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«On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être»: qu'est-ce que cela change?

Par Christophe Bougnot lundi 08 février 2010, à 19h40 | 10565 vues
Plus de: Biologie de l'homosexualité, Jacques Balthazart

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Ce livre du chercheur belge Jacques Balthazart soutient la thèse d'une homosexualité héritée à la naissance et ravive les oppositions avec la psychanalyse et l'Eglise. Le débat de l'inné et de l'acquis est relancé... Quels en sont les enjeux?

Etudes sur les jumeaux et les fratries, données génétiques et hormonales... Pour Jacques Balthazart (ci-contre), directeur du Groupe de recherches en Neuroendocrinologie du Comportement (Université de Liège, Belgique), les études scientifiques sont suffisamment nombreuses pour affirmer que l'homosexualité innée est la théorie «la plus plausible». C'est le point de vue qu'il défend dans son livre Biologie de l'homosexualité : On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être. «Une partie des facteurs de l'homosexualité est génétique, c'est la partie que l'on connaît le moins bien», a-t-il expliqué. «On a beaucoup plus de données sur la partie hormonale de ces facteurs. Il y a enfin une partie immunologique, une réaction immunitaire développée par la mère contre l'embryon de sexe mâle» qui affecterait les préférences sexuelles, selon sa théorie.

L'ouvrage prend ainsi le contre-pied des psychanalystes, ou encore des théologiens, qui soutiennent que l'orientation sexuelle résulte principalement de l'éducation et de l'environnement, et donc qu'elle s'acquiert ou qu'elle se choisit. L'Eglise catholique, par la voix du pape Benoît XVI, présentait il y a peu «la confusion des sexes comme une menace aussi grave pour l'humanité que les changements climatiques». Pour le Vatican, l'homosexualité est acquise, volontaire, et s'oppose donc à la sacro-sainte «loi naturelle».

Avantages et écueils
Du côté de la psychanalyse, le Dr Stéphane Clerget, psychiatre et auteur de Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel? (Ed. Lattes, 2006) déclarait encore en 2008: «Ce que j'affirme à partir de mes recherches, c'est que l'orientation sexuelle se construit. Etre homosexuel, ce n'est pas la conséquence d'un événement traumatique, d'une mauvaise éducation, d'un problème génétique, ce n'est donc pas le résultat d'un «ratage», mais c'est une des formes possibles, minoritaire certes, mais normale de vivre sa sexualité.» Mais les points de vue du Dr Clerget, des freudiens et post-freudiens sont mis à la marge par le Pr Balthazart, qui invoque dans ses écrits le manque d'études scientifiques rigoureuses pour les étayer.

Innée ou acquise? Les deux théories sur l'homosexualité ne sont pas nouvelles, et chacune a montré ses avantages mais aussi ses écueils. L'homosexualité acquise, résultant de l'éducation, reste une thèse culpabilisante pour des parents, qui s'interrogent sur les erreurs qu'ils ont pu commettre (mère trop proche, père absent) quand leur enfant fait leur coming out. En revanche, des mouvements gays et lesbiens préfèrent affirmer que leur orientation sexuelle est un choix, parce qu'ils trouvent dans cette conception les ressources pour mieux s'assumer.

«Soigner» les homos?
Quant à la théorie de l'homosexualité innée, elle peut être de nature à ressusciter les heures sombres de la médecine. Dans les années 30, le nazisme et de nombreux médecins et psychiatres considéraient l'homosexualité comme une «dégénérescence pathologique héréditaire». Qui sait si les futures thérapies géniques ou hormonales ne tenteront pas de «soigner» les homosexuels…?

Pour le Pr Jacques Balthazart, pas de doute, la science tranche en faveur d'une homosexualité innée. Mais il est plus optimiste sur notre siècle et affirme que cette théorie est plutôt de nature à permettre aux homosexuels d'être mieux tolérés : «Les homosexuels ne sont pas pervers (en tout cas pas plus que les hétéros), ils ne sont pas dangereux (l'homosexualité n'est pas contagieuse) et ils ne sont pas, en général, responsable de leur condition (...) En retour, la société devrait, comme elle le fait de façon croissante mais pas encore uniforme, les accepter sans aucune forme de discrimination...» 

