The Ting Tings: «on n'est pas des rockstars!»
INTERVIEW. Tête d'affiche de Solidays et des grands festivals de l'été, les Ting Tings ont conquis la planète en moins d'un an avec leurs tubes électro rock survitaminés. TÊTU a rencontré le duo explosif dans… une laverie parisienne.
Il était difficile d'anticiper un tel raz-de-marée quand, il y a un an, nous avons chroniqué le premier album des Ting Tings dans les pages de TÊTU. D'autant plus que le titre de leur disque, We Started Nothing (nous n'avons rien commencé), n'annonçait pas vraiment des tubes explosifs prêts à faire danser la planète. Et puis, That's Not My Name a déboulé sur les radios et les iPods, suivi très vite de l'uppercut funky Shut Up and Let Me Go.
Alors, on voulait absolument rencontrer le duo -visiblement déjanté- formé par Katie White et Jules De Martino. Mieux les connaître aussi. Début mai, quelques heures avant leur troisième concert sold out au Bataclan, à Paris, nous avons parlé musique, bon vin et fringues dans une... laverie, évidemment!
TÊTU: Il y a un an, personne ne vous connaissait. En quelques mois, vous avez vendu près d’un million et demi d’exemplaires de votre premier album dans le monde. Vous êtes devenus des rockstars?
Katie White: (Rires) Je ne sais pas si on est devenus des rockstars… On est juste un petit groupe de pop-rock-indé-fait-maison dépassé par son succès! Par contre, j’ai toujours eu des coupes de cheveux de rockstar!
Jules De Martino: C'est vrai, je confirme. (Rires). Ce qui est sûr, c'est qu'on a désormais une vie de rockstars. On n'a plus de maison! Ca fait un an et quatre mois qu’on est sur la route. On ne compte plus plus les dates de concerts et la tournée va se prolonger tout l’été. C’est fantastique.
Les Ting Tings rencontrent un énorme succès en France, peut être plus qu'ailleurs…
Jules: C'est impressionnant. En quelques mois, on est déjà venus à Paris une bonne dizaine de fois. Et toujours autant de plaisir. L’architecture, le lifestyle… Nous sommes évidemment fans de Paris, et nous allons découvrir encore beaucoup d’autres villes françaises avec cette tournée. En fait, on adore la vie en France. Si on a quelques heures avant un concert, on loue des vélos. Vous avez un super bon système de vélos à Paris. On pédale pendant des heures. Puis, on prend l’apéro et on se saoule avec du bon vin. C'est la belle vie.
Quels préjugés sur les Français avez-vous pu vérifier lors de vos aventures en vélib’ ou en promo ?
Katie: Les Français sont très romantiques. Par exemple, le journaliste qui te précédait (Christian Eudeline pour VSD, NDLR) nous a demandé très joliment: «Alors, y’aurait-il une histoire d’amour derrière the Ting Tings?» C’est la première fois qu’on me pose cette question de façon si poétique. D’habitude, c’est plutôt «Alors, vous couchez ensemble ou pas?» (Rires)
Jules: C’est vrai que les Français sont de grands romantiques…
Katie: Nous avons joué à Paris il y a quelques mois et les gens slammaient dans tous les sens (dans les concerts de rock, faire un slam, c'est le fait de se jeter dans le public en surfant dessus, NDLR). Avant de sauter dans la foule, certains mecs me faisaient la bise sur les deux joues! C’était si chou et si poli à la fois. Vraiment le genre de trucs que tu ne vois qu’à Paris!
La première fois que j’ai entendu parler des Ting Tings, c’était dans la bouche de Karl Lagerfeld qui est très branché musique. Et vous, vous êtes branchés mode?
Katie: J’aime bien les fringues, mais je ne suis pas le genre à suivre toutes les tendances saison après saison… Tu sais, je ne fais pas appel à des stylistes. Je peux très facilement avoir l’air moche pour être parfaitement honnête! Pareil pour le maquillage, du coup c’est moi qui m’y colle et ça m’éclate. Ceci dit, il y a un créateur génial à Paris, qui s'appelle Felipe Oliveiro Baptista. Il voulait dessiner nos tenues de scène pour la tournée. Mais nous n'avons pas pu accepter sa proposition. Ses vêtements auraient été complètement ruinés en quelques concerts!
Cet été, les Ting Tings sont de tous les festivals: à quoi ressemble cette partie de votre tournée?
Jules: C’est une expérience très différente de celle qu’on vit en tournée mondiale. D’habitude on se lève tard, on file en interview puis on répète, et le soir arrive et on joue dans des salles de concert puis on rentre à l’hôtel puis à l’aéroport, et ainsi de suite… Les festivals, c’est beaucoup plus détendu: on est en plein air, et puis on rencontre des musiciens géniaux!
Katie: Je compte en profiter pour me remettre à écrire, aussi, car nous comptons rentrer en studio à la rentrée pour enregistrer notre deuxième album.
Il paraît que vous allez l’enregistrer chez nous: vous confirmez?
Jules: C’est vrai qu’on a cherché un endroit à Paris pour répéter et enregistrer. Mais vos loyers sont super chers et on a besoin d’espace pour notre matériel. En plus, qui a vraiment envie d’avoir un groupe de musiciens avec nous. Du coup on s’intéresse maintenant à Berlin, qui nous inspire aussi beaucoup.
Katie: Je pense que la France, c’est le bon endroit pour se détendre, se cultiver, sortir, et apprécier les bonnes choses de la vie. Mais si on voulait vraiment bosser ici, il nous serait difficile d’être productifs. On serait tout le temps bourrés, on ne foutrait rien. Mais au moins, on serait bien habillés!
Propos recueillis par Florent Gilles
Photo: Kael T. Block pour TÊTU.
Dates de concerts: aujourd'hui, 27 Juin, à l'Hippodrome de Longchamp dans le cadre du festival Solidays; le 2 juillet au Main Square Festival d'Arras; le 3 aux Eurockéennes de Belfort; le 18 au Garden Nef Party festival d'Angoulême; le 19 aux Vieilles Charrues à Carhaix; le 21 aux Arènes de Nîmes.












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De lou
long life to the ting tings!
by the way, problème récurrent à Paris : le manque crucial de salles de répet voire de concert, loyers trop chers, que faire Mayor D.?
Paris détrôné depuis des lustres par London, peu à peu par Bruxelles, et sans parler de Berlin... dommage.