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Robin: «Saint Sébastien incarne la beauté tant spirituelle que charnelle»

Par Romain Morinière samedi 03 mars 2012, à 09h28 | 14246 vues
Plus de: Bruxelles, Saint-Sébastien, exposition, Robin

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Le photographe propose à Bruxelles une exposition consacré au martyr le plus homoérotisé parmi tous les saints. Une partie du montant des ventes sera reversée à la lutte contre le sida.

Avec son exposition «Saint Sébastien, le Corps Triomphant II», le photographe Robin célèbre une nouvelle fois le corps masculin, dans un parallèle surprenant entre la représentation religieuse traditionnelle du martyr percé de flèches, et les corps athlétiques de modèles contemporains. Découverte.

TÊTU: On vous connaît surtout pour vos portraits de stars de la musique (Adele, Depeche Mode, Mylène Farmer...). Pourtant cette expo sur saint Sébastien et le corps masculin est la deuxième du genre. Pourquoi ce thème vous intéresse-t-il autant?
Robin:
Dans beaucoup d'églises, beaucoup de musées, les représentations de saint Sébastien sont omniprésentes. Il est l'un des martyrs les plus représentés de l'histoire de l'art et pour moi, un symbole de la beauté tant spirituelle que charnelle. Je souhaitais participer à ma façon à cet hommage qui lui est rendu siècle après siècle et également m'inscrire, en toute modestie, dans cette œuvre séculaire qui inspire mon travail.

Pourquoi avoir fait le choix d'un second volet, après celui de 2008?
Troisième volet, exactement. Il y avait déjà eu une première expo à la Somerset House de Londres, avec des portraits VIP à l'occasion de la journée de lutte contre le sida. Une seconde au musée de Crépy-en-Valois, où les sculptures de la très belle collection permanente répondaient à mes photos, prises après un «casting sauvage». Aujourd'hui, avec l'exposition présentée au Sofitel Louise de Bruxelles, je présente de nouveaux modèles. C'est en quelque sorte une suite logique.

Pouvez-vous nous présenter le sujet brièvement?
Le sujet, c'est la sublimation du corps et le mépris de la mort. On priait saint Sébastien contre la peste: le parallèle était tout trouvé avec cette «peste» pandémique contemporaine qu'est le sida. Ici, les flèches qui percent traditionnellement ce saint martyr dans les représentations religieuses sont invisibles, tout comme le virus.

Y avait-il une volonté de surprendre ou de déranger en mettant la figure de saint Sébastien au service de la lutte contre le sida?
Oui, car surprendre et déranger, cela fait partie de la démarche artistique. Donner à voir aussi.

Cette lutte est-elle un sujet qui vous touche personnellement?
Je connais malheureusement des personnes atteintes par la maladie, oui. J'ai donné de mon temps. Maintenant au travers de cette exposition, j'essaie de sublimer cette douleur et de récolter des fonds pour la prévention. 20% de la vente des tirages sont versés à une association.

Qu'est-ce qui vous plaît dans le corps masculin? Pourquoi aimez-vous ainsi le mettre en scène, en lumière?
Le plus important pour moi est la rencontre avec l'inconnu. La confiance que les modèles me donnent est elle aussi très importante. La découverte de leur propre corps mis en lumière crée la surprise, installe un réel échange. Le numérique aide dans cette démarche. Il y a également ce moment impressionnant où le modèle «décolle», s'offre, s'ouvre. C'est un vrai «travail des tripes» et shooter des profanes, vierges de toute expérience photographique, pour les amener à une soudaine liberté de pose, reste une des expériences les plus intéressantes.


L'expo a été prolongée de plusieurs mois, preuve d'un beau succès. Pouvez-vous nous dire quelle somme a pour l'instant été récoltée pour la lutte contre le sida?
Nous ferons le bilan en fin de parcours. Malheureusement, la crise actuelle ne favorise pas l'investissement dans l'art, même pour une bonne cause...

Exposition «Saint Sébastien, le Corps Triomphant II», présentée au Sofitel Louise de Bruxelles, et prolongée jusqu'en septembre 2012. Plus d'info sur le site de l'exposition

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14 réactions de la communauté

 
EnguerrandDeMarigny

7

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De EnguerrandDeMarigny

Le 03 mars à 10h36

"Doux-Jesus", comme dirait ma grand-maman, que serait l'histoire de l'art européenne, et la peinture italienne en particulier, sans le martyr de Saint-Sebastien ? Quant à nous autres homosexuels, il va sans dire, que nous sommes fascinés, hypnotisés, harponnés par ce mélange so symbolic, de la beauté et de la mort.

