Livres d'été: Ménélas, un héros entre Gladiator et Alix
Ménélas, un roman historique de Pierre Cottet où le héros, célèbre guerrier-amant de Thèbes, finit dans l'entourage d'Alexandre le Grand.

Ménélas est un roman historique sans prétention, qui vous plonge dans les délices du péplum, aux côtés d'un héros vaillant et sensible, partageant ses joies et ses plaisirs entre garçons et filles. S'il était une BD, le livre serait sûrement culte chez les gays, une sorte d'Alix plus viril et plus sexe, faisant son éducation sentimentale et sexuelle dans des ambiances baignées de sueur et de sang.
Rencontre avec son auteur, Pierre Cottet.
TÊTU: La couverture de votre livre est illustrée par Christophe Simon, dessinateur d'Alix. Comment l'avez-vous convaincu?
Pierre Cotter: Christophe est pour moi l'un les meilleurs sinon le plus talentueux des dessinateurs de BD actuels. Le démon de Pharos de Jacques Martin qu'il a remarquablement illustré est un chef-d'oeuvre du dessin d'animation antique, aussi bien dans la justesse du décor et des costumes que dans les attitudes des personnages que l'on arrive à suivre pas à pas dans toutes leurs comportements: belliqueux, sensuels et aventureux.
J'étais déjà un fan de Christophe Simon et nous correspondions avant la parution du Serment de Ménélas. Je lui ai transmis le manuscrit en lui demandant de réaliser l'illustration de couverture. Je ne savais pas du tout s'il accepterait… ce qu'il a fait spontanément, à ma grande joie, car c'était indéniablement un plus pour le roman. Nous avons discuté sur le sujet à dessiner; il se sentait un peu «bridé» par le format couverture qui l'obligeait à dessiner de façon traditionnelle, alors qu'il souhaitait faire autrement, mais nous étions tout à fait d'accord sur la scène choisie: Ménélas, seul rescapé du bataillon des amants, défiant désespéremment Alexandre de Macédoine. Je souhaite vivement que Christophe Simon puisse à nouveau m'apporter son concours lors de la réalisation du second volume de l'odyssée de Ménélas, qui entraînera mon héros à Alexandrie puis jusqu'à Persépolis à la suite d'Alexandre.
Votre livre commence par l'évocation du bataillon sacré de Thèbes, célèbre corps militaire où les combattants grecs combattaient par couples d'amants. Pourquoi ne pas en avoir fait tout le sujet du livre?
Ce n'était pas mon intention. J'ai voulu raconter l'histoire de Ménélas qui était l'un d'entre eux et qui en était trés fier. Je désirais également rendre un hommage et exalter le courage et l'abnégation de ces trois cents garçons qui sont morts sans tourner le dos pour la gloire de leur cité et de leur bataillon. Il est vrai que le lien amoureux qui les reliait entre eux décuplait leur force et leur courage et les rendaient invincibles. C'est donc la noblesse de cet amour masculin scellé par le serment qu'il s'agissait de mettre en avant et puis aussi l'déalisme du jeune homme à peine sorti de l'éphébie, éduqué et pétri de cette culture grecque qui reste une des bases de notre civilisation moderne.
On a l'impression que vous êtes bridé sur les scènes de sexe homo. Vous aviez peur de choquer?
Absolument pas. Ménélas est un garçon qui s'adonne aux plaisirs des deux sexes avec simplicité et sensualité. Il excite aussi l'envie et la jalousie des gens qui l'entourent de par la perfection de son corps et la sensualité provocante qui s'en dégage, et il en est pleinement conscient puisque même Héphestion en subit l'attirance. La scène avec Nébucco est, je pense, suffisamment explicite. Mon héros crée des fantasmes autour de lui… Le lecteur a toute latitude de s'imaginer avec mon Thébain, il a le champ libre.
Avez-vous lu les Dolko de Jean-Paul Tapie?
Non.
L'antiquité est-elle pour vous une source de fantasme ?
Je m'efforce simplement de mettre en scène et décrire un grand moment de l'histoire de l'humanité avant que le christianisme soit venu y imposer ses règles, et c'est pour moi un travail passionnant et enrichissant.
Votre personnage finit par intégrer l'entourage d'Alexandre le Grand. Allez-vous écrire une suite où vous ne cacherez rien de ses amours masculines?
Bien sûr, je parlerai des amours d'Alexandre, qui n'ont pas été que masculines. J'y traiterai du complot des pages qui, d'après ce que l'on en sait, n'a été probablement qu'une lamentable histoire d'amour bafoué. Je parlerai aussi de Bagoas, eunuque de Darius, qui se battit vaillamment aux côtés d'Alexandre et se suicida par désespoir après son décès.












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De Phil86
ah Alix !!! cette BD a échauffé mon imaginaire au début des années 80, j'avais même pas 18 ans, il n'y avait pas internet et les revues homos ne couraient pas les rues dans mon petit village de province... alors je m'amusais à reproduire les dessins d'Alix en affublant les personnages de sexes aux proportions respectables :-) finalement c'était plus excitant que les pornos actuels, car ça sollicitait mon imagination !