Biologie de l'homosexualité : On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être, de Jacques Balthazart.
Editions Mardaga

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118 réactions de la communauté

 
Raton

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De Raton

Le 08 février à 19h48

Et la bisexualité alors ?
Pourquoi n'y a t-il aucun scientifique qui essaie de trouver l'explication de l'hétérosexualité?? C'est un mystère pour moi... Quand on écoute les hétéros, on se rend bien compte qu'il y a un gouffre d'incompréhension et de fonctionnements diamétralement opposés entre les deux sexes...
;-)

 
hector dumas

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De COUPLEDANVERS

Le 09 février à 21h18

J'ai commencé à lire le livre... Et aussi bien l'hétéro- que l'homo- que la bi- que la transexualité sont expliqués !
Alors, bonne lecture...
Et bon courage, c'est une brique assez indigeste... lol

 
hector dumas

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De Conservatoire des Archives et Mémoires LGBT

Le 09 février à 21h54

« Soigner » les homos et les trans... par des hétéros Docteurs ?
.
Magazine GUERIR
15 octobre 1936 : N° 98
Une étude médicale sur l'homosexualité
" Messieurs-Dames " ! … par le Docteur Octave Béliard
[ - Beaucoup d'artistes et de poètes sont frappés de cette foudre ...
- Il serait intéressant d'examiner de quoi est faîte la répulsion de l'homme normal pour l'inverti ...
- Parfois le désir sexuel s'écarte de la femme parce qu'elle est trop belle et trop idéale ... ]
.
Magazine VOILA
25 décembre 1936 : N° 301
Via Lesbos :
- La vie, les plaisirs, les misères des femmes damnées ...
[ ( + Article sur les transsexuels et transsexuelles : )
- Mystères : " Elle et Lui " ... ]
.
http://www.archiveshomo.info/archives/presse/pgp/1936.htm
.

 
hector dumas

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De vpi79

Le 10 février à 02h50

Ce n'est pas parce que c'est un médecin qui écrit que ça veut dire qu'il va soigner. La médecine sérieuse est là aussi pour justement savoir quoi ne surtout pas soigner. Selon le crédo "guérir mais ne pas nuire".

Et même en cas de maladie, elle n'a pas vocation à tout guérir, juste aider si elle le peut ses patients, ou simplement leur dire que tout est normal et que c'est la vie. Elle peut épargner ainsi bien des souffrances inutiles, même si elle ne peut pas les empêcher toutes.

Je pense donc que le livre est utile, d'abord pour permettre de s'accepter tel qu'on est, bien avant même d'essayer de convaincre les autres en leur rappelant qu'ils feraient d'abord mieux de s'occuper d'eux-mêmes avant de voir le mal là où il n'y en a pas, et dont ils ne sont pas non plus responsables.

Si l'homosexualité est innée, elle est héritée. De qui ? Des hétéros eux-mêmes qui l'ont aussi. Après tout n'est question de dose, mais la part de bisexualité est en chacun de nous, et pour la plupart l'équilibre ne fait aucun doute. La bisexualité est justement l'absence d'équilbre clair (et ça doit être finalement moins facile à vivre, même si c'est plus facile en apparence à cacher)

Par exemple j'ai beau être convaincu d'être homo, et être incapable d'assumer une relation hétéro, il faut aussi lutter contre l'apriori qui nous ferait rejeter les hétéros. Comme on sait qu'on n'est pas de taille à lutter (c'est une bataille perdue d'avance) il faudrait aussi que les hétéros comprenne que leur appréhension vis-à-vis des homos est aussi une bataille perdue d'avance. En commençant par assumer aussi la part d'hétérosexualité qui est en eux.

Bref, en dépit de notre orientation sexuelle bien affirmée, on n'est pas insensible au charme des deux sexes, même si la sexualité n'est assumée que d'un seul côté. Certains peuvent parfaitement parvenir à franchir cette barrière, mais rien ne change le déséquilibre qui nous ramènera naturellement de l'autre côté. (A mon avis, les bis doivent chercher longtemps avant de savoir de quel côté ils penchent, et cette interrogation permanente doit être plus dure).

