Maria Beatty à la Womexx le 3 avril: «une célébration de l’érotisme lesbien»
Le 3 avril prochain, TÊTUE sera le partenaire officiel de la Womexx pour une soirée spéciale en l'honneur de Maria Beatty, la papesse du film érotique lesbien. Une invitée de marque pour une nuit qui s'annonce grandiose!

TÊTUE: Vous êtes l'invitée de la prochaine Womexx. Pouvez-vous nous présenter cette soirée?
MARIA BEATTY: Cette nuit sera une célébration de l'érotisme lesbien, avec des danseuses, des strip teases, un mini concert de Oshen (La lesbienne invisible), une sélection musicale funk et garage new-yorkais, pour créer une ambiance bien particulière... Et, bien sûr, il y aura une rétrospective de mes films, qui seront projetés tout au long de la nuit.
La soirée a aussi pour but de m'aider à financer mon prochain long métrage de fiction, Le Café du diable. Le tournage aura lieu dans un des meilleurs clubs alternatifs de New York, au «Slipper room». Cela donnera au film cette saveur new-yorkaise particulière, même si les problèmes qui y seront traités sont universels. J'ai voulu explorer ces crises dont on parle tant: la crise financière, humanitaire... Dans le film, pour échapper à tout ça, les personnages se rendent dans un club, un temple d'érotisme et de plaisir: «Le Café du Diable».
Deux des personnages principaux sont des femmes, autrefois amantes, qui ne se sont pas vues depuis 10 ans. Elles se retrouvent dans ce club, et réalisent qu'elles ont besoin d'être ensemble pour survivre. Parmi tous les personnages, elles sont les seules à avoir un «happy end». Donc, en quelque sorte, cela fait de Café du Diable un film pro-lesbien! (Rires)
Pourquoi avez-vous choisi d'avoir recours au «crowd funding», c'est à dire au public, pour financer ce film? A l'heure de la crise économique, les arts souffrent. Je crois que le cinéma indépendant ressemble à nouveau à ce qu'il fût au début des années 90, quand les cinéastes demandaient à leurs amis, leur famille, de l'aide, et travaillaient avec peu de moyens. Alors j'ai pris le parti de demander à ceux qui apprécient mon travail de m'aider, plutôt que de travailler avec des producteurs qui vont essayer de changer ma vision (voir le site du film pour faire des donations en ligne). Grâce à Internet, de la même façon que chaque internaute peut devenir producteur d'un chanteur, vous pouvez désormais aider à financer un film. Et puis artistiquement, j'ai envie de travailler de façon très minimaliste.
Qu'est-ce que vous attendez de la soirée?
J'aimerais pouvoir faire découvrir mon univers à de nouvelles spectatrices, les inspirer, les exciter, qu'elles soient plus ouvertes à de nouvelles choses... Certaines filles ont une vision très négative des films érotiques. Pourtant l'érotisme filmé par des femmes peut être beaucoup plus stimulant que le porno traditionnel. Dans mon travail, je préfère aller lentement, et révéler les choses de façon très mystérieuse. Les spectateurs n'ont pas forcément besoin de rester pour le grand final. C'est l'entre deux, la façon dont se construit la scène, qui rend ça très érotique.
Quels sont vos autres projets?
Parallèlement à la préparation du Café du Diable, je continue de tourner mes moyens métrages érotiques et SM. Le prochain tournage sera celui de la suite de Post Apocalyptic Cowgirls, en Arizona fin avril. D'après ce que j'ai pu voir, les filles adorent l'uniforme de cowgirl! Je dois aussi tourner un porno gay, pour un projet appelé «Fucking Different», où des réalisateurs gays doivent tourner des pornos lesbiens, et vice-versa. Et là j'ai un dilemme: je ne sais pas encore si je veux faire quelque chose de très féminin, ou de très macho! Et le mois prochain, un autre film que j'ai déjà tourné, Vampire Sisters, sortira en DVD. J'avais déjà travaillé sur le vampirisme avec Ladies of the Night, mais Vampire Sisters est beaucoup plus explicite...
(L'entrée de la soirée est de 15 euros avec une conso, 3 euros seront reversés au film «Café du diable»; si le vous voulez donner plus, à partir de 20 euros de dons, vous recevrez le dvd du film à sa sortie)











