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«Too Much Pussy», le long-métrage d’Emilie Jouvet enfin défloré

Par Mélanie Vives vendredi 16 avril 2010, à 09h53 | 10745 vues
Plus de: Émilie Jouvet, Queer X Show, Wendy Delorme, Sadie Lune, Judy Minx, Annie Sprinkle, porno lesbien, féminisme pro-sexe, webmag

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«Too Much Pussy, Feminist Sluts In The Queer X Show». Le documentaire féministe queer d’Emilie Jouvet était projetée hier à Bordeaux en avant-première. La réalisatrice a filmé des «petites sœurs du mouvement pro-sexe américain» avec qui elle a passé l’été dernier…

Queer X ShowEmilie Jouvet nous promettait un ovni (lire notre article). La soucoupe volante a en fait des allures de camionnettes. A son bord, une «barbie-bondage» ligotée est pendue au rétroviseur et des tampons hygiéniques sont accrochés au pare-brise: les sept filles du Queer X Show taillent la route, lunettes de soleil roses en forme de cœur sur le nez, moustaches dessinées sur des sous-vêtements qu’elles ont maintes fois enlevés durant leur tournée…

«Un gang bang presque normal d’artistes»
Sur les routes d’Europe l’été dernier, ce «gang bang presque normal d’artistes», comme elles se présentent elles-mêmes, n’a eu de cesse de jouer avec les genres. Sur les scènes de Bruxelles, Paris, Berlin ou Copenhague, elles ont, chacune, livré leur corps sous toutes les coutures, et avec lui un spectacle composé de danses, de performances burlesques ou de lectures mises en scène. Des représentations osées, accompagnées d’un message politique: celui de la libération du corps, de la jouissance féminine et du désir.

Ce sont ces filles qu’Emilie Jouvet a filmées dans un documentaire qui laisse une large place aux performances scéniques. Le «Cervix Show» est parmi les plus marquants: la performeuse Sadie Lune s’installe sur scène, place un spéculum dans son vagin et invite le public à l’examen. L’audience joue le jeu et s’approche, lampe torche en main…Tout comme l'avait fait, avant elle, la sex-performeuse et éducatrice Annie Sprinkle dans les années 80.

«Un documentaire très libre, comme ces filles peuvent l’être»
Les «petites sœurs du mouvement pro-sexe américain» font des rencontres: le documentaire est entrecoupé de scènes de sexe plus ou moins explicites… Entre deux shows, les longs trajets en camionnette sont propices aux discussions sur les théories liées au genre, le safe sex entre filles, le porno ou la masturbation…


«C’est un documentaire très libre, comme ces filles peuvent l’être», résumait hier la réalisatrice, qui ajoute ainsi une pierre à l’édifice d’Annie Sprinkle dont l’adage reste inchangé: «The answer to bad porn isn't no porn… it's to make better porn!»

Pour plus d’informations, consultez le site Internet d’Emilie Jouvet.

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4 réactions de la communauté

 
Erb

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De Erb

Le 16 avril à 17h39

Tant qu'on ne réduit pas le féminisme à la pornographie, je veux bien suivre. Je n'empêche personne d'être féministe et queer ET porn performer. Je crains juste les amalgames. Slut = pute, salope. Mais là, on n'a pas l'air de défendre l'avortement. Mieux vaut juger sur pièces.

Quelqu'un a-t-il vu ? participé ?

 
nathou88

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De nathou88

Le 22 avril à 04h03

Pfff encore heureux que le féminisme ne se résume pas au droit à l'avortement! Il faut avancer maintenant chérie, c'est finie la seconde vague! ;-) (même s'il faut continuer à lutter contre les attaques face à ce droit)

Défendre le droit des femmes a être des putes, des salopes, à vivre et exprimer leur plaisir, c'est lutter contre un stigmate moraliste et bourgeois qui veut que les femmes respectables vivent leur sexualité comme quelque chose de l'ordre du privé et du domaine du couple (forcément hétérosexuel et reproductif...)
C'est une nouvelle étape du féminisme, c'est normal qu'il y ait des résistances...

 
hector dumas

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De Erb

Le 26 avril à 15h13

Bonjour nathou88 !

La sexualité des femmes qui sont féministes et lesbiennes ne me dérange pas du tout, comme je le disais plus haut. Elle relève des libertés individuelles, comme l'accès ou la participation à des oeuvres pornographiques. Aucun problème sur le sujet. Et on a droit aux deux, j'ai été, je crois, assez clair.

La pornographie masculine gay ne prend pas d'alibi "patriarcal". (Je suis opposé à toute domination de genre.) Je veux bien un discours et une vie lesbiennes féministes et pornographiques, mais voudrais-tu m'aider à "évoluer" ?

1. Pour toi, les lesbiennes féministes DOIVENT-ELLES, dans leur intérêt, "être porn" ? (Je ne le crois plutôt pas, mais je me réserve le droit d'évoluer sur le sujet, et j'adore entendre des positions révolutionnaires : il m'arrive de les adopter, en totalité, ou en partie.)
2. Veux-tu me dire en quoi il s'agit d'une nouvelle étape du féminisme ? Moi, je veux bien, et même en public, mais je ne vois toujours pas.

Pour la liberté de son propre corps, je te suis à 100 %, y compris en public. Mais jamais ne viendra le jour où toutes les lesbiennes, ou toutes les femmes, copuleront en public. J'ai dit dès le départ qu'on pouvait être féministe et porn, et que je ne craignais que les amalgames. Je souhaiterais que tu les dissipes de mon esprit, toi, un autre tetunaute, ou une autre tetuenaute.

 
nathou88

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De nathou88

Le 05 mai à 03h00

Chère Erb,
je n'ai jamais dit de telles choses. Il ne faut pas caricaturer... ChacunE peut avoir le rapport à la sexualité qu'ille veut, la seule chose importante c'est de ne pas l'élever au rang de norme, comme aujourd'hui la sexualité dite privée ou de couple chez nos féministes officielles.
Il faut de tout dans le mouvement féministe, je suis le premier à le dire, mais faut qu'on s'accepte les unEs les autres sans préjugés, qu'on se révendique salope et féministe, ou pas... Et ça c'est pas gagné! ;-)

 
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