On ne guérira pas les homos, comme on ne guérira pas non plus les hétéros. Tout le monde existe comme il est, mais chacun peut vivre dans le respect de l'autre partie, dès qu'on voit finalement que la sexualité des uns ne constituent aucune menace ni aucune concurrence pour les autres. Si la menace existe c'est la concurrence de cexu qui sont de même orientation sexuelle que soit, mais comme on les connait mieux, ils font moins peur.

Comme la peur est surtout liée à l'ignorance de ce qu'on ne connait pas (une version moderne édulcorée en est le fameux "principe de précaution", mais cela participe du même raisonnement), et que c'est la peur qui génère le plus de réactions de violence et d'intolérance ou de mise à l'écart (ségrégation, discrimination...), le meilleur moyen de lutter est de faire connaitre aux autres ce qu'ils ne savent pas.

Du côté des homos on est verni: on sait à peu près tout des hétéros qui ne laissent de nous inonder de leurs pulsions, émotions, images, savoirs-faire, pratiques. Mais en savent-ils autant de nous? On a, nous, un travail à faire pour nous faire connaitre et nous rendre visibles (à tous points de vue), parce que c'est comme ça qu'on se fera accepter. Que nous fantasmes et même nos pratiques ne sont pas moins honorables ou répugnantes que celles des hétéros. Qu'on a les mêmes besoins qu'eux, ni plus ni moins. Et que cela ne constitue pas non plus notre seule identité.

Il y a bien des choses qu'on partage en commun: l'amour, l'émotion, l'empathie, nos familles (parents, frères et soeur, cousins, neveux et nièces), nos voisins, nos communautés de vie, nos territoires, nos collègues, notre travail, nos cultures.

Et tout ça ce n'est pas de la biologie, c'est notre environnement social, et celui qu'on se donne soit-même et qu'on construit ensembles. Et à côté de ça on sera tous mortels comme les autres (mais les homos souffrent certainement à un moment donné du vide de ne pas pouvoir transmettre à une descendance, mais peuvent le compenser en transmettant à d'autres, à commencer par ceux dans sa famille proche).

Et si dans tout ça on admet par ce livre que l'orientation sexuelle est innée, c'est un processus naturel et donc un processus naturel à l'équilibre de la nature et de la vie. Toute volonté de la purifier ne conduit qu'à l'apauvrir et compromettre son futur et sa survivance. La nature ne connait pas de nuisible, tout y est nécessaire.

 
hector dumas

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De daftpunky

Le 11 février à 01h17

@ vpi79:

je partage les grandes lignes de ton commentaire, mais je voudrais ajouter juste 2 choses:

*** la bisexualité n'est pas marquée par une "absence d'équilibre clair" comme tu l'écris

*** les homosexuels peuvent avoir une descendance.

 
Sylvio

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De Sylvio

Le 08 février à 19h53

Innée ou acquise : rien, ça ne change rien, nos détracteur trouverons toujours à redire.

Innée, donc génétique et nos chercheurs ferons tout pour trouver le gène responsable, et s'ils le trouve...
Acquise, donc parentalité responsablevoire coupable, et donnera un bon coup de pouce aux théories qui voudrait nous soigner.

J'aimerais surtout voir un bouquin intitulé : Biologie de l'hétérosexualité : On naît hétérosexuel, on ne choisit pas de l'être.

En somme parler du PROBLÈME de l'hétérosexualité, et que l'on nous laissent tranquille : vive l'homosexualité !

 
hector dumas

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De Raton

Le 08 février à 20h06

complètement d'accord
il y a quelque chose d'insultant et de dangereux à vouloir absolument trouver l'origine de l'homosexualité

 
hector dumas

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De Sylvio

Le 08 février à 20h14

c'est homophobe...

 
hector dumas

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De NémoGizmo

Le 09 février à 10h10

ce que vous ditezs tous les 2 est assez logique, mais n'oublions pas que pas mal d'homos, à un moment où un autre, ce posent aussi eux mêmes la question...

ce n'est donc pas inintéressant.
et en effet les "bi" ou les "homos tardifs" sont une donnée à entrer dans cette équation humaine complexe.

 
hector dumas

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De Sylvio

Le 09 février à 13h45

@ NémoGizmo :

Si c'est un homo, la question est forcément plus pertinente puisqu'il se vivra dans ce cas comme le sujet : ce sera le "je" qui s'exprimera, en d'autres termes : qui suis-je?...c'est donc parfaitement légitime d'un point de vue personnel.

