«Villa Amalia»: Isabelle Huppert en fuite
Benoît Jacquot filme un personnage féminin qui cherche à fuir le cadre. Un pur travail de mise en scène.

Parce que son amant l’a trahie et que la célébrité ne satisfait plus ses exigences artistiques, Ann, une pianiste de renom, décide de rompre avec son existence. Méthodiquement, elle organise sa «volatilisation» grâce à la complicité d’un ami d’autrefois, homo quadragénaire dont l’amant vient de mourir.
Dans sa quête de renaissance, elle gagne les rives italiennes et trouve enfin un nouveau sens à sa vie dans l’enceinte protectrice d’une villa abandonnée surplombant un magnifique panorama, ainsi que dans les bras d’une vestale amante.
Filmer un personnage qui s’estompe et cherche littéralement à s’extirper du cadre est sans doute l’un des paris les plus difficiles à remporter au cinéma. Un quasi oxymore dont le cinéaste Benoît Jacquot s’acquitte pourtant ici avec une indéniable dextérité, préférant d’emblée à l’approche psychologique une forme narrative basée sur le sensoriel et le sensitif. Un pur travail de mise en scène enthousiasmant, jamais théorique, toujours sensible, relayé par l’interprétation intense d’Isabelle Huppert qui, à l’image de son personnage, est à la fois mystérieuse, envoûtante, opaque et lumineuse.
Villa Amalia
Réalisé par Benoît Jacquot
Avec Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois…
Durée: 1h31 min.
La bande-annonce :











