Madonna au Stade de France: coup d'éclat ou coup dans l'eau?
COMPTE-RENDU. Ce week-end, le «MDNA Tour» de la star faisait escale au Stade de France. TÊTU y était… et si vous y étiez aussi, qu'en avez-vous pensé?

Samedi dernier, Paris ne célébrait pas la fête nationale. Ce 14 juillet 2012 était rebaptisé «Madonna Day». Et les 70.000 spectateurs du Stade de France n’avaient que deux questions en tête: «Va-t-il pleuvoir?» Et «Peut-elle encore le faire?». Car, soyons honnêtes, les derniers albums de la star comme ses dernières performances live ont déçu. Désormais, une nouvelle génération de divas tape dans les rotules de «la Madone» – Lady Gaga en tête – estimant que la chanteuse devrait à bientôt 54 ans passer la main.
Plein les mirettes
Si l’exactitude est la politesse des rois, la reine de la pop, elle se fait attendre. Et c’est à Martin Solveig, le jeune frenchy qui a produit une partie des titres de son dernier album, à qui il revient la délicate mission de chauffer l’ambiance dans un Stade de France, il faut bien le dire, assez sage. Mais pour s’assurer l’adhésion d’un public tout acquis à la cause de «la Madone», le DJ français a fait appel à un invité de poids: Will.I.Am, le leader des Black Eyed Peas, venu pousser la chansonnette le temps d'un titre.
Corps de cyborg
Il est 22h15 lorsque les lumières du Stade de France s’éteignent enfin. La scène se transforme alors en décor d’église orthodoxe et trois moines psalmodient des chants grégoriens, tandis qu’au-dessus de la scène se balance un encensoir géant. Le ton est donné: les spectateurs vont en prendre plein les mirettes. Les premières notes de Girl Gone Wild retentissent et Madonna apparait enfin sur scène. C’est parti pour un show qui durera quasiment deux heures.
Dans une combinaison noire digne d’Emma Peel, la reine des chanteuses enchaine les titres (Papa Don't Preach, Hung Up) dans une première demi-heure impressionnante mais pas très chaleureuse. Madonna la francophile n’adressera que très peu de mots à son public, se contentant d’un «Ce soir on va tout niquer!», vulgaire à souhait.
«Lutter pour la liberté pour soi est une perte de temps et qu’il vaut mieux se battre pour la liberté de tous (…) personne ne devrait être jugé par rapport à sa préférence sexuelle ou sa couleur de peau.» Madonna
Déclaration de guerre
Pendant sa chanson Gang Bang, on retrouve la chanteuse dans un décor de Motel où elle trucide son danseur à coup de revolver, façon Tarantino. Le sang gicle sur l’écran géant qui surplombe la scène. La chorégraphie est réglée au millimètre. Le corps de cyborg de la chanteuse trompe son âge. C’est une parfaite machine à danser qui se déhanche comme personne. Et on se dit que la vraie conquête de Madonna, c'est son corps.
Rejoint par une armée de danseur (dont son fils Rocco), la tueuse se change en majorette pour mieux déclarer la guerre à Lady Gaga. Elle enchaine son tube Express Yourself avec une reprise de Born This Way, façon de souligner la ressemblance entre les deux hits avant de s'exclamer: «She's not me!» («Elle n'est pas moi»). Après trente ans de carrière, Madonna ne lâche rien.
De la fesse et du téton
Quelques minutes plus tard, on retrouve la Material Girl en bas de smoking au beau milieu d’un jeu de corset pour offrir une version piano et «gorge profonde» de son tube Like a Virgin.
La star enchaîne par une séance d'effeuillage à son public sur Human Nature. A la fin de son strip, elle exhibe un téton et le haut de son fessier. Dans son dos on peut lire «No Fear». Même pas de vieillir? Serait-on tenté d’ajouter. Celle qui naguère déclenchait les foudres du Vatican avec une simple chanson se contente aujourd'hui de quelques provocs faciles et inoffensives.
Le FN porte plainte
Un nouvel intermède le temps d'un énième changement de costume et le public découvre la vidéo de Nobody Knows Me. On le sait, malgré les menaces du Front national, elle a bien projeté l'image de Marine Le Pen affublée d'une croix gammée. Madonna, qui n’a jamais réculé devant la provocation, s’offre là un buzz inespéré. Le public salue le culot de la chanteuse par une salve d'applaudissement. (Le vice-président du parti d'extrême droite a annoncé dimanche que le FN porterait plainte pour «injure».) La star recidivera-t-elle à Nice le 21 août prochain?
René la Taupe
Si le show est visuellement impressionnant, la connexion avec le public a du mal à se faire. Une grande partie du problème tient dans une setlist qui fait beaucoup trop de place aux titres de son dernier album MDNA. En laissant au placard des hymnes comme Holiday, Frozen, Music, Ray of Light, Material Girl ou encore La Isla Bonita, la Madone boxe avec une main dans le dos et se prive de ses meilleurs atouts face à ses rivales: son répertoire!
Quant à ses chansons les plus récentes, elles sont remixées avec plus ou moins de bonheur. Mais sur certains titres comme Hung Up (interprété sans le sample d'ABBA) la voix ultra vocodée de Madonna tient plus du timbre de René La Taupe que celui de la chanteuse.
Chants basques
Le comble du kitsch est atteint sur le titre Open Your Heart, lorsque Madonna se met à chanter... en basque! La chanteuse mélange sa chanson avec celle d’un groupe de trois basques répondant au nom de «Sagarra Jo»!. On nage en plein folkore lorsque la chanteuse commence à danser avec son béret sur la tête!
Le temps de reprendre son souffle, Madonna se fend d’un petit discours faisant référence à la prise de la Bastille. La chanteuse prêche que «lutter pour la liberté pour soi est une perte de temps et qu’il vaut mieux se battre pour la liberté de tous». Elle poursuit en expliquant que «personne ne devrait être jugé par rapport à sa préférence sexuelle ou sa couleur de peau». Le public gay, présent en masse, exulte et remercie la chanteuse pour ces quelques mots… qui ne lui ont pas coûté très cher.
Très en voix
Les titres s’enchaînent sans passion jusqu’à cette version de Like A Prayer, exacte réplique de sa performance au SuperBowl. La chanteuse qu’on a souvent tancé pour ses problèmes de justesse sonne très en voix sur cette chanson qu’elle a si souvent interprétée.
Le show se termine peu après minuit par un inutile Celebration et on quitte le Stade de France avec un goût amer dans la bouche. Peut-être la prochaine fois la Ciccone fera-t-elle mieux? Car il y aura d’autres tournées. Son contrat avec Live Nation court jusqu’en 2017… Madonna aura alors 58 ans.










