Bourges: Les "voleurs d'urnes" déterminés à aller jusqu'au bout
Joints par téléphone, Olivier Rivet et son compagnon Omar Terchag, qui ont dérobé une urne électorale à Bourges dimanche dernier (lire Quotidien de lundi 17 et mardi 18 juin), ont confirmé qu'ils étaient prêts à aller jusqu'au bout de leur aventure. "Nous n'allons pas rapporter l'urne. Nous n'avons pas envie de faire marche arrière", a indiqué Olivier Rivet, toujours recherché par la police, de même que son compagnon. "Nous avons envie de terminer avec un coup d'éclat, en apportant l'urne à l'Elysée ou chez Alain Juppé à Bordeaux", ajoute-t-il, en promettant au passage l'organisation d'une conférence de presse avec les grands médias pour bientôt. "Nous savons que notre geste a choqué beaucoup de monde et notamment les homos," reconnaît-il, mais il ajoute pour justifier le choix de cette action : "C'est le préfet qui est responsable du bon déroulement des élections. En volant une urne, nous nous sommes attaqués à lui, qui a fait fermer nos établissements". Les "voleurs d'urnes", comme ils se nomment, n'ont pas peur d'aller en prison. Olivier Rivet évoque d'abord la loi d'amnistie que prépare le gouvernement, en espérant en être bénéficiaire, puis lorsqu'on lui fait remarquer que cette loi a peu de chances de le concerner, il répond: "On y va [en prison] . Nous ne sommes pas des délinquants." Philippe Deschamps, directeur de Cabinet de Bernard Tomasini, préfet du Cher, déclare qu'Olivier Rivet avait annoncé par courrier qu'il souhaitait réaliser un "coup d'éclat". "Mais nous ne nous attendions pas au vol d'une urne", précise-t-il. Il rejette l'accusation d'homophobie lancée par les gérants de l'Interdit et du Savon. "C'est un peu simpliste. M. Rivet pourrait commencer par respecter la loi.". Et Philippe Deschamps de dresser la liste des délits qui ont conduit à la fermeture administrative du Savon : "Plaintes pour tapage nocturne, non respect de la réglementation liée au travail, non respect de l'engagement du gérant, bagarre devant l'établissement". Il poursuit : "Le bruit n'a pas de préférence sexuelle". Le Syndicat national des entreprises gaies (Sneg), dont le Savon et l'Interdit étaient adhérents, s'est désolidarisé de l'action d'Olivier Rivet et d'Omar . "Depuis septembre 2000 et l'affaire de la Cathédrale, nous n'avions eu aucune nouvelle d'eux. Ils nous ont contacté seulement après le "rapt". Quand bien même leur dossier de fermeture administrative serait défendable, ils auraient dû nous contacter avant", explique Rémi Calmont du Sneg. Le vol de l'urne change la donne : pour le Sneg, Olivier Rivet et son compagnon deviennent "indéfendables", car "leur situation relève désormais du pénal, et plus de l'administratif". Rémi Calmont regrette d'autant plus cette situation qu'avec l'aide d'un avocat du Sneg, Olivier Rivet avait obtenu gain de cause en septembre 2000 et que son bar avait pu rouvrir. Sur les accusations de l'homophobie à l'encontre de la préfecture, Rémi Calmont trouve "suspecte" l'accumulation des motifs de fermeture, mais, il conclut, résigné: "L'affaire de l'urne va maintenant prendre le pas sur l'affaire de la fermeture". À Bourges, un ancien élu de la ville, ami d'Olivier Rivet, confie : "Cet événement place la communauté homo locale dans une position délicate vis à vis de la population. Il est difficile pour les homos de soutenir le vol et ses auteurs.". Nos Thelma & Louise françaises se retrouvent bien seules, sans soutien, avec la police aux trousses. Leur "coup d'éclat" risque de leur coûter très cher. Combien de temps vont-ils encore tenir ? Affaire à suivre.














LES CHAÃŽNES 











