Les films friendly de la semaine: «Hôtel Woodstock», «Victim» et «La Proposition»
Un coming out sur fond de festival hippie, la reprise d'un monument de l'histoire du cinéma gay et une comédie romantique qui nous met le nez sur les abdos de Ryan Reynolds. C'est la sélection de la semaine.

HÔTEL WOODSTOCK
Après Le Banquet et Brokeback Mountain, Ang Lee aborde pour la troisième fois le sujet de l'homosexualité dans un film. Il revisite ici le mythe Woodstock avec humour et délicatesse.
Le pari est casse gueule. Raconter le festival de Woodstock, ce concert XXL organisé en 1969 au nord de New York, sans une image de Jimi Hendrix ou une chanson de Janis Joplin. Son Woodstock, Ang Lee l'aborde par le prisme d'une famille d'hôteliers, les Teichberg, qui va se retrouver embarquée sans le vouloir dans la légende. Alors que le concert se prépare, le fils, Eliott (Demetri Martin, un débutant maladroit et touchant, en photo ci-dessus à droite), décorateur à Greenwich Village, débarque à quelques kilomètres du centre névralgique de l'événement pour donner un coup de main à ses parents dont l'hôtel décati flirte avec la ruine. En accueillant de nombreux membres de l'organisation, sa vie changera à jamais. Il fera, entre autre, son coming out, aidé par Vilma, un travesti couillu (Liev Shrieber, épatant)…
En restant loin du méga-concert, Ang Lee en capte délicatement l'essence. Avec innocence, un brin de provocation et beaucoup de modestie. Ce n'est pas Brokeback Mountain. Ce n'était pas l'intention. Hôtel Woodstock est simplement une chronique attachante et sans prétentions. Et c'est une belle réussite dans son genre.
Un film de Ang Lee
avec Emile Hirsch, Demetri Martin et Liev Schreiber.
Comédie dramatique.
Durée : 2h.
La bande-annonce:
VICTIM
Sous ses apparences de polar, ce film essentiel dans l'histoire de la cinématographie gay, est un pamphlet social brillant sur l'homophobie. Une reprise à ne pas manquer!
«C’est incroyable de penser que faire ce film ait pu être considéré un acte courageux, osé ou dangereux. À l’époque, il était les trois à la fois.». C'est ainsi que Dirk Bogarde parlait peu avant sa mort, en 1999, de «Victim», un film de Basil Dearden. Une rareté qui ressort en France en copie neuve. Dirk Bogarde y incarne un avocat homosexuel anglais qui se bat pour démasquer un maître chanteur qui a poussé un de ses clients au suicide. Nous sommes en 1961, période ou l'homosexualité était encore passible de prison au Royaume-Uni.
Ce film fut l'un des premiers à présenter des héros gays, et sans caricature, aussi frontalement. Le scénario faisait aussi notoirement écho à la vie intime de son acteur principal, Dirk Bogarde. Alors adulé des adolescentes british dans des comédies acidulées, il dut jusqu'à l'automne de sa vie cacher son homosexualité. Il la criera au monde en acceptant le rôle principal du mythique Mort à Venise de Visconti où, là encore, la déchéance du héros Gustav von Aschenbach, fera étrangement écho à sa vie. On considère aujourd'hui que Victim, succès surprise au box-office britannique, a joué un rôle déterminant dans l’abolition des lois anti-homosexuelles au parlement anglais, en 1967. Il est encore étonnament d'actualité...
Un film de Basil Dearden
avec Dirk Bogarde, Sylvia Syms et Peter McEnery.
Drame.
Durée: 1h30.
Un extrait:
LA PROPOSITION
Cette comédie romantique a fait un carton aux États-Unis cet été et a remis en selle Sandra Bullock. La présence d'un Ryan Reynolds qui joue à fond sa carte du beau gosse a sûrement aidé aussi.
Margaret (Sanadra Bullock), une puissante femme d'affaires, domine le monde de l'édition new yorkaise. Mais elle se retrouve un jour menacée d'expulsion car elle est canadienne. Seule solution pour cette «macha»: se marier. Elle jette son dévolu sur son assistant souffre douleur, Andrew (Ryan Reynolds). Mais rien ne se passera pas comme prévu…
Malgré un scénario au happy end téléguidé, on passe un bon moment avec une Sandra Bullock rajeunie et filiforme. On apprécie aussi le numéro réjouissant de mamie indigne (l'ex Golden Girl Berry White), mais aussi la plastique (complaisamment exposée) de Ryan Reynolds (ci-contre), tous abdos dehors. Et qui s'en sort bien dans le rôle du niais… pas si niais.
Un film de Anne Fletcher
avec Sandra Bullock, Ryan Reynolds, Betty White.
Comédie.
Durée: 1h48.
La bande-annonce:


















De NémoGizmo
Ryan Reynolds est souvent très sexy. Mais là, en effet ça a l'air bien niais. :-( ne serait-ce que l'affiche du film, au s'cours. Ca cible la jeune ado en, mal d'amour, c'est clair. attention à ne pas paraitre trop "lisse", mister...