Ce qui n'est absolument pas le cas concernant cette étude scientifique, ou le "je" est absent ; c'est le "ils" (les homos) qui prime dans ce cas : ce que je condamne, et demande que ce soit le "on" qui fasse école !...à savoir les 3 orientations sexuelles de base : ce qui inclurait de fait tout le monde.

 
hector dumas

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De patcolo

Le 09 février à 17h06

Tout fait d'accord avec toi et puis ras le cul à chercher à tout prix une raison l'homosexualié.....Il y enà marre de ces gens qui prétendent tout savoir et tout nous expliquer nous on veux vivre ...tout simplement sans chercher midi à quatorze heures point barre et Merde

 
daftpunky

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De daftpunky

Le 08 février à 20h24

c'est dingue quand même que l'on prête aux psychanalystes une voix égale aux scientifiques. personnellement, je n'ai rien contre la psychanalyse en soi, mais elle ne peut être prise pour une science.

je suis d'accord que l'homosexualité ne résulte certainement pas d'un unique procédé. il y a sans doute plusieurs mécanismes, dont on ne connait pas encore tous les détails, d'où l'intérêt scientifique. mais ces explications de psychanalystes à la neuneu qui placent un blâme sur les parents me rappellent les vieilles théories sur les mères schizophrénogéniques et d'ailleurs y ressemblent un peu trop.

essayer d'expliquer un comportement social ou une attirance émotive/affectueuse/sexuelle par la science ne veut pas dire que ce comportement ou cette préférence/orientation soient anormaux! je ne comprends pas pourquoi tant de voix s'élèvent à chaque fois que ce débat est ouvert pour dénoncer la recherche scientifique.

de toute façon, qu'il s'agisse d'une construction durant l'enfance, d'un processus génétique, ou d'un développement durant l'âge adulte (ou quelque mélange de ces possibilités), cela ne devrait pas avoir de conséquences au regard de la loi, quant aux aptitudes des homosexuel-le-s (élevage d'enfants, capacités professionnelles, droit au mariage et à l'adoption, etc), parce que sur ces points ils sont complètements similaires aux hétérosexuel-le-s.

en somme, il y a une réelle question scientifique; mais au niveau de la société et de la loi, on s'en fout de savoir que l'homosexualité soit acquise, innée, ou autre! l'égalité des droits ne repose pas sur la réponse à cette question.

 
hector dumas

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De erunman

Le 09 février à 09h04

@daftpuncky

Dire que la psychanalyse n'a rien de scientifique, c'est continuer de participer à un débat d'un autre âge. Les travaux de Freud ont pour l'essentiel déserré le carcan qui entourait le statut de l'homosexualité. Freud a eu parmi ces patients plusieurs homosexuels hommes et femmes et il n'a jamais cherché à les guérir, mais à leur permettre de vivre cette différence dans la société corsetée de son époque.
Je reviens à ton point de vue qui ressemble à une vérité établie : la psychanalyse n'a rien de scientifique et ne peut se vérifier. Qu'elle vienne de Freud, Lacan, Jung, Dolto, la théorie psychanalytique se vérifie. Mais par objectif éthique, la psychanalyse considère que chaque cure, chaque analysant (personne en analyse) est un recommencement. Pourquoi cela ? Pour respecter la personne et ne pas la soumettre à une théorie, donc lui donner sa liberté interne, son autonomie.
Je rappelle que la psychanalyse est enseignée à l'université et que Freud, son inventeur, était un scientifique.
Enfin, dois-je ajouter que la haine, le déni de la psychanalyse l'accompagnent depuis ses débuts. Elle fait peur et elle dérange les idées reçues, à commencer par ses propres croyances.

 
hector dumas

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De daftpunky

Le 09 février à 09h24

oui, erunman, tu as raison; la psychanalyse a au départ pas mal aidé à désamorcer les problèmes des homos de l'époque (qui ne se revendiquaient pas encore lgbt). et j'aurais dû le mentionner. comme je l'ai dit plus haut, je n'ai rien contre la psychanalyse.

