Les films friendly de la semaine
Des femmes en chaleur, des bobos désillusionnés, des jumeaux troublés par leur gémellité, des solitaires en quête d’affection et un catcheur has-been sur la route de la rédemption. Voilà le programme de la semaine dans les salles obscures. Et si le cinéma français domine par le nombre de films, il confirme aussi malheureusement certains de ses travers.
Ainsi, après Fauteuils d’orchestre, énorme succès public, Danièle Thompson persiste et signe avec un nouveau un film choral où amis, amants et parents se croisent, se déchirent, se livrent et se retrouvent au cours de deux dîners. Le Code a changé (c’est le titre) mais le cinéma aussi, chère Danièle, de même que la société française. Car parvenir à regrouper une dizaine de Parisiens sans qu’aucune minorité (de couleur ou de sexualité) ne soit représentée relève de l’exploit. Certes le politiquement correct a ses limites mais la cécité sociétale aussi. Faudrait voir à sortir un peu du 16e arrondissement.

Porno star en renfort
Même ennui devant Ah! La Libido de Michèle Rosier, comédie centrée sur quatre femmes découvrant que l’on peut –ô surprise– dissocier sexe et amour. Une porte déjà largement ouverte, et enfoncée encore à grand renfort de clichés supposés drôles (sur le papier en tous cas car, à l’écran cela en devient gênant de médiocrité). Seul relatif intérêt, la présence de la porno star Sebastian Barrio (photo), certes hétéro mais ayant tout de même participé à quelques films trans, et dont la splendeur virile de l’outil de travail nous est ici entièrement révélée.
Donne-moi la main est le premier long de Pascal-Alex Vincent que l’on connaît pour avoir signé une court métrage d’animation sorte version gay du feuilleton Candy. Le voyage initiatique de deux jumeaux en route vers l’enterrement d’une mère qu’ils n’ont jamais revue depuis leur enfance. Fragile, parfois maladroit mais incontestablement sincère.
Variations sur la mélancolie
Avec 35 Rhums Claire Denis (J’ai pas sommeil, Trouble Every Day) esquisse le portrait de diverses solitudes cohabitant dans un immeuble de banlieue, avec pour centre de gravité (au sens propre comme au sens figuré) un père et sa fille vivant ensemble à la veille de la prise d’indépendance de cette dernière. Un superbe film sur la mélancolie banale du quotidien.
Partant favori pour l’Oscar du meilleur acteur, Mickey Rourke renaît de ses cendres dans The Wrestler de Darren Aronofsky où il interprète un catcheur autrefois star, tombé dans les oubliettes de combats minables et essayant de retrouver sa dignité. Un mélo poignant (et parfois insistant) comme seuls les Américains savent (ou osent) encore en faire et dont la réussite doit beaucoup à la prestation d’un comédien qui revendique et assume pleinement la dimension autobiographique de son personnage.
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