Une exposition homo-érotique au musée national de Varsovie: visite guidée
L'exposition qui vient de démarrer dans le principal musée de Pologne est une première, à tous point de vue. En exclusivité, TÊTU vous guide à travers une sélection d'œuvres.

«Vous n'allez pas mettre des excréments au musée!» A l'hiver 2009, quand l'exposition sur «L'homo-érotisme dans l'art» a été annoncée, elle a suscité une véritable explosion de haine dans la Diète, le parlement polonais, de la part des partisans de Kaczynski, feu le président homophobe du pays, et dont le frère jumeau vient de se qualifier au second tour des élections présidentielles.
Il faut dire que dans le vénérable musée d'art national, aux côté des salles d'art catholique moyenâgeux, organiser une telle exposition était chose pour le moins osée. D'ailleurs Pawel Leszkowicz (photo ci-dessus), qui a pu la créer, se dit lui-même très surpris: «C'est un événement miraculeux, qui n'a été possible que grâce au tout nouveau conservateur du musée.» Aucun partenaire privé n'a accepté de se joindre à cette opération.
«Révéler l'inconscient de la collection»
Malin, Pawel Leszkowicz a choisi de faire correspondre dans les mêmes salles des oeuvres historiques issues des collections du musée, avec des oeuvres d'art contemporain. «J'ai queerisé la collection nationale!», s'amuse-t-il, devant une imposante sculpture d'influence soviétique dénichée dans les fonds du musée. Deux soldats qui semblent chargés de testostérone se préparent au combat et semblent amoureusement enlacés… «En quelque sorte, j'ai sondé l'inconscient de notre patrimoine», analyse-t-il.
En face de ces œuvres, il a juxtaposé des travaux récents d'artistes d'Europe centrale et de l'est. «Il y a peu de toiles des pays de l'Ouest car chez vous, les conflits entre sensibilité homo-érotique et artistique sont résolus. Ici, le sujet est encore volatile.»

Succès de fréquentation
La composition tantôt amuse – ces prêtres qui accueillent le visiteur en dressant un rainbow flag, dans une caricature des contradictions polonaises -, tantôt dérange – le classique Saint Sébastien est ici revisité par une vidéo dans laquelle des soldats polonais martyrisent un jeune homme. L'homo-érotisme est ici aussi bien masculin que féminin.
Mais au-travers de cet inventaire consistant, organisé en salles (homo-érotisme classique, nus masculins, couples d'hommes, Ganymède, imaginaire lesbien, transgenre/androgynie, et Saint Sébastien…), on constate que l'artiste a réussi son pari: inciter les Polonais à la réflexion et les ouvrir aux homos à travers un parcours artistique. Les polémiques n'ont pas réapparu aux premiers jours de l'exposition, mais elles ont au contraire cédé la place à un joli succès de fréquentation.
Photos: Paul Parant, DR.
En exclusivité pour TÊTU, voici une petite sélection d'œuvres issues de cette exposition:


















LES CHAÃŽNES 












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De Phil86
j'ai bien aimé...