Madame Raymonde, gueule de gouaille
Jusqu'au 26 avril, Madame Raymonde revient sur la scène du Vingtième Théâtre à Paris avec un récital truculent qui parle cul, alcool, putes et poésie.
Talons hauts, colliers de perlouzes, robe flambant neuve et rouge à lèvres lumineux, Madame Raymonde est de retour. En pleine forme, même. Bon, ceux et celles qui connaissent Madame Raymonde, rendez-vous au paragraphe suivant. Les autres, restez. Largement inspirée du personnage qu'incarne Arlétty dans Hôtel du Nord, Madame Raymonde est une dame de la rue, une tragédienne de la rue. Toute gouaille dehors, ses chansons racontent en vrac l'amour, le sexe, l'alcool, les prostituées, l'amitié, la rage de vivre... Tour à tour vibrante, insolente, pétillante, drôle, triste, engagée, canaille, touchante, poétique, elle chante avant tout avec son cœur, un cœur gros comme ça. Et quand elle cause, c'est pareil... Elle range le politiquement correct dans son sac à main, et se lâche, surtout si la salle joue le jeu. Ses impros sont un pur délice. Tout le monde en prend pour son grade, surtout si vous êtes au premier rang.

De son spectacle précédent, Madame Raymonde a gardé les temps forts qui ont fait sa réputation, comme la chanson où «les homards sortant d'leurs trous s'homaraient comme des p'tits fous» («Le gardien de phare»), le savoureux «Tu m’as possédée par surprise» ou l'émouvant texte de France Léa, «La grosse vieille pute de merde». Sans oublier son topo hilarant sur la très grande, la très célèbre Gaby Montbreuse. Pour les ignares, tapez son nom dans Google. Et comme Madame Raymonde aime vraiment l'jaja, elle prend toujours sa pause vin rouge en plein tour de chant avec Le Zèbre (Sébastien Mesnil), son excellent accordéoniste. Ô malheur, ses mythiques «Ben quoi, c'est pas du vrai, ça!» qu'elle beuglait à la foule ont disparu. Les fans le regrettent déjà, mais bon, faut bien se renouveler. Côté nouveauté donc, à part des boucles d'oreilles en grappe de raisins dorés, on savoure des chansons réalistes ou cocasses, ainsi qu'une adaptation inattendue et désopilante du tube planétaire d'une Anglaise qui pourrait très bien être la fille spirituelle de Madame Raymonde. Vous voyez qui? Bref, ce récital est un régal, même s'il n'est pas complètement nouveau. Et Denis D'Arcangelo, qui se cache derrière Madame Raymonde, montre une nouvelle fois toute l'étendue de son talent.
Une autre! Une autre! Une autre!
Madame Raymonde exagère Jusqu'au 26 avril, du mercredi au samedi à 19h30, le dimanche à 15h, au Vingtième Théâtre, 7, rue des Plâtrières, Paris 20e. Réservations au 01 43 66 01 13. 22, 17 et 12 euros.
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De Chaboo
Ah madame Raymonde, tout un poème... Depuis que je l'ai découverte sur scène en Avignon il y a quelques années, j'ai dû retourner la voir au moins 5 fois, et je ne m'en lasse pas !
Son spectacle est comme elle, sans âge, intemporel !
C'est un spectacle de chansons mais c'est tellement drôle qu'on l'oublierait presque pour le ranger dans la catégorie des one-woman-show mais oubliez tout ça, Madame Raymonde est inclassable... Elle a la gouaille et la classe en même temps.
Seul, à deux, en famille, entre amis, emmenez-qui vous voulez, je ne vois pas qui pourrait résister à Madame Raymonde !