Le plus beau Saint-Sébastien ? 1) celui de Mantegna, dans la gallerie des peintures italiennes du Louvre, 2) Montgomery Clift (le plus bel homme du monde de son temps, avant son accident) dans "Soudain, l'été dernier" où tout de blanc vetu, Sebastian, son personnage est reduit en charpie par une foule déchaînée, déclanchant le plus fameux cri du cinéma américain, celui d'une Elizabeth Taylor horrifiée par cette scène atroce.

 
hector dumas

1

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De mansmans

Le 03 mars à 11h40

ça fait du bien de lire des articles sur l'art ici et encore plus de lire des commentaires éclairés comme le tien et je suis totalement d'accord pour Montgomery Clift.

 
hector dumas

2

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De renéevivien

Le 04 mars à 18h28

Navrée d'avoir à jouer les femmes savantes, mon cher Enguerrand, mais le séduisant Montgomery Clift ne joue pas le rôle de Sebastian, dans Soudain l'été dernier ; il joue celui du jeune psychiatre dont la mère de Sebastian (K. Hepburn) voudrait qu'il pratiquât une lobotomie sur sa nièce, Catherine (E. Taylor), qui en sait trop sur les raisons et les conditions de la mort de Sebastian. Personne, en réalité, ne tient le rôle de ce dernier, et c'est ce qui donne une force particulière au film, lequel s'organise autour d'un absent/présent.

 
hector dumas

2

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De EnguerrandDeMarigny

Le 04 mars à 21h28

Chère Renée, j'adore les femmes savantes et cultivées. Marie-Laure de Noailles, Madelaine Castaing, Louise de Vilmorin, Virginia Woolf et Dorothy Parker sont mes phares dans ma vie.

Tu as parfaitement raison. En effet, Monty Clift joue le rôle du psychiatre. J'ai juste confondu le fait que Sebastian, dont on ne voit pas le visage, mais pour l'essentiel son complet blanc était bien tenu par Clift. Il jouait ici une sorte de doublure. Et puis Tennessee Wiliams jouait sur un tableau qui lui tenait à coeur, secouer le tapis des conventions de son époque, l'homosexualité étant le tabou total, et rien n'est le fruit du hasard que de voir Sebastian dont on découvre qu'il est homosexuel "doublé", en quelque sorte, par un acteur lui-même homosexuel, comme T.Williams d'ailleurs.

 
EnguerrandDeMarigny

1

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De EnguerrandDeMarigny

Le 03 mars à 14h19

@mansmans,

comme c'est gentil. "Suddenly, last summer" est un chef-d'oeuvre avec Mankiewicz à la caméra et Tennessee Williams au script (quelle équipe de rêve !) dont la dureté de Katharine Hepburn est ......ahurissante.

L'arlésienne des scenari qui traînent à Hollywood, c'est LE biopic sur Monty Clift. J'ai lu sur plusieurs sites américains, que Matt BOMER ne cachait pas son rêve d'interpréter celui qui fut le meilleur ami (entre milles choses) homosexuel d'Elizabeth Taylor. Pour le physique, pour Matt Bomer, on est d'accord, pas de problème, mais je ne connais pas le registre dramatique du beau gosse, car comme nous le savons sa vie fut une vertigineuse dscente aux enfers. Enfin, je croise les doigts pour que le script (colonne vertébrale de tout film) se base sur l'incomparable biographie de Robert LaGuardia, la même qu'adorait Andy Wharol dont il tient un exemplaire dans une très célèbre photo prise dans sa voiture.

On a pas idée du lien très spécial qui liait Taylor et Clift. L'actrice aux yeux violets à fait des pieds et des mains pour protéger Clift de son " Sehnsucht ", son mal de vivre chronique et son homosexualité mal vécus.

 
hector dumas

0

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De J_P_M

Le 05 mars à 09h59

Puis-je me permettre d'ajouter que le texte original de Tennessee Williams, lui, n'est pas fameux ? Et que Horst Buchholz, dans sa jeunesse, était au moins aussi beau que Montgomery Clift ? Il a refusé de jouer dans "Le guépard", à cause d'un quiproquo : un assistant maladroit de Visconti lui avait demandé d'envoyer une photo de lui EN SLIP ! On voit mal pourquoi, puisque le film ne devait comporter aucune scène déshabillée. Bref, Horst a fait savoir à Visconti qu'il pouvait "aller se faire foutre" (j'imagine que Visconti a obtempéré) ! Ce doit être unique dans l'histoire du cinéma. Mais les beaux garçons ne vieillissent pas forcément bien. Tâchez de trouver une photo récente de John Moulder Brown, le garçon de "Deep end" : vous serez horrifiés !

