The Young Professionals: « Il n'y a jamais eu autant de coming-out en Israël!»
Né de la rencontre entre Johnny Goldstein, un jeune DJ de Jérusalem, et la popstar israélienne Ivri Lider, TYP publie ces jours-ci un premier album résolument dance. De passage à Paris, TÊTU a rencontré le duo homo-electro pour évoquer sa musique mais aussi les contradictions de son pays.
Johnny Goldstein et Ivri Lider.
TÊTU: Pourquoi ce nom, «The Young Professionals»?
Ivri Lider: On voulait un nom de groupe qui évoque la vie moderne. Qu'on soit de Paris, Tel Aviv, Berlin ou New York, il me semble que le travail est ce qui nous définit le plus. Pourtant on n'aspire tous qu'à une seule chose: y échapper, s'émanciper du stress du quotidien. TYP est né de ce genre de contradictions. On a fondé le groupe il y a un peu plus d'un an. Au départ Johnny vivait à Jérusalem et moi à Tel Aviv. On travaillait par emails. La première année on s'est peut-être rencontré quatre fois tout au plus!
Vous êtes un groupe israélien mais vous chantez en anglais et votre disque lui sonne très occidental!
Ivri Lider: Selon moi, Israël est justement un pays très occidental. Pour en revenir au disque, tu as raison, c'est un album résolument influencé par l'Europe. Mais il y a dans chacun de nos morceaux une touche orientale. Comme dans nos vidéos d'ailleurs!
Vous êtes un duo électro de garçons avec un chanteur gay... vous n'allez pas échapper à la comparaison avec les Pet Shop Boys !
Ivri Lider: On les adore! Les Pet Shop Boys sont l'une de nos plus grandes influences! Ce que j'aime chez eux c'est qu'ils produisent une musique électronique tellement intelligente! Une musique à la fois ambitieuse et populaire. On peut danser sur leurs chansons comme on peut pleurer sur leurs textes ! C'est ce qu'on veut pour TYP. En club, j'aime danser mais sur des paroles pas trop connes. Même un peu bourré, c'est toujours mieux! Par exemple, je trouve merveilleuses les paroles de la chanson de Rihanna produite par Calvin Harris « We found love in a hopeless place ». C'est magnifique!
Votre morceau D.I.S.C.O reprend le gimmick d'un tube datant de 1979 du groupe OTTAWAN, un duo français!
Ivri Lider: Je suis un grand fan d'OTTAWAN ! Je connais cette chanson depuis que je suis môme ! J'ai demandé à Johnny de sampler ce morceau. On a refait une version plus douce-amère que l'originale !
Un des meilleurs titres du disque s'intitule «Fuck Off Berlin», c'est un règlement de compte?
Johnny Golstein: Au contraire, c'est une déclaration d'amour à cette ville !
Ivri Lider: Oui! Tout est parti d'un t-shirt que j'ai acheté en Allemagne avec inscrit dessus « Fuck Off Berlin ». On a tous vu ces fameux t-shirts ‘I love New York'. Des mecs à Berlin ont eu l'idée de faire le même t-shirt, «I love Berlin». Mais ce n'était pas assez cool pour eux! Alors ils ont conçu ce t-shirt «Fuck Off Berlin!» C'est pour ça que j'adore cette ville, elle ne se prend pas au sérieux! Et puis mon boyfriend est allemand alors...
Ivri, tu as été l'une de premières personnalités israéliennes à faire ton coming-out il y a de ça plus de 10 ans. C'était important pour toi de revendiquer ton homosexualité?
C'était une décision que j'ai prise après mon deuxième album. Je me suis dit que ce n'était pas quelque chose dont je devais avoir honte. Je savais qui j'étais, où j'en étais. Lorsque tu es connu, tu as une sorte de responsabilité vis-à-vis de ton public. Quand tu reçois la lettre d'un gamin de 15 ans qui t'explique que ça l'a aidé à s'assumer auprès de sa famille, tu te dis que tu as fait le bon choix.
Personne n'a tenté de te dissuader de le dire?
Si bien sûr! Mon manager de l'époque passait ses journées à me répéter «Tu sais, je ne crois pas que ça soit bon pour ta carrière...». Mais j'avais besoin de le dire. Et je crois que les gens apprécient l'honnêteté. Regarde George Michael, le scandale autour de son coming-out aurait pu ruiner sa carrière. Mais finalement, ça n'a fait que le rendre plus humain.
Penses-tu que ton coming-out t'ait éloigné de ton public féminin?
Sûrement pas! Bien au contraire! L'homme sur scène, ça reste un énorme fantasme! Je crois que les filles voient ça comme un challenge: «Il est gay mais qui sait? Je peux peut-être le changer!» (Rires)

Vue d'Europe, la société Israélienne semble elle aussi être en proie à une montée des extrémismes, vous le ressentez ainsi ?
Oui. Mais je ne sais pas si c'est pire qu'ailleurs... Aux Etats-Unis aussi tu as des extrêmes, seulement Israël est un si petit pays que ces frictions s'expriment beaucoup plus directement qu'en Amérique. Néanmoins, Israël demeure un pays ouvert. Par exemple, ces quatre dernières années, il n'y a jamais eu autant de coming-out: des chanteurs, des présentateurs télé, des sportifs, des politiques...
Es-tu en train de me dire que tout le monde est gay en Israël ?
Oui, voilà ! (Rires) Non plus sérieusement, Israël est une société très libérale. Mais tout n'est pas rose. Tu peux sortir dans un club où les mecs dansent à moitié à poil et lorsque tu rentres en bus, les femmes doivent s'assoir à l'arrière du car. C'est une guerre culturelle que nous vivons. Et je ne sais pas qui va la gagner.
Dans vos clips on retrouve avec bonheur Uriel Yekutiel, ce trav' flamboyant, qu'on avait déjà vu dans les vidéos de Arisa, comment l'avez-vous rencontré?
C'était l'idée du réalisateur. On s'est dit qu'il collait parfaitement à l'esprit de TYP. Uriel est plus qu'un simple travesti, c'est une créature d'un genre nouveau, à la fois viril et féminin! Et c'est de sa faute si à la fin du clip de D.I.S.C.O on finit en talons aiguilles!
Johnny: Ces vidéos ont été géniales à tourner! Toute l'équipe de tournage était gay j'étais le seul hétéro de tout le set!
Y aura-t-il d'autres surprises sur le disque?
Johnny: Absolument ! On vient d'enregistrer une version du ‘Video Games' de Lana Del Rey. Tu verras elle risque de te surprendre ! (découvrez un extrait de la chanson sur Youtube)
9:00 to 17:00, 17:00 To Whenever de The Young Professionals chez Polydor.






















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De Ptikeum
Surtout ne pas écouter le DISCO ci-dessus nommé... On ne peut plus s'en débarrasser ensuite ! Rotation lourde assurée :)
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De Negro Incognito
déjà entendu ce disco qq part et j'avais aimé... mais c sympa leur style