Orelsan: «Mes potes homos ne se sont jamais demandé si j'étais homophobe»
INTERVIEW. Dans «Suicide Social», extrait de son dernier album, le jeune rappeur s'en prend encore aux gays et aux lesbiennes. Orelsan a-t-il décidément un problème avec les homos? TÊTU a tenté d'en savoir plus.

Depuis Sale Pute, Saint-Valentin et Changement, Orelsan fait partie des artistes que l'on peut qualifier de «sujet à polémique». Avec la sortie de son deuxième album, Le Chant des Sirènes, le 26 septembre dernier, la tendance ne s'inverse pas. Le rappeur normand de 29 ans y martèle ainsi, dans le morceau Suicide Social:
«Adieu lesbiennes refoulées, surexcitées / Qui cherchent dans leur féminité, une raison d'exister / Adieu ceux qui vivent à travers leur sexualité / Danser sur des chariots, c'est ça votre fierté ? / Les Bisounours et leur pouvoir de l'arc-en-ciel / Qui voudraient me faire croire qu'être hétéro c'est à l'ancienne / Tellement, tellement susceptibles / Pour prouver que t'es pas homophobe, faudra bientôt que tu suces des types».
Expliquer sa démarche artistique auprès de TÊTU, Orelsan l'a accepté bien volontiers. Même s'il avoue ne connaître du magazine «que les affiches sur les kiosques», il n'a «pas hésité». Parler à un média LGBT ne «pose aucun problème. Après, c'est juste que je n'ai pas envie de me justifier sur les trucs, c'est toujours un peu ch... ». Et pourtant...
TÊTU: «Dans votre album, certains passages interpellent à nouveau. Vous vous doutez desquels on veut parler?
Orelsan: (sourire) Ouais, carrément. Je sais exactement ce que j'ai écrit.
Vous êtes conscient que des gens puissent les prendre au premier degré?
Bien sûr. Mais bon, je ne pense pas que les gens soient si cons que ça et qu'ils prennent tout au premier degré. Suicide Social, c'est l'histoire d'un homme qui se suicide et qui voit un peu la société d'une façon communautaire, donc en gros, il va voir un peu le négatif de chaque couche de la société. Pourquoi? Parce qu'il a la haine, parce qu'il se déteste lui-même. Je me suis inspiré d'une scène d'un film de Spike Lee, La 25e heure, où on retrouve un peu le même genre de trucs. J'ai remarqué qu'il y a beaucoup de groupes de personnes en France qui ne discutent pas du tout entre eux et où tout le monde a des clichés sur tout le monde. Je trouvais ça stupide. Pour moi, c'est une façon d'en discuter.

D'en discuter?
Je pense qu'il y a deux choses. Il y a les gens qui peuvent ne pas comprendre les paroles, mais pour moi, si tu as plus de 18 ans et que tu es mauvais, que tu interprètes quelque chose par rapport à un film ou une chanson, c'est que tu es con. Je veux dire, à un moment, on a son libre-arbitre. Après, il y a les enfants et là c'est une autre affaire. Là, c'est le rôle des parents, c'est le rôle de l'Etat, c'est le rôle de l'école. Justement, je trouve que c'est une bonne occasion de discuter avec ses gosses et de dire "ah, t'écoutes ce chanteur Orelsan, qu'est-ce que tu penses de la chanson?" Parce que cela parle de choses qu'ils connaissent. Je vois ça comme un message de la sécurité routière avec un accident dedans.
Quand votre personnage parle des «lesbiennes refoulées, surexcitées... », que veut-il dire?
On me l'a ressorti l'autre jour, on m'a dit: "oui, homophobie..."! Ça parle des féministes en fait. Des groupes de féministes qui en gros seraient devenues féministes parce qu'elles n'avaient pas d'autres passion dans la vie, qu'elles ne savaient pas quoi faire, que c'est devenu leur but et qu'elles oublient un peu ce qui se passe autour.
«Je suis quand même assez contre tous les trucs de communauté»
Donc on peut se dire: c'est contre les lesbiennes, contre les féministes et puis féministes=lesbiennes...
Ouais, ouais, ouais, je vois... Bon, déjà, ce sont des gros clichés. C'est faux. C'est un type au bord du suicide qui dit ça! C'est de la réflexion de bistrot. C'est fait exprès, la chanson est trop grosse pour qu'on la prenne au premier degré. Dans l'interprétation, ça monte, tu sens que le type n'a plus toute sa tête. À la base, j'avais rajouté huit mesures où je disais «et toutes ces personnes dans lesquelles je retrouve une partie de moi-même/qui font que je me déteste moi-même». Parce qu'en fait, la plupart des choses dont je parle, je les connais super bien. Les profs dépressifs: je suis fils de profs. Les jeunes moyens: je suis un jeune moyen. Les jeunes de banlieue: j'ai plein de potes de banlieue. L'entreprise: j'ai bossé en entreprise.