Ah, et puis, personne n'a mentionné que "saint" Sébastien n'est pas mort de son supplice, et qu'un film très déshabillé, "Sebastiane", lui a été consacré, dans lequel on parlait en latin ! Sans doute jaloux, Mel Gibson a fait sonorisé son film en araméen.

En tout cas, à une exception près, tous les commentaires de cette page sont bien écrits et documentés. C'est si rare sur ce site que ça vaut la peine d'être relevé.

 
benoitjura

1

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De benoitjura

Le 03 mars à 15h02

dans mon villge natal, il n'y a ni église, ni cimetière, on va au gros village voisin, dans cete église, il y a une statue de st sébastien, en platre, qui le représente foulant un serpent aux pieds, je ne sais pas pourquoi ? une statue identique est dans une ferme de mon village, en secret depuis longtemps, mon grand-père ayant acheté cette ferme en 1954, mes parents ont la garde de cette statue, dont seule ma famille connait l'existence, j'ai donc toujours aimé st sébastien, et les sébastiens que je connais sont de bons amoureux !

 
EnguerrandDeMarigny

0

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De EnguerrandDeMarigny

Le 03 mars à 16h01

@benoitjura, Ah ! Ah !

"et les sébastiens que je connais sont de bons amoureux ! ", ta touchante conclusion ma bien fait sourire !

Etant le fuit d'un père basque espagnol catholique et d'une mère helvète protestante, pour la paix du ménage, ce fut zéro culture religieuse. Alors, me trouver devant les peintures italiennes du Quattrocento ou bien devant celles de Nicolas Poussin et son savant mélange de mythes grecs et de mythes bibliques, je suis incapable d'interpréter le sens profond du tableau. C'est ce que me rappelle ta relation à cette statue.

PS benoitjura = benoît du Jura ? les Hôpitaux Neufs, Morez (ses clous, ses lunettes), Poligny (ses fromages), je traverse tout cela pour voir ma famille à Lausanne.

 
ultimate

0

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De ultimate

Le 03 mars à 21h28

Un saint gay formidable je vais prêcher la bonne parole de saint sébastien

 
benoitjura

0

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De benoitjura

Le 04 mars à 16h53

@ enguerrand !!! il y a aussi les pipes à st claude ! viens gouter aux vins d'arbois, visiter ma belle cave voutée, pour t'envouter !

 
renéevivien

1

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De renéevivien

Le 05 mars à 12h43

@ Enguerrand. Alors nous ne sommes pas fâchés et je m'en réjouis. Le thème de Saint Sébastien est inépuisable. Je pense au livre-confession de Mishima, La Confession d'un masque, où le narrateur connaît ses premières émotions sexuelles devant un tableau du Guide. Et il faudrait citer aussi cette oeuvre curieuse et très fin de siècle de D'Annunzio, Le Martyre de Saint Sébastien, qui fut directement écrit en français (Montesquiou corrigea le texte de l'Italien), et dont la musique (il s'agit d'un ballet) fut composée par Debussy.

 
hector dumas

0

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De EnguerrandDeMarigny

Le 05 mars à 19h25

Ah ! Chère Renée, je note, je note (j'adore !). Montesquiou ? Robert de Montesquiou, le Charlus de Proust ?

 
hector dumas

0

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De renéevivien

Le 06 mars à 13h10

Oui, oui, le comte Robert en personne, celui que Jean Lorrain appelait méchamment Robert Machère... C'est du moins ce que je lis dans la biographie que lui avait consacrée Philippe Jullian dans les années 60.

Ce que tu écris, dans ce qui suit, à propos de Mort à Venise, m'intéresse fort. Je note la référence du livre de Georg, dont je n'avais jamais entendu parlé. A plusieurs reprises, j'ai montré ce film à mes élèves (moi aussi, j'enseigne la philosophie, nobody's perfect...), mais le moins que je puisse dire est qu'il n'a jamais eu beaucoup de succès. J'aime beaucoup ce film, comme d'ailleurs toute l'oeuvre de Visconti, et j'ai fini par m'agacer d'entendre chaque année : "Madame, c'est trop lent, on n'y comprend rien, d'ailleurs, y se passe rien, dans ce film..." ; ou bien : "Madame, c'est un pédophile, le vieux..."

D'ailleurs, je ne montre plus de film en classe ; j'organise, à la place, de longues interrogations écrites (sur le Banquet, par exemple...).

 
EnguerrandDeMarigny

0

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De EnguerrandDeMarigny

Le 05 mars à 22h06

@ JPM & Morgan S,

je goûte modérément à ce qui suit : "Visconti qu'il pouvait "aller se faire foutre" (j'imagine que Visconti a obtempéré).

