Le son lesbien de la Californie
De Los Angeles à San Francisco, panorama de ces filles dont le rock engagé se teinte de pop et d’électro. Mais pour celles qui préfèrent la Côte Est: les géniales God-des and She vous donnent un cours de cunnilingus.
Depuis quelques années, le rock lesbien explose aux États-Unis. Sur scène : les Sick of Sarah de Minneapolis au son très rock, les excellentes rappeuses new-yorkaises God-des and She, qui donnent un cours de cunnilingus dans leur chanson Lick It, Team Gina originaire de Seattle, et la DJ électro Kasio de Cleveland.
Mais la Californie mérite qu'on s'y attarde particulièrement, car c'est l'État qui a vu naître le duo électro-pop Uh Huh Her de Los Angeles, groupe qu'a fondé l'actrice Leisha Haley, la célèbre Alice Pieszecki de The L Word. À San Francisco, une certaine Jenna Riot veut faire exploser les barrières en ouvrant les talents lesbiens hors de la communauté LGBT qui les a vus naître. Elle sera d'ailleurs demain, samedi 21 mars, en concert au Lexington Club de San Francisco.Ses obsessions se résument en deux mots : les lesbiennes au caractère trempé et la musique. Les sons électro-pop obsédés et obsédants se déchaînent sur son premier album Girl You Look Expensive, un disque glamour et sexy. Avant de livrer un nouveau disque en solo, elle s'attellera d'abord à un duo original, les Ice Cream Socialites, avec Katastrophe, l'artiste hip-hop transgenre le plus sexy du moment.
Jenna Riot très Côte d'Azur
Autre jolie découverte du coin, Excuses For Skipping. Les fondatrices de ce quatuor expérimental, Linda et Tammy, guitaristes sur scène, forment un couple bien particulier à la ville : la première a décidé de sa vocation de chanteuse en écoutant le tube Copa Cabana, et la seconde est fière de dire qu'elle vit dans le péché. Allison, à la batterie, ne fait de la musique que pour dévaster des chambres d'hôtel. Quant à la bassiste, Wendy, elle aurait été le plus petit bébé d'Amérique de l'Ouest. Une bio à n'y rien comprendre, mais la clé réside certainement dans leur premier album, Out Of Work Early. À la fois dansant et contemplatif, le disque est un concentré de Space Rock où résonnent les influences de The Cure et de Sonic Youth. Un petit bijou mélodique dans lequel les voix aériennes se confrontent au choc des guitares électriques.
Pour voir ces nouvelles starlettes du rock lesbien de Los Angeles, le meilleur endroit reste encore les boîtes de nuit, les plus connues étant le Girl Bar et le Palms. À West Hollywood, le quartier gay de la ville, sévissent les Shitting Glitter composés des très excentriques Amy Cosby et Devin Tait. Elle est lesbienne, chante et arbore des perruques multicolores. Il est gay, joue du synthé et se considère comme un citoyen de seconde zone depuis qu'est passée en Californie la proposition 8 interdisant le mariage homosexuel. Sur scène, le duo est accompagné par Coco Ono, une go-go drag-queen. La « Shitting Glitter Touch », ce sont des paroles engagées pour le respect des communautés LGBT, sur de l'électro aux sonorités punk, rock, dance et new wave. Avec le clip I'm A Vampire, en duo avec Rich N Famous, Devin Tait rend un brillant hommage très glitter aux films d'horreur légendaires des seventies. Une chose est sûre, c'est que si les Uh Huh Her ont signé sur le label géant Live Nation qui produit, entre autres, Madonna, la scène musicale lesbienne californienne existe surtout grâce aux maisons de disques indépendantes. Jenna Riot a été découverte par Crunks Not Dead, label du duo queer hip-hop Scream Club, alors que les Excuses for Skipping ont intégralement autoproduit leur album. Et c'est au discret Decadrisco Records que l'on doit les Shitting Glitter, label autogéré par Devin Tait lui-même, entre deux realisations de clips pour son propre duo. Allez, Hollywood, encore un effort !
Nadia Ahmane





















De Marie Kirschen
Le clip de God-Des and She est excellent!