Une «Golden Girls» nous a quittés
La comédienne Bea Arthur, inoubliable Dorothy des «Golden Girls», était aux Etats-Unis un mix entre Line Renaud, Jacqueline Maillan et Muriel Robin. Elle s'est éteinte hier matin dans sa maison de Los Angeles. Portrait de l'une des figures les plus aimées de la popculture gay américaine.
Elle n'était pas juste grande par la taille (1m80). Avec la mort de Bea Arthur (ci-contre, en arrière au centre), des suites d'un cancer à l'âge de 86 ans, Hollywood perd l'une de ses plus grandes comédiennes comiques, qui, entre le théâtre et la télévision, n'aura quasiment jamais quitté le devant de la scène pendant 60 ans. Pince sans rire, elle aura toujours été une icône gay, parodiée par des dizaines de drags queens, jouant toujours avec humour sur les rumeurs qui la voulaient lesbienne, ou qui sous-entendaient qu'elle avait été un jour… un homme.
C'est à la fin des années 60 que la télé s'empare de son personnage avec la sitcom All in the Family ou son abatage fait merveille dans ce programme très polémique, car très «gauchisant» pour une série apparemment familiale. Le personnage est si populaire qu'un spin-off en est tiré, Maude (qui servira de base en France à Maguy, la première saison des aventures de Rosy Varte étant la traduction exacte des meilleurs épisodes de la série) est lancé avec succès en 1972. Elle recevra un Emmy Award de meilleure actrice de comédie la même année.
Une sitcom culte
En plein mouvement féministe naissant aux USA, Maude aura un retentissement énorme. Dans un épisode, Bea subit même un avortement! Le scandale est énorme dans l’Amérique des seventies. En 1978, elle quitte Maude et repart sur scène où elle enchaîne one woman show et comédies musicales. Mais revient triomphante avec The Golden Girls (1985-92), une sitcom qui deviendra immédiatement culte. On y suit les tribulations de trois retraitées, jouées par Bea Arthur (Dorothy), Betty White and Rue McClanahan, et Estelle Getty (elle aussi récemment décédée) dans le rôle de la mère de Bea, qui vivent ensemble dans une maison à Miami. La causticité, l'esprit et l'humour franchement queer (l'un des auteurs est alors Marc Cherry, scénariste gay futur créateur de Desperate Housewives) font des Craquantes (le titre en VF) un poids de l'audience américaine. Avec dix Emmys à la clé.
Les Golden Girls achètent des préservatifs
Bea Arthur dans une parodie de Sex and the City
Photo: DR.


















De PATRICKMONTEAU
Paix à cette grande dame... ainsi qu'à Macha Béranger (une madonne pour moi) ainsi qu'à Bernard HALLER......