«Malgré la crise, on trouve toujours des pépites au festival Chéries Chéris»
INTERVIEW. Le festival LGBT parisien inaugure ce soir sa 18ème édition, qui se déroulera jusqu'au 14 octobre au Forum des Images. Une sélection très riche et variée, que nous présente la présidente de Chéries Chéris, Pascale Ourbih.

Après avoir remporté un vrai succès l’an dernier avec près de 9.100 spectateurs, le Festival Chéries Chéris va ouvrir ce soir les portes de sa 18e édition. Le jury sera composé de Rossy de Palma, Luc Besson, Stéphanie Michelini, Catherine Corringer et Mathieu Charneau. Le Festival tentera, comme chaque année, un exercice périlleux: offrir un panorama complet de la cinématographie LGBT, internationale et française. En alternant œuvres patrimoniales, longs, moyens ou courts métrages de fiction et documentaires tous inédits. Tout en essayant d’être à la fois un rendez-vous militant, cinéphilique, ludique, curieux et passionné lié aux thématiques de l'homosexualité et de l'identité de genre. Une 18e édition que décrypte sa présidente, Pascale Ourbih.
TÊTU: 2012 marquera la 18e édition de Chéries Chéris. Le festival est désormais adulte?
Pascale Ourbih (photo): Oui, nous sommes un festival mature (rires). Il n’est pas évident pour un festival de s'installer dans la durée et encore plus difficile pour un rendez-vous LGBT. Je pense que désormais les distributeurs, les partenaires nous identifient bien et nous font confiance. On se bat presque pour faire partie de notre jury!
Quels sont les moments forts de cette édition 2012?
Il y en a beaucoup. Tout d’abord, Manfred alias Thierry Mugler signe notre affiche, je pense l’un des plus belles de l’histoire du festival. Nous ouvrirons d’ailleurs le festival avec son court-métrage, Z Chromozome, un hommage futuriste au Freaks de Tod Browning qui sera suivi de L’Age atomique de Héléna Klotz (photo ci-dessous), un premier film français, l’histoire d’une amitié ambiguë. Nous aurons aussi beaucoup de films documentaires, mais aussi une belle présence de films indiens, une tendance forte cette année. Et puis nous avons un jury de folie, avec notamment Rossy de Palma!
Une nouvelle fois, un film français fait l’ouverture, comme l’an dernier avec Bye Bye Blondie de Virginie Despentes?
C’est une volonté et nous y arrivons depuis trois ans.
Comment avez-vous réussi à monter ce festival alors que tous les rendez-vous culturels souffrent aujourd’hui?
C’est l’édition qui, financièrement et artistiquement, a été la plus difficile à organiser. En plus de la crise et de la baisse du nombre de films proposés, il y a une réduction des subventions. Le budget du festival tourne autour de 70 000 €, mais cette année nous avons une baisse de 10 % des aides. Nos partenaires fidèles restent la mairie de Paris, la région Ile-de-France, le ministère de la culture à travers la Drac. Nous nous en sortons aussi grâce à la billetterie qui augmente de 15 % d’une année sur l’autre. Nous sommes le troisième festival en termes de fréquentation du Forum des Images. En 2012, nous devrions dépasser le cap des 10 000 entrées. Mais nous avons été obligés de refuser des films très beaux parce que nous n’avions plus d’assez de fonds pour les sous-titrer. Malgré ce contexte, on trouve encore des pépites comme le film cubain, Una noche, qui fera la clôture. Nous restons déterminer à faire le meilleur festival LGBT de France.
On fait un reproche à votre festival, en particulier parmi le public le plus jeune: celui de choisir des films souvent sombres, qui donneraient une image anxiogène du monde LGBT. Que répondez-vous à cette réserve? C’est un choix, car vous êtes un festival de combat? Ou c’est à cause de l’offre existante de films?
C’est une vraie problématique. Nous sommes, et nous l’assumons, un festival militant. Tant que la situation des LGBT sera celle qu’elle est aujourd’hui en France et dans le monde, Chéries Chéris devra être à l’image des combats à mener encore. Cela dit, dans notre choix de fiction, nous faisons attention à trouver aussi de belles histoires positives. Mais elles ne sont pas forcément légion. Car Chéries Chéris est aussi un festival de cinéma. Il faut trouver des films qui apportent quelque chose, «cinéphiliquement» parlant.
Retrouvez le programme complet du festival sur le site de Chéries Chéris.
Ce soir en ouverture:
L'ÂGE ATOMIQUE
L'an dernier, c'est un film très 80's, Bye Bye Blondie de Viginie Despentes qui avait ouvert le festival. Cette année, c'est une balade néo-romantique et sensuelle très 90's qui démarre cette nouvelle édition de Chéries-Chéris, L'Age atomique de Héléna Klotz...
Victor et Rainer se retrouvent un samedi soir pour zoner ensemble. Alors qu'ils traversent Paris, les rencontres et désillusions s'enchaînent. Comment évoluera, au cœur de la nuit, leur complicité... Film atmosphérique baignant dans une musique électro enveloppante, ce street movie nocturne dégage un charme étrange. Très soigné visuellement, ce film a l'esprit néo-gothique, explore l'ambiguïté sexuelle, l'attirance réciproque plus que la sexualité pure. La bande originale, particulièrement efficace, se love parfaitement dans l'histoire et permet à cette œuvre très particulière d'être au final un voyage presque sensoriel...
Un film de Héléna Klotz avec Eliott Paquet et Dominik Wojcik. Drame. 1 h 07
Regardez la bande-annonce:
A noter que le film sera précédé d'un court-métrage, Z chromozome où Manfred T. Mugler filme la métamorphose d'une créature qu'il a imaginée: The goddess.










LES CHAÃŽNES 











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De patrik
"On fait un reproche": enquête auprès du petit ami du journaliste ?
Ce reproche était vrai il y a deux ans, où tous les "grands" films avaient une fin tragique ou parlaient de mort.
J'aurais d'autres reproches, en particulier le manque d'interactivité, d'espace de participation du public (hormis les petitEs amiEs des responsables).
Mais ce festival a l'immense mérite d'exister et de continuer !