Mélo touchant, polar bluffant et drame perturbant: la sélection ciné de la semaine
«Cher John», de Lasse Hallstrom, «Tête de turc» de Pascal Elbé et «Daniel & Ana», de Michel Franco, histoire troublante inspirée de faits réels et sordides, voici les films vus pour vous cette semaine.
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CHER JOHN
Préparez vos mouchoirs. Un drame tire-larmes tiré d'un best-seller au scénario facile. Pourtant, la qualité de l'interprétation et le charme de Channing Tatum tirent miraculeusement le film vers le haut ! Cher John a d'ailleurs connu à sa sortie aux Etats-Unis un beau succès surprise.

Depuis «Roméo et Juliette», l'histoire d'amour contrarié est un standard efficace du drame romantique. Et les producteurs l'ont bien compris. On retrouve dans Cher John deux amoureux infortunés de statut social différent. Channing Tatum (ci-dessus) joue le rôle d'un militaire, John Tyree, alors qu'Amanda Seyfried (en photo également) interprète une étudiante universitaire, Savannah Curtis. Ils se rencontrent à la plage et tombent amoureux. Le père de John est fauché. La famille de Savannah est prospère. Après les attentats du 11 septembre 2001, John part au combat. Ils s'écrivent, puis les lettres de Savannah s'arrêtent...
Les deux acteurs ont un tel métier, que le réalisateur Lasse Hallström, leur a concédé quelques improvisations, et il est facile de croire aux personnages qu'ils interprètent et aux émotions qu'ils expriment. En tout cas, ceux qui craquent sur Channing Tatum ne seront pas déçus par ce mélo.
Un film de Lasse Hallstrom
Avec Channing Tatum, Amanda Seyfried, Richard Jenkins.
Drame, romantique.
Durée: 1 h 49.
La bande-annonce (en VOST):
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TÊTE DE TURC
Premier film de l'acteur Pascal Elbé, qui signe un polar dense, sensible, un peu trop toufu, mais qui déborde d'une énergie étonnante porté par un casting masculin très solide. Un début prometteur.
Poussé par ses amis, presque par défi, Bora lance un cocktail molotov sur la voiture du médecin urgentiste qui passait par là. A l'autre bout de la cité, une femme risque de mourir. Bora qui sauve le médecin du brasier devient un héros. Un geste qui va bouleverser sa vie et celle de bien d'autres...
Thriller choral aux destins entrecroisés, sec, parfois, dur, souvent, mais avant tout travaillé, ce film ne sacrifie pas l'esthétique au sujet, pour notre plus grand bonheur. Ce polar urbain rappelle un certain cinéma des années 70, à la fois viril et social. L'image «à grain» et une ambiance lumineuse marquée rappellent d'ailleurs cet univers.
Les comédiens de Roshdy Zem à Ronit Elkabetz en passant par le jeune Samir Makhlouf (photo) dont c'est le premier rôle au cinéma sont parfaits. On pourra tiquer sur des jeux de caméra, l'envie d'en mettre trop ici et là. Mais pour un début, c'est un film hautement recommandable.
Un film de et avec Pascal Elbé
Avec Roschdy Zem, Samir Makhlouf, Pascal Elbé et Ronitz Elkabetz.
Polar.
Durée: 1 h 45
La bande-annonce:
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DANIEL & ANA
Ce film mexicain fit forte impression au dernier festival de Cannes. Il met en scène le demi frère de Gael Garcia Bernal dans une oeuvre perturbante sur fond d'enlèvement et de viol...
Daniel et Ana (photo) sont frère et soeur et aussi proches que complices. Tous deux se trouvent à un moment capital de leur vie. Ana est sur le point de se marier. Daniel est un adolescent sociable qui découvre son identité sexuelle. Un jour, ils sont kidnappés et forcés de coucher ensemble devant une caméra...
Premier film du Mexicain Michel Franco, Daniel et Ana s'inspire de faits réels, puisque cette histoire s'est bel et bien passée, et la vidéo de ces relations sexuelles forcées a été exploitée sur internet. Dire que le film perturbe est un euphémisme. Pas de sentimentalisme, ni de provocation facile non plus. On sort de là très troublé et impressionné la maîtrise des jeunes comédiens.
Un film de Michel Franco
Avec Dario Yasbek Bernal et Marimar Vega.
Drame.
Durée: 1 h 30.
La bande-annonce (en VOST):






















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De Ken
Le jeune Channing est gaulé comme un dieu, mais à force de gonflette, il s'est fait un cou de taureau et ressemble de plus en plus à la poupée Billy... Dommage. Et puis alors son film, c'est la quintescence de tout ce que l'on ne veut plus voir.