quant à la place de la psychanalyse dans le monde scientifique, je maintiens ce que j'ai écrit à quelqu'un d'autre: la psychanalyse n'est pas une science: elle n'a pour fondement aucune des sciences naturelles; elle ne se prête pas facilement à l'analyse de données observables; et enfin, elle permet peu la confirmation ou l'infirmation d'hypothèses par des expériences ou études scientifiques.

ce n'est pas pour autant que "la psychanalyse, c'est pas bien!"; c'est juste que ce n'est pas une science. il y a beaucoup de matières respectueuses qui ne sont pas scientifiques; la philosophie vient à l'esprit, ou encore la théologie.

 
hector dumas

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De Sylvio

Le 09 février à 13h55

@ erunman :

"Pour respecter la personne et ne pas la soumettre à une théorie, donc lui donner sa liberté interne, son autonomie." : en somme la psychanalyse est de fait un outil de liberté...

 
hector dumas

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De Hinageshi

Le 10 février à 15h54

@ erunman : la psychanalyse n'est pas scientifique au sens où elle n'est pas réfutable ; tout au plus peut-on dire qu'elle constitue un corpus théorique qui mérite une certaine attention.
Quand Urbain Le Verrier, observant de petites irrégularités dans l'orbite d'Uranus (non, ceci n'est pas un message crypto-porno !), déduit par le pur raisonnement l'existence d'une planète inconnue dont il calcule la masse et la position (Neptune, découverte peu après), il confirme que la théorie newtonienne de la gravitation est scientifique, au sens où elle permet une prédiction. Et permet donc la *possibilité d'être infirmée* par une observation ultérieure.
C'est d'ailleurs parce que la gravitation newtonienne échoue à expliquer une autre petite irrégularité dans l'orbite de Mercure qu'elle se trouve remplacée, précisée, par une autre théorie, la relativité générale d'Einstein. Ainsi l'astronomie, la météorologie, la chimie, les mathématiques, etc., sont-elles des sciences, quand l'astrologie ou la psychanalyse n'en sont pas.

 
daftpunky

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De daftpunky

Le 08 février à 20h25

c'est dingue quand même que l'on prête aux psychanalystes une voix égale aux scientifiques. personnellement, je n'ai rien contre la psychanalyse en soi, mais elle ne peut être prise pour une science.

je suis d'accord que l'homosexualité ne résulte certainement pas d'un unique procédé. il y a sans doute plusieurs mécanismes, dont on ne connait pas encore tous les détails, d'où l'intérêt scientifique. mais ces explications de psychanalystes à la neuneu qui placent un blâme sur les parents me rappellent les vieilles théories sur les mères schizophrénogéniques et d'ailleurs y ressemblent un peu trop.

essayer d'expliquer un comportement social ou une attirance émotive/affectueuse/sexuelle par la science ne veut pas dire que ce comportement ou cette préférence/orientation soient anormaux! je ne comprends pas pourquoi tant de voix s'élèvent à chaque fois que ce débat est ouvert pour dénoncer la recherche scientifique.

de toute façon, qu'il s'agisse d'une construction durant l'enfance, d'un processus génétique, ou d'un développement durant l'âge adulte (ou quelque mélange de ces possibilités), cela ne devrait pas avoir de conséquences au regard de la loi, quant aux aptitudes des homosexuel-le-s (élevage d'enfants, capacités professionnelles, droit au mariage et à l'adoption, etc), parce que sur ces points ils sont complètements similaires aux hétérosexuel-le-s.

en somme, il y a une réelle question scientifique; mais au niveau de la société et de la loi, on s'en fout de savoir que l'homosexualité soit acquise, innée, ou autre! l'égalité des droits ne repose pas sur la réponse à cette question.

 
hector dumas

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De Sylvio

Le 08 février à 20h50

"personnellement, je n'ai rien contre la psychanalyse en soi, mais elle ne peut être prise pour une science" : Ah et pourquoi donc?

Tout comme la science, la psychanalyse repose sur des faits : reste à valider l'interprétation qui en découle...d'où les gue-guerres entre eux.


