Riad Sattouf raconte les dessous de «Pascal Brutal» dans TÊTU
INTERVIEW. A l’occasion de la sortie du troisième album des aventures de Pascal Brutal, hypermacho des cités tendance bi, rencontre avec Riad Sattouf, son créateur gay-friendly.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore Pascal Brutal, comment le décrirais-tu?
Riad Sattouf (photo, plus bas): C’est quelqu’un qui a un niveau intellectuel faible et qui est l’expression même de la survirilité telle que je l’imagine: l’action avant la réflexion.
Comment t’est venue l’idée de ce personnage?
En observant des types dans une salle de gym. Des semi-culturistes, à poil dans les vestiaires. L’un était assis, fouillant dans son sac; l’autre avait posé son pied sur le banc, les couilles à hauteur de la tête de son copain. Et ils discutaient d’une meuf qu’ils avaient vue dans la salle: «ptain t’as vu comme elle était chaude, ptain une gonzesse comme ça, laisse tomber, moi je vais la voir et je te la branche direct» (Riad est aussi bon imitateur que dessinateur). Ils ne se rendaient pas compte de tout ce que leur attitude contenait d’homosexualité refoulée. C’est ce genre de mecs qui m’a inspiré pour Pascal. Des hypermachos incapables d’assumer leur désir sexuel intime.
Tu as déjà publié une quinzaine d’albums à ce jour. On parle beaucoup de sexe dans tes livres; certains ont d’ailleurs un titre explicite. Pourquoi cette obsession?
En fait je ne sais pas trop pourquoi. Mais il y a une chose qui me fascine, c’est le décalage entre l’obsession sexuelle de la plupart des gens et le peu de visibilité de cette obsession. Par exemple quand tu es dans le métro, tous le gens qui sont autour de toi ont une vie sexuelle, mais personne ne la voit. Ça m’intrigue! Quand j’étais ado et que j’ai commencé à m’intéresser à la sexualité parce que mon corps changeait, ça m’a tellement marqué, j’ai trouvé ça tellement envahissant que je suis très curieux de savoir comment ça se passe chez les autres, comment les gens orientent leur vie par rapport à ça, comment ils se procurent leur sexualité. J’adore les bouquins et les films qui en parlent.
Il est fait souvent référence à l’homosexualité dans ton travail. Par exemple dans ton film Les Beaux gosses (sorti en juin dernier, ndlr), il y a un bus qui traverse le plan avec sur ses flancs une pub pour la gay pride à Rennes; hasard ou volonté ?
Breizh gay! Complètement volontaire. Dans le film les deux héros se traitent de pédé mutuellement; quand ils sont dans leur chambre, ils se prennent dans les bras, ils se montent dessus, ils se branlent côte à côte; ils sont en train de se chercher, ils ne savent pas où ils en sont. Bref, du coup je voulais absolument mettre ce truc sur le bus, et qu’est ce que ça n’a pas fait comme pataquès! Tu comprends, on ne peut pas mettre Breizh à côté du mot gay, quelle image pour la Bretagne, c’est pas possible. En Bretagne, il n’y a pas de gays! C’était hallucinant cette réaction. Il a fallu que j’argumente!
Propos recueillis par Michel Olivès.
Pascal Brutal, Plus fort que les forts, de Riad Sattouf (Fluide glacial). 9, 95 euros.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le TÊTU de septembre (n°147), actuellement en vente.
En bonus, un dessin de Pascal Brutal par Riad Sattouf spécialement pour TÊTU.

























0
De Pascal Vanves
j'adore votre Pascal
.. merci m'sieur Sattouf c'est à mourir de rire comme le disent les enfants !$
et le tome 3 c'est pour quand ?????