L'écrivain Edmund White à Paris pour lancer un docu-entretien
L'écrivain américain sera en séance de dédicaces aux Mots à la bouche, ce samedi, alors qu'un documentaire lui est consacré. L'occasion de (re)découvrir cette figure majeure de la culture gay.
Edmund White est à ce jour considéré comme l’un des meilleurs représentants de ce que l’on pourrait définir comme une littérature «homosexuelle», avec ce qu’elle implique de racines dans l’héritage des précurseurs. Tant sur le fond, puisqu’il en enseigne les caractéristiques des œuvres queer dans les plus prestigieuses universités, que sur la forme, puisqu’il a écrit à lui seul tout un pan de l’héritage romanesque homosexuel contemporain.
Sans fausse pudeur
Alors qu’il participait depuis plus de dix ans au Violet Quill, un mouvement d’écriture gay américain, Edmund White connait le succès public à la fin des années 80 grâce à sa trilogie autobiographique largement saluée par la critique: trois volets (Un jeune américain, La tendresse sur la peau, La symphonie des adieux, tous disponibles en poche chez 10/18) à l’écriture précise, et d’une honnêteté fulgurante. Cette sincérité précisément, demeure la marque de fabrique de l’écrivain: à sa technique d’écriture assurément construite, se superpose un engagement profond envers la matière littéraire, qu’il nourrit de vérité et d’engagement personnel. De plus récents ouvrages sont venus compléter la base de son œuvre: L’homme marié (qui poursuit la trilogie), ou encore City Boy paru en 2010 aux éditions Plon s’acoquinent à quelques biographies (Jean Genet, Marcel Proust) sans faire fi des obsessions de l’auteur.
Transgressif et désinvolte, White ose une approche directe des sujets les plus glaçants de l’Amérique puritaine: que ce soit pour évoquer la découverte de son homosexualité, son militantisme, ses errances sexuelles ou celle de ses personnages, sa séropositivité, le ton reste sec, ciselé, aussi brutal que l’émotion décrite sans se dépouiller de sa sensibilité. Edmund White est passé maître dans l’art de dresser une fresque à la fois sociale et humaine de la communauté gay et de ses individualités, le tout en évoquant les grandes heures de la culture queer (les émeutes de Stonewall par exemple) ou de ses protagonistes. Pas étonnant donc que cette icône culturelle ait fait l’objet d’une autobiographie passionnante en 2006 (Mes vies, éditions Plon) avant de donner matière à un documentaire dont le DVD sort ces prochains jours.
Extrait du doc Edmund White, D'autres états du désir:
Le fil conducteur de l'œuvre et de la vie d’Edmund White? Le désir. Celui qui le pousse à rechercher la compagnie d’autres corps, celui qui le pousse à écrire, celui qui le pousse à ses frontières les plus intimes. Ces «états de désir» conditionnent son œuvre, tant dans ses aspects les plus lumineux que dans les moments les plus sombres. C’est autour de cet axe que s’articule le documentaire que Daniel Lance a choisi de consacrer à l’écrivain. Dans «Edmund White: d’autres états du désir» (en référence à l’ouvrage éponyme, paru en 1980 aux Etats-Unis), le réalisateur s’attache à matérialiser le désir d’Edmund White à travers des questions, des souvenirs, des confessions, captés dans l’atmosphère tranquille de son appartement new-yorkais… Le résultat est à la hauteur de ce qu’on pouvait en attendre: une sensibilité éclatante qui nous parvient avec grâce et sincérité.
Edwund White: d’autres états du désir, un documentaire de Daniel Lance.
Rendez-vous samedi 11 juin à 15h aux Mots à la Bouche à l’occasion de la séance de dédicace organisée pour la sortie du DVD, en présence d’Edmund White et de Daniel Lance.
Les Mots à la Bouche, 6 Rue Ste Croix la Bretonnerie, 75004 Paris.






















0
De Tilit. La memoria de Daniel Zamudio ha sido honrada.
Un grand, un très grand de la littérature homosexuelle américaine. Avec Maupin c'est un de mes auteurs américains préférés dans ce genre de littérature.