LES CHAÎNES 











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De Spendius
En quoi c'est kitsch de chanter en basque ? bande de parisiens...
(et pour ceux qui veulent savoir pourquoi il y a un groupe basque dans le spectacle de Madonna, je vous conseille l'article de rue 89 : http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/07/14/qui-sont-ces-trois-basques-sur-scene-derriere-madonna-233769 )
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De mart64
Milesker, spendius ! ;)
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De baskapari
Bai, ados naiz zurekin !! Ni Parisen bizi naiz bainan Baionakoa naiz eta hori da Pariseko zikinkeri bat !!
Effectivement, le basque n'est pas plus kitsch que le français, c'est une langue vivante et moderne, parlée de Bilbao à Mauléon, de San Sebastian à Bayonne par des jeunes et des vieux, des gays et des hétéros, enfin une langue, quoi....
Par ailleurs, les Basques sont plutot fiers de l'hommage fait par Madonna à leur langue ancestrale et du travail accompli par le trio qui l'accompagne, Kalakan, parrainés, excusez du peu, par les soeurs Labèque, grandes amies de la Queen.
Une "pétition" circule actuellement sur le net pour demander que Live Nation programme à l'issue de la tournée mondiale un concert de Madonna au Pays basque, au stade Anoeta de Donosti-San Sebastian. Le lien : https://www.facebook.com/events/437295826301966/?notif_t=plan_user_joined
Merci d'y joindre votre signature, vous ferez des heureux et qui sait...
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De damienchainel
bien dit ! le groupe Kalakan apporte bcp au show