. Finalement quand ils nous empêchent de gagner notre argent, ils sanctionnent tous les pauvres gens." Avant de conclure : "Je me considère dans cette histoire comme victorieux. J'ai pu bénéficier d'une promotion gratuite, ceux qui ne connaissait pas Capleton ont entendu parler de Capleton, et certains ont écouté et ils sauront qui est exactement Capleton." Au-delà des propos de l'artiste, qui peuvent laisser de marbre, on peut s'étonner que Malik Boulibaï, tout en précisant bien qu'on "n'est pas là pour prendre position personnellement", ait choisi néanmoins de présenter cette affaire en parlant des "propos soit-disant homophobes de Capleton" sans jamais les citer ("Burn out ah chi man/Blood out at chi chi man", "brûle un pédé/Saigne un pédé" chante par exemple Capleton). Et de conclure l'émission en estimant que "cela nous permet d'avoir un éclairage nouveau sur cette affaire de censure qui a touché Capleton cet été et qui va vous permettre de vous faire une opinion plus juste". Reste à savoir si le terme "censure" est le plus adéquat quand on reproche à l'artiste des chansons dont les paroles tombent sous le coup de la loi. Sans oublier que la violence homophobe en Jamaïque a par exemple conduit à l'assassinat de Brian Williamson du JFLAG en juin 2004 (lire Têtu n°102).

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