Ps : "élevage d'enfants" : heu...les gosses, ce ne sont pas des volailles...mdr

 
hector dumas

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De daftpunky

Le 08 février à 21h04

à sylvio: lol en effet "élevage d'enfants", j'aurais pu faire mieux...

quant à mon propos sur la psychanalyse, c'est un fait, la psychanalyse n'est pas une science: elle n'a pour fondement aucune des sciences naturelles; elle ne se prête pas facilement à l'analyse de données observables; enfin, elle permet peu la confirmation ou l'infirmation d'hypothèses par des expériences ou études scientifiques.

ce n'est pas pour autant que "la psychanalyse, c'est pas bien!"; c'est juste que ce n'est pas une science.

 
hector dumas

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De Sylvio

Le 08 février à 23h14

J'ai bien compris que tu ne remets pas en cause le bien fondé de la psychanalyse, ni que tu en dis du mal.

Actuellement la psychanalyse n'est pas considérée comme une science, et c'est bien dommage, et ce n'est pas parce qu'elle ne se prête pas facilement à l'analyse de données observables qu'elle doit pour autant en être écartée.
En un siècle, il y en a des données observables, il faut juste qu'elles soient considérées...

Et puis c'est un débat qui n'est pas près d'être clos, tout comme l'inné ou l'acquis de l'orientation sexuelle...affaire à suivre...


Le débat n'est pas prêt d'être clos, tout comme le débat sur l'inné ou l'acquis de l'orientation sexuelle...affaire à suivre...

 
hector dumas

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De Sylvio

Le 08 février à 23h55

Désolé pour la répétition...si au moins, on pouvait rééditer pour corriger nos erreurs et fautes...lol

 
hector dumas

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De Pauldenton

Le 09 février à 09h19

Pourtant je connais pas mal de monde qui auraient grand besoin de faire une analyse.

 
hector dumas

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De erunman

Le 09 février à 10h24

@daftpunky
Sur quelles informations, expériences, données t'appuies-tu pour soutenir que la psychanalyse ne comporte aucun élément observable ?

 
hector dumas

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De daftpunky

Le 09 février à 11h00

erunman,

mes mots ont certes été un peu forts ("neuneu"); mais, franchement je ne suis pas anti-psychanalyse. et vu que tu es psychanalyste toi-même, je ne souhaite pas que tu prennes mon propos pour une attaque personnelle.

ceci dit, tu écris que freud était un scientifique (ce qu'il nie d'ailleurs dans ses lettres de 1900 à wilhelm fliess) et que la psychanalyse est enseignée à l'université. soit. cela veut-il dire que la psychanalyse est une science? la psychanalyse permet-elle de vérifier telle ou telle autre hypothèse de manière empirique? tu connais la réponse de karl popper à ce sujet, et tu la donnes toi même quand tu écris que:

"Mais par objectif éthique, la psychanalyse considère que chaque cure, chaque analysant (personne en analyse) est un recommencement. Pourquoi cela ? Pour respecter la personne et ne pas la soumettre à une théorie, donc lui donner sa liberté interne, son autonomie."

tu reconnais donc que chaque cas est unique.

or, en science, la démarche est différente. on récolte plusieurs données, que l'on cherche à grouper, à définir, à expliquer aux moyens de critères et d'hypothèses que l'on soumet ensuite à des expérimentations. les hypothèses validées sont ensuite ré-appliquées à des situations similaires.


comment faire cela avec le id ou avec le super ego si chaque personne, chaque analysant est un recommencement?

 
hector dumas

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De erunman

Le 09 février à 11h25

@daftpunky
au fond notre échange est décalé par rapport au sujet qui est la recherche de BALTHAZAR.
Donc, la psy est une théorie complexe et elle demande non seulement un apprentissage théorique, mais de l'avoir vécu par soi si l'on veut devenir psy.
Le recommencement est à entendre, non pas comme le recommencement de la théorie, mais une théorie mise au service de chaque analysant, indirectement par l'écoute, l'oreille dont le psy doit faire état.
Et ceci est différent de faire dépendre chaque analysant de la théorie (par ex. en lui disant : " je vais vous dire ce que vous vivez, vous éprouvez.."
En ce sens, je te rejoins : le psy ne vient pas raconter à son patient une vérité scientifique qui lui serait extérieure. Donc le psy ne cherche pas à collecter des données. Il cherche à soutenir son patient dans son analyse par un cadre, du silence, une ponctuation mesurée, quelques questions pertinentes, etc.
Have a nice day boy and friend !