Et les homos?
Ben j'ai des potes homos (sourire) donc forcément... comme tout le monde! Mais en plus, je suis quand même assez contre tous les trucs de communauté.
Quand on créé un personnage dans le rap, est-ce qu'il doit forcément être un peu misogyne, un peu homophobe, voire complètement?
Le perso dans Suicide Social, il est plutôt misanthrope. Dans la musique, les émotions un peu négatives, ça passe forcément mieux. Après, j'ai d'autres chansons qui parlent plus de sentiments basiques, d'amour.

N'est-ce pas un peu trop facile de brandir un personnage?
Je suis un artiste. De toute façon, ce n'est pas moi. Il y a des œuvres qui sont créées dans des contextes précis. Moi j'estime être quelqu'un d'assez gentil, d'assez normal. Mais je ne pourrais pas faire que des chansons où la vie est belle, où tout est rose. Il ne faut pas forcément être sur la défensive, on peut aussi le prendre comme un constat.
Mais comprenez-vous qu'un gay qui s'est fait tabasser ou une lesbienne caillasser, cela ne les fasse pas forcément rire ?
Là, je suis d'accord! C'est comme si un de mes proches mourrait du cancer et que demain quelqu'un fait une blague sur le cancer: ça ne va pas me faire rire. Mais le problème, c'est le cancer, ce n'est pas la blague. C'est complètement fou qu'en 2011 il y ait encore des gens qui se fassent tabasser pour des choses comme ça. Le problème, c'est qu'il y ait des gens qui tabassent d'autres gens. Il faut être complètement fou. Alors quand en plus c'est pour une raison comme ça... C'est ce dont je parle dans ma musique.
Vous avez eu des réactions d'homos, hommes et femmes?
Oui, j'ai aussi rencontré des associations et en général, ça s'est bien passé, même s'il y a des gens avec qui c'est toujours un peu difficile de discuter parce qu'ils restent sur leurs idées. Après, dans la vie de tous les jours, j'ai des gens qui m'écrivent des lettres: "ouais, je suis homo, mais j'aime bien ce que tu fais". Je ne vois pas pourquoi ils disent «mais», d'ailleurs. Et oui, j'ai des potes homos, j'ai des copines lesbiennes, mais vu qu'ils me connaissent, ils ne se sont jamais posé la question de savoir si j'étais homophobe. C'est une question de générations. Nous les jeunes, on sait que c'est bon, on n'est pas raciste. Je peux faire une blague à un pote sur sa couleur de peau sans aucun problème, c'est bon, c'est réglé. Même en télé. On peut faire des blagues sur sa sexualité à un type qui est homo sans que ça devienne une blague homophobe.
Alors, puisque votre personnage n'est pas vous, vous, Aurélien, vous en pensez quoi des homos ?
En fait, je m'en fous. Pour moi, c'est un cliché de dire «les» homos. Ça ne veut rien dire. La sexualité de quelqu'un, ça ne me fait ni chaud ni froid. Je ne sais pas comment dire, mais... pour moi, dire «les homos», ça renvoie direct à un truc un peu années 80 cuir-moustache, c'est n'importe quoi! Pour moi, il faut voir les individus au cas par cas et la sexualité de chacun, je m'en contrefous complètement. C'est comme quand je dis que la gay pride ne me fait ni chaud ni froid. Les gens ont envie de s'amuser, qu'ils s'amusent. S'il y en a qui trouvent que ça fait trop de bruit ou que ça représente mal leur communauté, qu'ils le disent, mais moi, je me sens complètement extérieur à ça. En fait, je ne peux pas avoir de point de vue sur ça parce que pour moi, c'est... rien. Pour moi, la sexualité de quelqu'un ne détermine pas qui il est. Loin de là.
Regardez le clip de Suicide social:






















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De Hinageshi
« Suicide Social, c'est l'histoire d'un homme qui se suicide et qui voit un peu la société d'une façon communautaire […] ».
Tiens, il serait intéressant de savoir ce que le personnage de la chanson dit des communautés maghrébine, juive, noire, asiatique, etc.
