Marsatac 2009: retour sur un festival sexy et bondissant
Le week-end dernier, se tenait la onzième édition de Marsatac, le festival des «musiques actuelles» de Marseille. Partenaire de l'événement, TÊTU s'est rendu sur place pour prendre la température. La cité phocéenne est toujours aussi chaude. Compte-rendu.
Marsatac est un festival vraiment passionnant. C’est un peu comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber mais les amateurs de friandises musicales repartent toujours rassasiés. Hip-hop, électro, rock, world music, il y a en a pour tous les goûts. On ne va pas s’en plaindre. Le «rendez-vous des musiques actuelles» de Marseille fêtait la semaine dernière (du 24 au 26 septembre), sa onzième édition dans le cadre du Dock des Suds. TÊTU était partenaire de l'événement pour la première fois. Et s'est rendu sur place, vendredi, afin de découvrir la chaude ambiance de Marsatac. Pour en prendre plein les oreilles aussi.
L'impression d'être dans «Rhythm Nation»
Pour cause de travaux (pas encore commencés) du futur Musée des civilisations de l’Europe et la Méditerranée, l’esplanade du J4 n’était pas disponible cette année. Le festival a donc investi l’étonnant site du Dock des Suds, vaste ensemble d’entrepôts réhabilités, perdu dans un no man’s land à côté du Port de Marseille. Certaines salles donnent même l’impression d'être dans le clip de Rhythm Nation de Janet Jackson, au moins dans une usine ambandonnée, avec ses bouches d’aérations, ses passerelles en métal…
A Marsatac, les concerts commencent vers 20h15. Il y règne une atmosphère estivale (24°C encore ce week-end). L'ambiance est bon enfant, le public mélangé, entre ados venus pour s’époumoner sur du «gros son» et trentenaires – pas mal de gays – cherchant la pépite électro, le groupe à suivre.
Des concerts qui mettent le public en transe
Nous avons vu pour notre part Bumcello, tout d’abord. Et le duo composé de Cyril Atef (batterie) et Vincent Ségal (violoncelle) nous a permis d'avoir confirmation de leur talent avec leur musique trip-hop/électro bondissante bourrée d’expérimentations sonores, de dub à faire soulever la foule. Et c'est ce qui s’est passé d’ailleurs. On a également adoré «Le Tout puissant orchestre» Poly Rythmo, groupe mythique du Bénin formé de papys bien sympas (la formation a été fondée en 1966!), qui a ravi jeunes et moins jeunes avec leur «funk vaudou» aux accents d’afrobeat. Et pour nous combler de bonheur, ils ont été rejoints sur scène par Nick McCarthy et Paul Thomson de Franz Ferdinand. On se rappellera longtemps de leur version funk du tube Take Me Out! La sensation de Marsatac, c’est sûr.
Quelques bières plus tard, on a bien aimé aussi le dub ultra efficace des Français de Molecule, la soul funk de General Electriks accompagné par le bassiste ultra folle de Fancy Jessie Chaton, puis le rap west coast des tatoués de Mighty Underdogs. Les frontmaen Gift of Gab et Lateef the Truth ont réveillé les derniers somnoleurs de Marsatac pour mieux les préparer à une nuit blanche électro. Vers 1h30, les Nantais de Beat Torrent ont fait un tabac avec leur mix (un brin bourrin et facile) de tubes rock (Nirvana, Metallica) et hip-hop (Run DMC, Beastie Boys) remaniés à la sauce électro. Un son à la Justice forcément calibré pour les dance-floors. Efficace, dira-t-on.
La nuit s’est poursuivie sous le martellement des break beats kamikazes de DJ Krush, du rap sans fioritures de Oddateee et surtout du DJ set impressionnant de Krazy Baldhead, qui a ravi un public malheureusement bien réduit. Et oui, un tel marathon musical, ça fait des dégâts. On comptait les cadavres d'ados exténués vers trois heures du mat'. Cette année, il fallait arriver en forme à Marsatac pour suivre la cadence effrénée.
Pour avoir un aperçu de l’ambiance de l’édition 2009. Regardez les quelques photos ci-dessous.






















De Ligia
Marsatac... Chouette festival mais un problème majeur (désolée je me colle à la critique) : le SON. Des réverbs qui noyaient tout et même l'organisateur s'est arraché les cheveux (dixit Libé). Le show d'Étienne de Crécy était tout de même mémorable avec son installation en cubes vidéos et réels... En tous cas, moi qui vient d'arriver dans la cité phocéenne un peu désespérée de vivre à hétéroland, il y a des traces de vie homosexuelle à Marseille : incroyable ! Et même des lesbiennes ! Que d'espoirs entrevus à Marsatac :)