 
hector dumas

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De Sylvio

Le 09 février à 13h32

@ erunman :

+1

Merci d'avoir dit en d'autres termes que le psychanalyste n'est pas dans le "conseil" et surtout qu'il n'est pas un "gourou" (ni un grand prêtre), qu'il laisse entièrement la place à l'analysant, quitte à ce qu'il rame pendant des années (voire au risque à ce qu'il abandonne)...c'est le prix du libre arbitre et de la recherche de sa propre vérité.

 
hector dumas

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De Philoude

Le 09 février à 15h47

Salut tous,
Je suis suivi par un psy depuis quelques années pour soigner des problèmes d'alcool, et nous n'avons jamais chercher à savoir pourquoi j'étais homo, si c'était de la faute de ma mère, des secrets etc... Le travail que nous faisons ensemble est de répondre à des questions qui me pourrissent la vie depuis 45 ans sans que je ne me les soient vraiment posées.
Il y a un tas d'événements que j'ai occulté au fil du temps, plein de mauvais souvenirs...
Bref, là n'est pas le but de ce mot.
Nous ne cherchons pas à savoir pourquoi je suis ainsi, mais comment être épanoui, homo ou pas.
Merci de m'avoir lu.

 
kurochka

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De kurochka

Le 08 février à 20h47

"On ne nait pas femme, on le devient" Simone de Beauvoir
"On nait lesbienne, on le devient pas" (aurait pu dire) un belge en blouse blanche.
Je préfère une intellectuelle avec une pointe d'humour qu'un humoriste qui s'ignore avec une pointe de science.

les homosexuels auraient été exposés durant leur vie embryonnaire à des concentrations atypiques d'hormones, trop d'androgènes pour la femme et pas assez pour l'homme."
Et les bis, c'est le dosage parfait ?

"à l'âge adulte on retrouvera des caractéristiques comportementales du sexe opposé bien que les structures morphologiques et génitales de l'animal n'aient pas été modifiées".
comprends pas : maintenant aimer les filles c'est un truc d'hommes donc si une fille a trop d'androgènes, elle se comporte en homme et donc à aimer les filles ?!
Je doute que cette séparation des genres féminins/masculins, et la prétendue conclusion pédé=fille avec une bite servent réellement "la cause" homosexuelle.
Et quid des gays body-buildés, gonflés à testostérone ?

"Plus étonnant, de telles modifications du comportement pourraient être provoquées artificiellement après la naissance."
C'est une connerie tellement grosse que ça sert à rien de la débattre.
Enfin ptêt qu'un jour ça me fera rire (jaune) si un père homophobe essaye de "soigner" son fils avec des piquouses de testostérone ou sa fille à coup d'œstrogène !

Mais retenez ça les lesbiennes, si jamais vous voulez vous faire une hétéro, attendez son début de cycle, là les concentrations en hormones féminines sont les plus basses, donc elle aura envie de fille !
Par contre méfiez vous de votre copine juste avant ses règles : en plein pic de LH, elle aura forcément envie de mecs !

 
hector dumas

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De NémoGizmo

Le 09 février à 10h13

"si un père homophobe essaye de "soigner" son fils avec des piquouses de testostérone ou sa fille à coup d'œstrogène !"
> ce genre d'expérience aurait HELAS déjà été tenté pendant des grossesses... en vain :-)

 
Melunos

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De Melunos

Le 08 février à 22h00

C'est proprement à vous glacer le sang. Foucault reviens ils sont devenus fous!!!

 
hector dumas

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De tigerx

Le 09 février à 16h05

YES! tout a fait d'accord... Michel au secours!

 
Fastbear

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De Fastbear

Le 08 février à 22h34

"Pour le Vatican, l'homosexualité est acquise, volontaire"
.
Faudrait vraiment être maso pour être volontairement pédé dans ce monde de merde !
.
"psychanalyste, ou encore des théologiens, qui soutiennent que l'orientation sexuelle résulte principalement de l'éducation et de l'environnement"
.
Jusqu'à l'age de 20 ans je connaissais rien de rien a l'homosexualité. Mes parents sont de classes ouvrières et j'ai vécu mes 20 premières années ou dans la banlieue parisienne ou dans la campagne. Alors que je suis pédé pour cause d'environnement ou par l'éducation... Enfin ça n'empêche que je le suis depuis toujours et plutôt content finalement.

 
hector dumas

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De NémoGizmo

Le 09 février à 10h15

"Faudrait vraiment être maso pour être volontairement pédé dans ce monde"
> en effet! on imagine les homos de Corée du nord, d'Arabie Saoudite, super contents de CHOISIR de risquer leur vie chaque jour...

