Pina Bausch, une icône de la danse est morte
HOMMAGE. La chorégraphe allemande Pina Bausch est morte hier, à l'âge de 68 ans. Elle a marqué à jamais l'histoire de la danse contemporaine avec des créations comme le «Sacre du Printemps» et «Kontakthof». Almodóvar avait filmé un de ses spectacles pour son film «Parle avec elle».
La Dame de Wuppertal n’est plus. Pina Bausch s’est éteinte, hier, mardi 30 juin, d’un cancer diagnostiqué à peine quelques jours auparavant. Âgée de 68 ans, la chorégraphe allemande aura marqué à jamais la danse contemporaine en donnant une nouvelle écriture au corps, en l'ouvrant au chant, au jeu…
Instantanément, reviennent en mémoire les sublimes images de Café Müller en ouverture du fameux Parle avec elle de Pedro Almodóvar (voir vidéo plus bas) Pina Bausch avait accepté que le cinéaste espagnol filme l'un de ses solos pour ouvrir son long-métrage. Inoubliable.
Toujours vêtue de noir, Pina était d’une grande timidité et n’accordait jamais d’entretien, ou très peu. Le scénographe Peter Pabst et la costumière Marion Cito faisaient partie de ses proches et fidèles collaborateurs, ainsi que son ami danseur Dominique Mercy à qui elle a souvent confié les premiers rôles de ses spectacles. Sans oublier Raimund Hoghe, célèbre chorégraphe et danseur, qui a longtemps assuré la dramaturgie de ses pièces.
Elle a libéré la danse
Fille d’hôteliers, Pina Bausch débute la danse à l’âge de 14 ans. Cinq ans plus tard, titulaire d’une bourse, elle part perfectionner son art aux Etats-Unis. Après un passage au Metropolitan Opera de New York et au New American Ballet, elle rentre en Allemagne et devient soliste du Folkwang-Ballet. Elle se met à la chorégraphie en 1968 avant de rejoindre le Tranztheater de Wuppertal pour en assurer la direction artistique. À partir de 1976, elle libère la danse des formes conventionnelles en introduisant le concept de danse-théâtre faisant apparaître de nouvelles possibilités d’appréhender l’art chorégraphique.
En 1978, elle crée Café Müller en évoquant ses souvenirs d’enfant dans le café de ses parents. Pina Bausch aborde l’opéra surtout Gluck, avec Iphigénie en Tauride (1974) et Orphée et Eurydice (1975, en photo ci-dessous), repris par l’Opéra de Paris. Parmi ses pièces célèbres à cette époque, on retiendra Le Sacre du Printemps (1975) Kontakthof (1978) et Bandoneon (1980).
Des solos ciselés avec finesse
Depuis 1989, Pina Bausch et sa troupe avaient pris l’habitude de poser leurs malles chaque année dans une ville, pour s’en imprégner avant d’entamer le processus de création. Connue pour son œil acéré, habituée à repérer les détails et nourrie de toutes les contradictions qui font d’une ville ce qu’elle est, la chorégraphe tentait à chaque fois de livrer les clés pour regarder autrement des villes comme Madrid, Rio, Palerme, Lisbonne, Budapest, Hong Kong ou Istanbul, pour ne citer que celles-là.
Outre ses thèmes récurrents comme les scènes de bains, de séduction dans un café ou les rapports homme-femme, Pina Bausch a toujours accordé une importance cruciale aux solos toujours ciselés avec finesse. La vivacité des propos faisait écho à des bandes-sons aussi éclectiques que surprenantes. La chorégraphe a connu un succès considérable en France grâce au Théâtre de la Ville, à Paris, qui a souvent eu la primeur de ces spectacles.Chaque spectacle de Pina Pausch dans sa «résidence de cœur» était un rendez-vous annuel immanquable.
Extrait de Café Müller dans Parler avec elle.


















De jeanpaul
"Le sacre du printemps" de Pina Bausch, voilà une belle idée de programmation pour Pink TV (qui diffuse ce soir "Brother to Brother", un beau film). Pink a déjà diffusé "Le sacre du printemps" de Preljocaj. La version de Pina Bausch, ce ne serait pas de refus.... Merci Pink.