Lisbeth Salander a tout d'une icône lesbienne
PORTRAIT. Lisbeth Salander, la sombre héroïne de la trilogie «Millenium» de Stieg Larsson, a séduit des centaines de milliers de lecteurs... mais surtout de lectrices! A l'occasion de la sortie du film en dvd (où Lisbeth est interprétée par la belle Noomi Rapace), le phénomène s'est amplifié. Pourquoi Lisbeth est-elle si têtue?
On en a connu, des héroïnes de fiction bien trop sexy pour être vraies, des Ellen Ripley (Allien), Beatrix Kidow (Kill Bill ) ou ces intarissables James Bond girls. Et des anti-héroïnes faussement médiocres, ces victimes de la vie, à la beauté obstruée par l'oppression sociale. On nous donne à rêver avec les unes, on s'identifie aux autres. Le problème, c'est qu'on ne s'identifie pas toujours aux Bridget Jones, Ugly Betty ou autres candidates au prince charmant.
Une parfaite icône lesbienne
En créant Lisbeth Salander, Stieg Larson - s'en doutait-il? - nous a confectionné une parfaite icône lesbienne...Il faut dire que l'auteur manie bien l'art de faire les présentations: La jeune femme de 25 ans arrive (aussi bien sur le papier qu'à l'écran) les yeux charbonneux, tête baissée, à peine plus bavarde que sa veste en cuir. L'air bagarreur, le regard méfiant de ceux qui en ont déjà trop vu.
Une féministe sanguinaire qui se fait justice
Lisbeth est quelqu'un de fermé, de très fermé. Surtout aux hommes. Il faut dire qu'elle a des raisons de s'en méfier. Témoin de la violence exercée par son père sur sa mère, victime d'abus de pouvoir de pervers, de viols, d'agressions... Autant de crimes sur lesquels les tribunaux ont fermé les yeux. Du coup, Lisbeth se fait justice. Un féminisme sanguinaire qui, quand on la connaît un peu, ne dérange pas vraiment. Lisbeth a la vengeance dans la peau, et pour une fois, c'est une peau d'héroïne tatouée et percée qu'on nous présente. On l'aime sur sa moto dans son combat à la fois personnel et universel contre ces «hommes qui n'aiment pas les femmes».
Mais Lisbeth peut aimer certains hommes comme elle apprécie certaines femmes. D'ailleurs, elle tombe amoureuse. Événement apparemment aussi silencieux pour elle-même que pour les autres. Car il règne un mystère sur sa sexualité.
Trop sexy pour n'être qu'une «Geek»
Lisbeth est un personnage inaccessible sur lequel ne collerait aucune étiquette. D'ailleurs, on s'épanche peu sur son mode de vie libertin... Sauf quand on vient la réveiller à l'improviste et qu'on la découvre nue dans les bras d'une inconnue. Ou, mieux encore, lorsqu'elle s'attache malgré elle à une lesbienne militante au physique ravageur...
Lisbeth limite autiste préfère les tête-à-tête avec son ordinateur aux relations humaines. Hackeuse d'exception, l'héroïne a tout d'une «geek» ou d'une «no life» sauf qu'elle est trop sexy pour n'allumer que son Macbook.
Un peu punk, un peu goth', un peu butch... Mais tout en finesse. C'est sûrement ce qui nous plaît chez elle: ses cheveux courts teints en noir avec cette mèche qui assombrit son regard, les anneaux en métal qui viennent endurcir son visage juvénile et quasi maladif...Une jolie rebelle version queer!
























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De Forban
Excellents comme romans mais les films sont un peu violents pour mon goût. Pour certains LE choc de découvrir que la suède n'est pas le paradis socialiste modèle de la fin du 20ème siècle dont on nous a tant vanté la douceur de vivre et l'ouverture d'esprit aux autres.