SPÉCIAL VAMPIRES: L'encyclopédie amoureuse de Katherine Quénot et de John Bolton
«L'encyclopédie amoureuse des vampires» est une promenade ludique et savante, jalonnée de nombreuses références littéraires, écrite par Katherine Quénot et illustrée par John Bolton. Pour TÊTUE, elle nous dit tout de la sensualité du mythe du vampire et de son éternité...
L'encyclopédie amoureuse des vampires écrit par Katherine Quénot et richement illustrée par John Bolton, est le beau livre de ce Noël vampiresque. Pourquoi vampiresque? Parce que les vampires ont (à nouveau) tout envahi: télé (True Blood), ciné (Twilight, ..), littérature (Dracula l'immortel de Dacre Stoker et Ian Holt), et aussi la mode avec cet automne, des dizaines de modèles au teint livide et aux yeux rougis.
Katherine Quénot, écrivaine de contes fantastiques, étudie le mythe sous toutes les coutures: son origine théologique, les premiers vampires, son archétype, un passionnant chapitre sur «La vampire femelle: un être beau, noble et littéraire», et nous transmet sa passion de vampirologue dans ce bel ouvrage somme d'érudition.
Le livre est illustré par un maître de l’illustration fantastico-érotique aujourd’hui et plus précisément un peintre des vampires, John Bolton. Il a illustré l’œuvre de Clive Barker Hellraiser et celle de Neil Gaiman, Books of magic, et surtout Ann Rice avec Lestat le vampire. Parallélement il dessine des graphic novels et des comics pour DC.
Pour TÊTUE, elle nous dit tout de la sensualité du mythe du vampire et de son éternité.
TÊTUE: La version lesbienne du mythe du vampire (Carmilla de Sheridan Le Fanu), est extrêmement séduisante, elle semble condenser en elle toute la charge érotique de deux femmes ensemble, exacerbée par la puissance de leur statut de vampires. Des femmes parfaites en somme...
KATHERINE QUÉNOT: J'ai adoré lire l'histoire de Carmilla. Les mots que susurre Carmilla à sa victime, Laura (car c'est bien une victime, non une autre vampire!) sont d'une sensualité enivrante. Il est vrai que même si Laura est la victime d'un étrange chat noir qui vient la trouver la nuit, pendant la journée elle est sous le charme de Carmilla et découvre des désirs troubles qu'elle ne soupçonnait pas. Dans le Dracula de Bram Stoker, on voit plusieurs femmes vampires ensemble, elles ne sont pas lesbiennes, mais on les imagine très bien échanger des caresses car oui, ce sont des femmes parfaites. Il n'y a sans doute rien de plus parfait que l'alliance de l'amour et de la mort car ce sont les deux puissances qui gouvernent notre vie et qui sont éternelles.
Vivre éternellement avec celui ou celle qu'on aime, n'est-ce pas le souhait légitime de tout un chacun? Et si c'est pour l'éternité qu'on existe et qu'on s'aime, on ne peut imaginer parcourir celle-ci qu'au summum de sa beauté, une beauté qui ne diminuera jamais, pas plus que l'amour qui vous transporte...
Avez vous lu la suite de Dracula écrit par Dacre Stoker et Ian Holt?
Pas lu encore !! Mais très envie, évidemment.
Qu'est ce qui vous a donné envie d'être «vampirologue»?
Quand j'étais petite, je faisais des drôles de cauchemars où « quelque chose» venait me mordre la nuit, quelquefois au cou, quelquefois au bras. Ma mère était obligée de s'allonger (par terre, la pauvre) à côté de moi pour empêcher la créature loup ou vampire- de venir. Maintenant que je suis grande, j'aime les vampires parce que je crois beaucoup plus aux créatures fantastiques qu'aux créatures raisonnables. En fait, il me semble très déraisonnable de croire que le monde est formellement comme-ci ou comme-ça, alors que nous baignons dans le mystère. Le monde n'est pas vraiment prévisible, le fantastique est à l'oeuvre partout ( demandez à Einstein!). Et ne parlons pas du grand mystère de la mort...
Pourquoi une telle folie vampire aujourd'hui? La saturation d'une époque ultra technicienne qui ne s'interroge plus sur ce qui est? Ou au contraire qui pense l'avoir complètement maîtrisée?
Je pense que le vampire revient pour nous rappeler paradoxalement que nous sommes vivants, que nous avons besoin de passion et même que nos coeurs saignent un peu... Nous vivons trop d'émotions virtuelles dans la lumière bleutée des ordinateurs. Avec le vampire, il y a du contact, au moins! Oui, vous avez raison, nous pensons tout maîtriser en essayant d'oublier la grande maîtresse: la Mort. Si les adolescents aiment tant les vampires, c'est qu'ils osent encore se poser les vraies questions.
Quel sera votre prochain conte fantastique?
Je pense que je vais aller rendre visite au monde des rêves où parfois des créatures venues d'ailleurs viennent nous trouver. Ce sera sûrement un livre érotico-fantastique...











