Rupert Everett: «Pour moi, Oscar Wilde est un exemple»
L'acteur anglais était, ce mercredi, l’invité d’honneur de la cérémonie inaugurant la rénovation du tombeau d’Oscar Wilde au cimetière du Père-Lachaise. TÊTU y était et en a profité pour poser quelques questions à la star.

Le mercredi 30 novembre marquait le 111e anniversaire de la mort d’Oscar Wilde. Une date qui célébrait aussi une autre commémoration: la rénovation du tombeau de l’auteur. La sépulture, fraîchement polie et ravalée, est désormais entourée d’une barrière de verre (ci-dessus). Parmi la foule, d’emblée, les réactions sont diverses. «Ce tombeau a toujours été au cœur de la controverse», souligne Merlin Holland, le petit-fils d’Oscar Wilde. «Cette paroi installe, il est vrai, une distance entre la tombe et les visiteurs, mais il fallait agir!»
Rouge à lèvres
Pas faux! Les travaux – orchestrés par le centre culturel irlandais de Paris et financés, en grande partie, par le gouvernement d’Irlande – se sont étalés sur plusieurs mois. Au cahier des charges: retirer les graffitis et effacer les nombreuses traces de rouges à lèvres qui recouvraient l’œuvre funéraire (ci-dessous).

Car, depuis de nombreuses années, poser ses lèvres sur la sépulture de Wilde – classée aux monuments historiques – et y laisser un baiser rouge, couleur de l’amour, était devenu l’étape la plus «branchouille» de nombreux circuits touristiques. Résultat: le mausolée était couvert de traces indélébiles. «Je pense que mon grand-père aurait été content d’être la victime, la proie, de milliers de déclarations d’amour!», s’enthousiasme Merlin Holland.
Devant une des tombes les plus visitées du cimetière, de nombreux journalistes. Et des officiels: le ministre d’Etat irlandais en charge des Arts et du Patrimoine, Dinny McGinley T.D.; l’ambassadeur d’Irlande à Paris, Paul Kavanagh; la maire du XXe arrondissement, Frédérique Calandra…
De Profundis
Et une autre personnalité, moins politique, tout aussi engagée, l’acteur britannique Rupert Everett. Quelques minutes après son discours aux envolées très lyriques, terminé par de longs extraits de De Profundis, l’épître écrite par Wilde à Lord Alfred Douglas, son jeune amant, l’acteur a évoqué pour TÊTU sa passion pour celui qui'il considère un peu comme... un «saint patron»!

TÊTU: Pourquoi avez-vous tenu à être présent aujourd’hui?
Rupert Everett: Parce que j’aime Oscar Wilde. Il y a entre lui et moi une vraie histoire d’amour. J’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises, d’interpréter ses œuvres. D’abord au cinéma puis au théâtre. En français notamment! Ses rôles sont terriblement complexes, mais tellement passionnants. Une merveille pour un acteur! Ma présence aujourd’hui est un peu un hommage. À l’auteur, à l’homme aussi. En tant qu’artiste et homosexuel, Wilde est un peu comme un saint patron pour moi. Un exemple.
En 2010, sur la BBC, vous dénonciez «l’homophobie d’Hollywood», affirmant n’avoir plus reçu de propositions américaines après votre coming-out. Avec le recul, regrettez-vous cette décision?
Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir fait mon coming-out. Disons plutôt que je n’ai jamais vécu caché. Mon homosexualité a toujours été une évidence. Aujourd’hui, je ne regrette rien même si… ça n’a pas toujours été le cas ! Dans le cinéma, si vous voulez vraiment faire carrière, il est préférable d’avoir une jolie femme, avec de gros seins, couverte de bijoux. Et de vous afficher dans des magazines à scandales. Pas dans des boîtes gays!
Si vous n’aviez pas été homo votre carrière aurait été différente?
Difficile à dire… Des rôles m’ont échappé en tout cas, c’est sûr. Certains producteurs voient d’abord en moi l’homosexuel avant de voir l’acteur. Mais je n’ai pas encore dit mon dernier mot ! Je suis sûr qu’il y a, dans un tiroir, une foultitude de rôles qui attendent d’être interprétés par un vieux pédé. À moi de patienter encore un peu… (Rires)
En attendant, à l’heure actuelle, quels sont vos projets?
Je termine, à l’instant, l’écriture d’un scénario sur les dernières années de la vie d’Oscar Wilde justement. Nous sommes en train de monter le projet. J’ai déjà récolté pas mal de fonds. Le tournage devrait débuter prochainement.
Un message à l’attention de nos lecteurs?
Bien sûr ! Mettez-moi en couverture de TÊTU. J’en rêve ! Et je vous promets de vous raconter plein d’autres choses…
Photos: Bertrand Deckers/ TÊTU






















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De J_P_M
Ce nettoyage était stupide. La tombe était bien plus belle, couverte de rouge à lèvres ! On aurait mieux fait de "nettoyer" la dernière adaptation du roman de Wilde, "Le portrait de Dorian Gray", uniquement sortie en DVD, et qui ne valait pas mieux, malgré la présence de Ben Barnes.