 
Melunos

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De Melunos

Le 08 février à 23h16

Je trouve le choix de couverture assez savoureux.

Régulièrement, des experts nous ressortent les vieilles théories de l'homosexualité innée (le coup des mouches pédés américaines il y a une dizaine d'année...), mais tout ce qu'ils font c'est exalter la différence des sexes en mettant à nue une essence chimico-hormonale de mon cul qui serait le propre du masculin ou du féminin... Non content de féminiser la sexualité des gays et de viriliser les lesbiennes, ce cher monsieur met la Science comme une espèce de transcendance au même titre que Dieu, ou la Religion. C'est dégueu, et anti-démocratique, et au totalement idéologique. Et ce n'est pas innocent de convoquer ainsi Adam et Eve en couverture. J'ai envie de dire: burk, dégueu, pauvre mec!

Pendant ce temps, les chantres du différencialisme se frottent les mains (avec un petit air vicieux... héhé).

 
hellbrecht

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De hellbrecht

Le 08 février à 23h40

Le fait que l'homosexualité soit génétique a déjà été proposée..
Mais ça ne tiens pas debout.. comment le gène ferait pour rester dans la population il serait voué à disparaitre..
Ce n'est pas logique.. non franchement je vois pas comment cette théorie peut être défendue.. =/

 
hector dumas

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De daftpunky

Le 09 février à 00h44

à hellbrecht: très bonne question!

il se fait que par quelque hasard divin, j'ai pas mal travaillé sur ce sujet, lu maints articles scientifiques, etc...


parmi les scientifiques spécialistes, il y a un certain consensus: il y a bel et bien quelque chose de génétique à l'homosexualité masculine (pour l'homosexualité féminine, il me semble que c'est le cas aussi, mais je ne me rappelle plus exactement s'il y a là aussi consensus, ou quelles sont les diverses opinions, etc).

je vais essayer de faire court; il y a pas mal d'arguments assez convaincants mais qui sont longs à expliquer/étayer. les études les plus éloquentes, à mon humble avis, sont celles qui comparent l'homosexualité chez des jumeaux monozygotes ("les vrais jumeaux") par rapport à celle de frères "normaux" ou de jumeaux dizygotes ("faux jumeaux").

on constate que lorsqu'un membre de la fratrie est homo, il y a plus de chance que le frère monozygote soit lui aussi homo que pour le frère dizygote ou le frère normal. les conditions environnementales sont donc contrôlées, et on arrive à une corrélation entre matériel génétique (les jumeaux identiques, à l'opposé des dizygotes ou de frères "normaux", ont le même adn) et homosexualité. cependant, cette corrélation n'est pas de 100%. elle est d'environ 50% si je me souviens bien. ce qui suggère donc que d'autres facteurs jouent certainement un rôle.


et cette éventuelle information génétique: de quelle nature est-elle? comment se transmet-elle? etc. la réponse à ta question n'est pour l'instant pas connue. et j'aimerais d'ailleurs l'élucider moi-même!! il y a pas mal d'hypothèses, mais je ne saurais les résumer ici. si tu y tiens vraiment, fais-moi signe, je t'enverrai quelques articles scientifiques à condition que tu saches lire l'anglais.

 
kurochka

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De kurochka

Le 09 février à 00h18

je suis en tous cas ravi de trouver ici une majorité d'avis concordants au mien, à l'inverse de ce que j'ai pu lire sur gayclic.com
(59,5% sur 11283 votants "gaycliqueurs" considèrent que l'homosexualité est innée - contre 28,2%, le reste ne se prononçant pas...)
il y a milles manières de réfuter ce genre de thèses, seule le manque de réflexion (je ne l'ai pas choisi volontairement donc c'est inné) peut expliquer à mon sens ce vote.

 
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