Hé hé, au moment où je poste, j'ai sous les yeux la phrase du robot de tetu.com :
0 réaction de la **communauté** )
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De monsieurunivers
les memes paroles concerneraient les mahgrébins, que c'est sur, ça foutrait le feu au banlieue et une fatoua serait lancée a son encontre... J'ai beau avoir du second degré, je ne trouve pas d'humour dans son texte.
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De Younes
Il y a des gens ici qui n'ont pas écouté le morceau jusqu'au bout car c'est vraiment de la mauvaise foi de dire que seuls les gays sont attaqués dans la chanson. Les fachos, les immigrés, les bourgeois, les SDF, les patrons, les employés, les syndicats, les cadres, les ruraux, les banlieusards, et j'en passe sont tous l'objet de critiques dans la chanson.
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De Benji - Grand méchant gay
Répondre, comme il le fait, qu'un homo tabassé, une lesbienne caillassée, c'est comme si un de ses proches mourait du cancer.
C'est masquer le caractère intentionnel de l'homophobie.
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De Benji - Grand méchant gay
Suite au commentaire homophobe de "mamie", suis-je un français bon teint ? Que se passe t-il si l'on est un Français bon teint en hiver et pas en été ? La sécu va t-elle payer la crème solaire ?
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De Hinageshi
Je suis un peu con, venant de m'apercevoir à l'instant seulement de la présence du clip sur cette page… ;~(
Franchement je ne suis pas choqué par le clip, et partage le point de vue de Younes : le ton choisi est celui de l'excès et du coup de gueule et, justement, à peu près tout le monde en prend plein la gueule.
Maintenant, je ne partage pas le point de vue exprimé dans la chanson.
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De laurent paris
Younes +1
je n'avais pas vu sa réponse et je dis sensiblement la même chose plus bas.
quant à Mamie, elle semble rentrer dans la catégorie de plus de 18 ans dont orelsan parle dans l'interview mais c'est pas la peine de s'attarder sur elle, son nouveau compte va bien sauter tôt ou tard.
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De Charmeur94
Dans ma banlieue cela n'amèliorera pas la tolèrance envers les gays ! Ce sont les conséquences de ces textes qui sont négatifs... C'est certain, il a un probléme de vécu ce keum !
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De gaywesh58
J'ai toujours aimé le rap et Orelsan en fait parti. La preuve, si il a invité les journaliste de Têtu pour une interview ! Non il n'est pas homophobe, comparé à Sexion d'assault...
Faut comprendre le sens de la phrase. Et il n'a pas tout à fait tort quand il parle de la gaypride !
Moi aussi je suis pas très communautariste mais quand on voit du genre Samy bidule, je sais plus son nom. Le mec qui s'est foutu a poil dans son clip avec sa chanson "je suis gay". Moi je dis que ça donne une mauvaise image des homos. C'est comme la gaypride. On nous montre des trav, des mec qui s'exhibe dans la rue. C'est pas mon truc. On peut être contre l'homophobie mais le faire dans une extravagance bidon c'est pas mon tuc.
Et @ MAMI PERSECUTE (soit disant), non il n'est pas homophobe Orelsan. Lui il généralise pas les homo c'est pas comme toi la vieille !
Moi jdis respect à Orelsan, et il y a pas pas d'homo comme moi qui kiff cette chanson.
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De Nathan57
Ce genre de personnage m'amuse beaucoup!!!! car ce n'est pas en se répandant en verbiage que la preuve de l'intelligence est faite. Ce monsieur à le jugement très hâtif il me semble. En gros si tu ne comprends pas la merde qu'il écrit tu es un con.
Brave petit bonhomme !!!! Je suis contre tout les communautarismes bien évidement puisque ceux sont bien loin de l'idée d'une République égalitaire.
M'enfin l'art est difficile, je ne vois que critique, et malheureusement en effet l'inégalité a créé le communautarisme afin de rassembler et combattre l'exclusion.
Alors en effet vos propos me semble choquant pour vous il s'agit d'art et vous vous pensez êtres un artiste, pour moi il ne s'agit que de bruit polémique.
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De Nathan57
Devrais je dire en plus que ce jeune homme est bien prétentieux, de vouloir pensé que son travail est de l'art, sans doute de l'art pour la communauté des rapeurs et de ceux qui aiment le rap ouuuuups excuser j'ai dit une insulte: communauté.
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De Aldarius
Mamie, mamie, mamie....
Quand cessera tu donc de nous les briser?...
En passant, ma chère troll, toi qui parle de "français bon teint", je me permet de te rapeller que "pertinante" s'écrit "pertinente". Tu as peut être un bon teint (sous tes innobrable rides), mais visiblement tu ne t'exprime pas mieux en français que ceux " de la rive sud" pour reprendre ton expression.