Martine Storti: 40 ans de mouvement féministe
Entretien avec Martine Storti, inspectrice générale de l'Education nationale et présidente de l'association 40 ans de Mouvement, qui publie «Je suis une femme, pourquoi pas vous?», un recueil de ses articles comme journaliste à Libération de 1974 à 1979, autour des idées et des revendications féministes.
TÊTUE: Pourquoi l'association 40 ans de Mouvement?
MARTINE STORTI: 40 ans de Mouvement célèbre l'anniversaire de la création du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) et affirme une féministe pride: une fierté féministe qui ne souhaite pas s'ériger en modèle ou en norme mais simplement dire que les changements concernant la situation des femmes ont été obtenus par des luttes! Absent des livres d'histoire et relativement disqualifié par le mouvement ouvrier, le féminisme n'a pas été transmis aux filles de ma génération. Nous fêtons les 40 ans pour que nos filles ne soient pas dans l'ignorance qui était la nôtre. Heureusement le développement des historiennes féministes dans les années 80 a contribué à offrir un regard différent sur l'histoire des femmes.
Et les lesbiennes?
Le débat sur la place des lesbiennes était un enjeu au début du Mouvement - qui n'était pas homosexuel mais homosexué - vers 1970-73. A partir de 1974 la visibilité est lesbienne est plus grande tandis que s'affirme davantage une solidarité réciproque dans les luttes.
1974, c'est l'année de votre arrivée à Libération...
Oui j'y suis entrée par le biais de Jean-Luc Hennig, que j'avais soutenu lors de sa suspension de l'Education nationale pour avoir étudié un texte sur l'homosexualité en classe. Professeur de philosophie en congé sans soldes, j'y suis allée un peu à reculons car je n'avais pas une grande sympathie pour les maoïstes. Mais j'avais une idée derrière la tête : faire une rubrique féministe. Rien de ce qui concernait les femmes ne devait m'être étranger, ce fut souvent difficile mais toujours passionnant !
La deuxième partie des années 70 correspond en effet a une formidable expression féministe, multiforme, en même temps qu'à une diffusion des idées et des revendications du MLF dans la société française. Parallèlement vous cofondez Histoires d'Elles ?
En 1977 à la suite d'un dîner entre copines, nous avons l'ambition de faire un hebdomadaire qui aurait été un lieu militant et de travail. Porter un regard féministe sur le monde et expérimenter, briser les schémas. Le projet initial ne s'est pas réalisé, faute d'argent, et s'est transformé en un mensuel bénévole réalisé par des femmes journalistes (ou pas). Ce fut une aventure collective qui a mêlé invention dans les textes mais aussi dans l'iconographie (photos et graphisme), quelque chose en effet de différent qui tient encore la route aujourd'hui.
Je suis une femme, pourquoi pas vous? 1974-1979: Quand je racontais le mouvement des femmes dans Libération... (Editions Michel De Maule)
Pour plus d'informations sur Martine Storti et '40 ans de Mouvement': www.martine-storti.fr et http://re-belles.over-blog.com/
A lire aussi de Martine Storti: 32 jours de mai (Editions Le Bord de l'Eau) «un roman de l'attente, attente de la révolution et attente d'une déclaration d'amour entre Jeanne et Louise, un roman-essai ou plutôt méditation sur l'enchantement et le désenchantement, sur l'engagement et le courage, sur la fidélité, sur l'amertume du jeu social, sur le rapport à la souffrance des autres».






















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De KaliYuga
Le feminisme , encore une ideologie victimaire qu´on veux nous faire avaler en 2010. Il a eu son utilité au debut, ce fut très important. De nos jours c´est un veritable echec puisque la femme est devenue une consommatrice et un produit de la mondialisation, la femme est toujours sous-payé, très faible, Carrie Bradshaw-isée...Les femmes qui ne revendiquent rien sont peut etre celles qui sont le plus libre finalement... Debat interessant !! Mais ce coté politique du feminisme me gonfle grave...