Pour le reste entièrement d'accord avec toi, ce Horst Buchholz, le phantasme de ma mère avec Karlheinz Böhm (François-Joseph dans Sissi). Et puis son physique était si proche d'un Delon jeune et si éloigné d'une germanité agressive. Pour ma part, il m'avait sacrément tapé dans l'oeil dans l'adaptation pour l'écran du roman de Thomas Mann (autre homosexuel, tourmenté, au combien, mais jamais autant que son fils Klaus, que j'aime tant !) Felix Krull.

Enfin, JPM, je n'ai pas lu le texte original de Williams, mais j'aime beaucoup les dialogues du film issu d'un travail commun entre le dramaturge et Gore Vidal (mon dieu des lettres américaine !). Gore Vidal, en sa période de scénariste pour les grands studios et ses tentatives permanente de contourner la censure d'Hollywood en se jouant de l'inculture totale des membres du comité la preuve étant le dialogue homo-érotique entre Ben-Hur et Messala dans le film de Wyler. Charlton Heston, l'homophobe de toujours, même dans sa tombe doit fulminer de rage.

Morgan S,

Bjorn Andresen (pas Andersen, je faisais aussi la faute avant) est toujours en vie et demeure acteur de théâtre à Stockholm. Un livre a hanté mon adolescence, "La rose et le lotus" de Claude D Georg. En, effet, la première vision de "Morte a Venezzia" fut un choc tellurique pour moi. Ciné-club de FR3, 1991. J'en parle à ma prof de philo, le lendemain, le thème de la beauté dans le banquet de Platon est traité en cours et qui illustre cette beauté dans notre livre de philo ? Tadzio, bien sûr ! C'est, elle, qui avait compris mon émois homosexuel qui me donne le tire du live de Georg. A l'époque, le livre n'est plus édité. Les éditions du Rocher, vague rumeur, vont le rééditer. Je vais en personne chez l'éditeur, et au miracle 10 exemplaires viennent de l'impression. Je n'oublierai jamais le regard de l'employé des ventes quand je lui demande un exemplaire. Bref, ce livre raconte, la liaison de l'auteur, un homme d'affaire avec Bjorn Andresen. Je ne sais pas si ce fut vrai, mais les descriptions et surtout les faximilés de Bjorn Andresen de ses lettres manuscrites et dessins sont présents dans le livre.

"Alla ricerca di Tadzio", le documentaire de 1970 de la RAI, filmant la recherche du personnage-coeur de son film est fascinant et au combien mal interprété. L'arrivée du très jeune Bjorn est sidérante. Sa beauté plastique, époustouflante. Son sourire, magnifique. Le maître, Luchino Visconti avec toute la haute-culture classique qu'est la sienne depuis l'enfance accompagnée de celle des fantômes de la ligné des Visconti di Modrone qui remonte au Moyen-Age (le blason de la famille, la vouivre qui dévore un enfant, est celui de la partie droite du logo type des voitures Alfa-Romeo, à gauche sur fond blanc, c'est la croix de Milan) voit incarnée, chez ce jeune garçon, la beauté classique, une sorte de nouveau David de Michel-Ange.

Mais, dans le documentaire, ce qui peu choquer, aujourd'hui, pas forcément à l'époque, c'est Visconti lui demandant de retirer son pull afin de le voir nu-torce. Visconti est homosexuel, pas pédophile (l'un n'est pas l'autre, c'est évident et cela va mieux en l'écrivant), et là c'est le réalisateur qui observe. Il sait, avant de faire le film, que Tadzio sera filmé en maillot de bain de style 1900 et voulait voir l'ossature et la carnation du jeune homme. Ce documentaire est extraordinaire, et entendre Visconti appeler son assistant Marrrrrio, nous fait comprendre que la recherche prend fin. En, effet, Visconti a traversé toute l'Europe pour trouver ce qui va être la pièce maîtresse muette (quelle idée géniale d'avoir rendu Tadzio muet !) de son film. Aujourd'hui, encore, 41 ans après son couronnement à Cannes en 1971 ex aequo avec le chef-d'oeuvre immortel de Losey, The Go-between/Le Messager et le beau Dominic Guard) de nouvelles génération de spectateurs tombent à la renverse devant la beauté de Tadju (c'est ainsi, que l'appelle sa mère, dans le film) ansi que celle stupéfiante de Sylvana Mangano qui joue le rôle de la mère de Tadzio et qui avec les magnifiques costumes de Piero Tosi (le costumier fétiche de Visconti) est l'incarnation de la propre mère de Luchino Visconti, Carla Erba.

"La beauté n'est pas dans l'objet vu, mais dans le regard que l'on porte sur lui".

Voilà, ce qui me reste de l'étude du banquet de Platon. C'est tellement avéré. C'est ce qui explique que les canons de beauté aient tant changés à travers les siècles.

 
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