Rose Troche: «J'ai proposé plusieurs fins différentes pour The L Word»
RENCONTRE. Scénariste et réalisatrice, Rose Troche était en France au mois d'avril, à l'occasion de la projection à Toulouse de son film culte «Go Fish» au Bagdam, festival du Printemps lesbien, édition 2009. Pour Têtue.com, elle évoque notamment «The L Word», dont elle fut l'une des auteures.
Voici la bande-annonce de Go fish (en anglais):
Primé dans plusieurs festivals indépendants, comme Sundance ou Deauville, on en profite pour y discuter de sexualités et d'identités queer, d'autres mots pour dire le «vagin», de l'éternelle dichotomie «Butch / Fem» et de l'importance de la représentation des minorités sexuelles dans l'histoire et les médias. Une question qui, grâce à des femmes comme Rose Troche - prononcez Trow-shay, résonne beaucoup moins fort aujourd'hui : en effet, Rose fut par la suite la principale réalisatrice et scénaristes de l'addictif et nécessaire soap opéra lesbien «The L Word». Question représentativité dans les séries télé, notre monde va donc déjà beaucoup mieux, merci Rose Troche. Problème : la série vient de se conclure sous la polémique parmi ses fans. Une fin sans queue ni tête qui me vaut une confidence des plus juicy de la part de Rose Troche...lisez plutôt.
Dis-moi, Rose, que s'est-il passé lors de l'écriture de cette sixième et dernière saison : a-t-on mis de la drogue dans les Starbucks des scénaristes ?
Ahum... Je vais être très honnête avec toi. J'avais râté le premier jour de brainstorming, et suis donc arrivée dans la writers room seulement le deuxième jour (les séries US s'écrivent en groupe, et dans le cas de the L Word, chacune a son mot à dire... dans la limite de leur présence le jour J, NDLR). Et là, on m'apprend que Jenny doit mourir, sauf qu'on allait suspecter chaque personnage de son meurtre sans jamais révéler son identité. Pour moi ça n'était pas digne de The L Word, et je l'ai fait savoir. Je me suis vraiment battue contre cette idée, mais en vain. Ilene (Chaiken, la Productrice Exécutive de la série) m'a dit: si tu as une meilleure idée, tell us. J'ai donc proposé plusieurs possibilités: pour moi tout restait possible, y compris une fin à la Six Feet Under (Rose Troche a aussi réalisé un épisode de Six Feet Under (2002) et plus récemment un Ugly Betty en 2009, NDRL), ce qui reste de très loin la meilleure «fin de série» jamais écrite au monde.
Ne m'en parle pas ! C'est vrai que la Jenny Schecter, je l'aurais bien vue victime d'un bon petit accident domestique, perso...
Exactly! Sauf qu'il y aurait probablement eu une autopsie et question scénario, le projet de spin-off serait tombé à l'eau. Ilene travaillait déjà sur une suite de The L Word, dans un univers carcéral féminin. Ca n'était possible que grâce à une suspicion sur le personnage d'Alice...
Tout s'explique. Tout ça pour ça...
Oui, c'est assez triste, d'ailleurs.
En effet: changeons de sujet. Tu travailles sur quoi en ce moment ?
Beaucoup de choses, on me propose des projets de séries intéressants mais je préfère ne rien dire tant que les sous ne sont pas là et les contrats signés. Trop d'espoirs et d'excitations naissent et meurent parce que les gens du milieu parlent trop vite et trop fort de leur travail. Je la joue safe, donc.
C'est une sage leçon. Mais je leur dis quoi, moi, à mes lectrices ?
Que mon vœu le plus cher reste de revenir au grand écran et que ça devrait se faire bientôt. Et peut-être que je rencontre la semaine prochaine des décideurs à L.A. pour démarrer un projet de série déjà validé - je précise...
Et Shane (Katherine Moennig de son vrai nom, ndr) : comment va-t-elle? Revient-elle bientôt à l'écran?
(Rires) Kate figure au casting d'une série médicale (un concept scénaristique qui étudie la chaîne des transplants d'organes du point de vue du donneur et du receveur). Ca démarre à la rentrée sur CBS. Le vrai comble pour une actrice, c'est de jouer pendant dix ans le même personnage. Kate est donc ravie de pouvoir s'attaquer à un rôle de médecin à présent, même si elle restera toujours attachée au personnage de Shane.
Propos recueillis par Florent Gilles.
Les lesbiennes et l'amour, les lesbiennes et l'argent... En bonus, quelques questions supplémentaires en vidéo, et un petit bonjour aux lectrices (et aux lecteurs) de TÊTUE.COM:





















De Durtal
lu :
"on discute de sexualités queer (du point de vue des femmes, donc)"
êtes-vous sérieuxSE(s)???
quasiment vingt années de théorie(s) queer(s), de remue-méninge, de post-féminisme, de dépassement des positionnements binaires (hétérosexuels) et d'interrogation des points de vue marginaux, bizarres, décentrés, crades, non straights, queer en d'autres termes... pour que soit montée, entre deux pauvres parenthèses, une définition aussi inepte que sommaire des "sexualités queer"?
il faudrait peut-être voir à ne pas tout confondre... il faudrait peut-être voir à ne pas dire n'importe quoi à n'importe quel sujet, quel que soit le lien entre les idées que l'on tente d'établir en peu de lignes, et à peu de frais (intellectuels, s'entend)... il faudrait voir à faire du journalisme.
diantre, diantre,
voilà qui ne va pas me réconcilier avec toi, chère rédaction de têtu.
durtal