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Au coeur de l'Existrans 2008, douzième marche des trans et intersexes

Par Rédaction lundi 13 octobre 2008, à 00h00 | 1678 vues
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"C'est pas au psy de me dire qui je suis!", disent les trans manifestants. Reportage à Paris lors de la marche du 11 octobre.

"Des droits! Des lois qui respectent nos choix!" "C'est pas au psy de me dire qui je suis!" "Trans exclus, le mauvais genre est dans la rue!" Les rues de Paris, entre Belleville et Beaubourg, résonnent des slogans-coups de gueule de la douzième Existrans, la marche des trans et des intersexes, ce samedi 11 octobre. Comme chaque année, les associations LGBT (dont SOS homophobie, Existrans, l'association Transgenre, Les Panthères roses, et aussi des représentants de la LCR et du PCF) se sont donné rendez-vous dans la rue pour rappeler les difficultés que rencontrent les transsexuels au quotidien. Sifflets, trompettes, mégaphones, les jeunes trans donnent de la voix, en tête de cortège (photo). Venues en masse, les nouvelles générations mettent le paquet pour être vues et entendues. Vêtus en pom-pom-girl rose fluo, en ouvrier années 30 avec béret et bretelles, s'enlaçant librement sur la place de la République, ils attirent l'œil des passants, parfois surpris ou choqués, souvent amusés. Derrière, parmi les anciens, quelques divas, perchées sur leurs talons, le visage grimé, assurent le spectacle devant des Parisiens bouche bée. "C'est bien que les gens sachent qu'on existe, se réjouit Hugues, un des manifestants. On vient aussi pour leur montrer qui on est et quels sont nos problèmes. C'est une bonne manière de se sentir un peu moins exclus." Sous leurs allures de groupe festif et coloré, les 500 manifestants sont porteurs d'un message plutôt lourd. "La France est très en retard concernant la condition des trans, explique à Têtu July, une organisatrice de la manifestation, membre de l'association Résistrans. Ces dernières années, rien n'a été fait pour nous. Il est toujours aussi difficile de se faire faire des papiers qui prennent en compte notre nouvelle identité sexuelle, il est toujours très compliqué d'accéder à la chirurgie, mais aussi d'être considérés comme des gens normaux." Chômage et sida figurent en première place des préoccupations pointées par les manifestants. "Nous souffrons toujours de très importantes discriminations sur le marché du travail", se lamente July. Les problèmes que rencontrent les transsexuels à l'embauche engendrent trop souvent un terrible cercle vicieux. "Sans emploi, beaucoup d'entre eux tombent dans la précarité, et certains, pour tenter de s'en sortir, finissent par se prostituer, avec les pratiques sexuelles à risque que cela suppose", déplore Christophe, venu défiler par solidarité. S'il n'existe aucun chiffre officiel les concernant, le pourcentage de transsexuels malades du sida serait trois fois plus élevé que pour le reste de la population. Au cœur du cortège, les militants d'Act Up-Paris ont brandi de larges banderoles noires aux slogans accusateurs: "Sida: Trans oubliés, trans assassinés!" "Il faut absolument que l'État fasse de la prévention en direction des transsexuels, nous explique Stéphane Deumier, d'Act Up-Paris. Le nombre de contaminations est très important parmi eux." Des organisateurs aux simples sympathisants, le mot "vexations" était sur toutes les lèvres. Les transsexuels se disent outragés par le parcours du combattant qu'il leur faut traverser pour faire reconnaître officiellement leur nouvelle identité sexuelle. "Lorsqu'on a changé de sexe, on peut changer de papiers, explique Hélène. En théorie, notre nouveau genre peut apparaître sur l'état civil. Mais en réalité, c'est très compliqué, et très contraignant. On est encore obligé de passer par une expertise payante, qui coûte très cher." Enfin, les trans de la manifestation de samedi ont fustigé les lenteurs et la complexité des démarches pour pouvoir accéder à la chirurgie sans se ruiner. "Le changement de sexe peut être pris en charge par la Sécurité sociale, mais ça nécessite une procédure très lourde, dans laquelle les psychiatres ont le pouvoir, s'offusque Nico, en tête de cortège. Ce sont eux qui décrètent si, oui ou non, notre démarche de changement de sexe est justifiée. C'est inadmissible. Nous seuls devrions pouvoir en décider". Texte et photo: Mathieu Cross.

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