Rock et féminisme: revivez la révolution des Riot Grrrls!
DOSSIER. Pour commencer l'année 2012 de manière résolument rock et féministe, TÊTUE se replonge dans l'histoire des Riot Grrrls avec un grand dossier sur ce mouvement porté en partie par des lesbiennes. Vous saurez tout sur les Riot Grrrls!

Riot Grrrl: un mot un peu coriace, guttural à souhait, qui resurgit dès qu'on mentionne Beth Ditto ou n'importe quelle fille à guitare un poil vociférante. Mais c'est quoi au juste une «Riot Grrrl»? TÊTUE revient sur cette communauté de filles, artistes et bohèmes, qui a décidé de créer un mouvement où chacune peut enfin trouver sa place -à condition de pousser les mecs.
Episode 1: Naissance des Riot Grrrls
1991, Etats-Unis. Tandis que Smells Like Teen Spirit de Nirvana caracole dans les charts américains, faisant de la prolixe scène grunge de Seattle le vivier culturel en vogue, les associations chrétiennes marchent sur Washington DC dans la ferme intention de révoquer le droit à l'avortement. Le climat politique est alors particulièrement hostile à la cause féministe: outre ces revendications religieuses, une affaire de harcèlement sexuel éclabousse la Cour Suprême - mais le juge incriminé est relaxé.
Cette hostilité trouve un écho particulier au sein de la communauté étudiante, et encore plus du côté d'Evergreen State College, dans la petite ville d'Olympia (Etat de Washington). Réputée pour son chili végétarien et la flexibilité de son système scolaire, Evergreen est une mecque pour les parias du corps universitaire: hippies et punks sont rois. Parmi eux, Kathleen Hanna, étudiante en photographie, cumule les jobs: bénévole dans un centre d'hébergement pour femmes battues, elle gère sa propre galerie d'art, et chante dans des groupes punks le week-end.
Elle décide de monter Bikini Kill (photo ci-dessus) avec sa pote Tobi Vail, alors rédactrice du fanzine Jigsaw. Le pitch: «dénoncer les liens entre classes sociales et genres, et montrer qu'on peut être sexuelle sans avoir à porter une mini jupe en nylon», clame alors Kathleen Hanna.
Rebel Girl de Bikini Kill:
Live de Carnival de Bikini Kill, enregistré à Washington en 1992:
Laisser la place aux filles
Au même moment à l'Université d'Oregon, Molly Neuman et Allison Wolfe rédigent le fanzine d'une génération pré-internet, Girl Germs, dans lequel elles dénoncent le sexisme ambiant. Wolfe explique leur but: «rencontrer d'autres filles pour essayer d'exprimer un nouveau féminisme, et le rendre accessible à tous». Un peu trublions, Neuman et Wolfe multiplient les happenings en soirée, transformant rapidement leurs parodies politiques en concerts.
Live de Brat Girl de Bratmobile:
Elles font leurs débuts en tant que Bratmobile (photo ci-dessous) à Olympia: elles se lient d'amitié avec Bikini Kill pour le concert de la Saint Valentin 1991 au Surf Club. En vacances à Washington DC, les deux groupes rencontrent des musiciennes qui se plaignent d'être mises à l'écart par les garçons, majoritaires au sein de la scène musicale hardcore. C'est une première révélation: il faut créer un mouvement contre-culturel qui laisse de la place aux filles.

Puis les révoltes de Mount Pleasant éclatent en mai: un policier tue un Salvadorien dans ce quartier défavorisé de la capitale, qui devient alors le théâtre de violents affrontements entre les forces de l'ordre et les riverains. La frustration monte au sein de la scène punk de Washington. Une comparse musicienne rencontrée à DC, Jen Smith, écrit alors à son amie Allison Wolfe: «nous avons besoin de lancer une 'girl riot'» (une révolte de filles).
Ecoutez l'interview de Tobi Vail (traduction Mathilde Carton):
Wolfe se réapproprie le terme: son nouveau fanzine est baptisé Riot Grrrl, avec tous ces R de grognement. La rédaction regroupe les filles présentes à Washington l'été 1991. Erin Smith, Tobi Vail, Jen Smith, Erika Reinstein, Kathleen Hanna... et ensemble, elles posent les bases de ce qui sera le mouvement Riot Grrrl.
Retrouvez le second épisode de l'histoire des riot grrrls mercredi, et notre dossier complet sur le mouvement tous les jours de la semaine.
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Photos: Couverture album Bikini Kill. Bratmobile/DR.










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De sco
Merci pour le dossier ... Ca fait toujours plaisir de se replonger dans l'histoire des Riot grrrls.