STYLE TÊTUE: Trois Américaines «queers» décryptent leur look
Elles ne se trouvent ni vraiment butch, ni fem, ni andro... Elles préfèrent se dire «queers». Un mot qui mélange à la fois le côté alternatif et fluide de leur look. Pour TÊTUE, trois queers américaines nous racontent leur style.

Lilly, barmaid à New York
«Je n'ai pas de style figé. Je peux être plus féminine, plus masculine... Je suis addict au blanc et j'aime avoir un look «clean». Mais je suis aussi couverte de tatouages et je peux avoir le style «Brooklyn»: tout en noir, pas de manches, jean troué... J'aime montrer mes épaules et mes tatouages.
Je porte beaucoup de bijoux: l'un vient du Pérou -dont je suis originaire-, d'autres sont hindous, comme ma bague et mon pendentif Om. Mes cheveux comptent beaucoup aussi. Récemment, je les ai rasés pour soutenir une amie qui avait un cancer du sein. Je me fais des motifs à la tondeuse selon la cause pour laquelle je pose. Là, sous mon chapeau, j'ai une crête.
J'ai un côté butch, androgyne, mais je ne porte pas que du large. J'ai du maquillage sur les yeux. Je suis attirée par les fems, les filles féminines. Et c'est ma seule façon de me définir.»

Bex, photographe anglaise établie à Brooklyn
«Je suis une fille, mais je peux ressembler à un petit garçon. Avec le temps, je suis devenue plus masculine... Parce que je me suis sentie plus à l'aise avec le fait de l'être. Je pourrais me définir comme fag (pédé). Je ne suis ni fem ni butch... Et je préfère me dire «gay» que «lesbienne».
Je porte surtout des pantalons larges et des shorts l'été, avec des bottes. J'adore les accessoires et je suis un peu obsédée par l'or. J'aime garder les cheveux courts. Mais mon style vestimentaire n'est pas si important que ça, c'est juste ce que j'enfile le matin...
Aujourd'hui, je porte une chemise Ralph Lauren que j'ai piquée à mon beau-père, un jean qui date de mes dix-sept ans et qui a été découpé en short, des bottes que j'ai achetées à Bristol, et un bijou signé Me & Zena, un designer anglais. C'est un pendentif en forme de vieille télé.»

Vanessa, spécialiste dans la réinsertion, militante pour la réforme pénitentiaire
«Je n'ai jamais aimé les vêtements pour femmes. Enfant, je faisais des crises à ma mère dès qu'elle me suggérait de porter quelque chose de «mignon». Elle a fini par me laisser porter ce que je voulais:des baggys, des chaussures de skate, des t-shirts immenses. Ces fringues me permettaient d'exprimer mon identité de garçon manqué...
Au lycée, je me suis d'abord conformée à ce que mes amies portaient, puis j'ai eu une phase excentrique. Mais je me suis retrouvée dans une fac conservatrice où j'ai dû prendre un style plus «raffiné». Là, j'ai rencontré ma première copine, et j'ai dû me confronter au fait d'être homo dans un univers non homo. J'étais pas fière de mon style. Je me sentais butch sans comprendre comment m'habiller butch...
Des années plus tard, j'ai découvert les jeans slim et les tee-shirts col en V: je ne peux plus les quitter! Là, je sors du bureau: je porte un pantalon et une chemise H&M, et des chaussures Clarks. J'ai appris à repousser les contraintes vestimentaires genrées et à imposer mon style quotidien comme tenue de travail. Maintenant, je me sens bien en toutes circonstances.»
Photos: Suzanne Wilson pour TÊTUE






















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De elise-75
J'aime beaucoup le look de la troisième. Belles lunettes!