Le Néo-burlesque s'épanouit à Paris
Avec le Néo-burlesque, les femmes assument leur statut d'icônes et se réappropprient leur image et leur puissance physique avec l'art de l'effeuillage. À Paris, les écoles fleurissent, et les salles de spectacles burlesque affichent complet. Revue de détails et histoire d'un art qui fait tourner les têtes de plaisir.
Aujourd’hui, Paris accueille de plus en plus de spectacles qui se revendiquent de l’héritage burlesque, en plus des nombreux cours destinés aux curieuses venues découvrir les astuces de cette pratique artistique. Le choix est pluriel, diversifié et souvent de qualité. Parmi les figures incontournables du genre, on compte Lady Flo, directrice artistique du Paname Burlesque show et des Apéros du Moulin Rouge, qui voit dans le néo-burlesque «un genre de spectacle dont le clou est un effeuillage chorégraphié faisant de la femme une icône sur scène».
Une pratique artistique née en temps de crise économique
Né aux Etats-Unis après la crise de 29, ce courant artistique prend son envol vers 1950 avec Betty Page, Tempest Storm et l'ascension du rock'n'roll. Mais quelques années plus tard, l’érotisme se banalise et le burlesque est marginalisé. Il faut attendre les années 90 pour qu’il revienne sur le devant de la scène.
Ce revival du burlesque, communément appelé le «néo-burlesque», doit sa résurrection à un mouvement lesbien avec les filles déjantées des Velvet Hammer, et à l’émergence de personnages aussi glamour que Dita Von Teese et Dirty Martini.
Le talon-aiguille comme acte de résistance
Autant de pin-up tatouées qui puisent leur force créatrice dans l’exhibition de leur forme, dans une imperfection assumée du corps, dans la mise en scène de leur nudité, dans une féminité outrancière et dans cette douce rage d’abattre les diktats de la mode. Les danseuses burlesques, en se jouant du machisme dans la bonne humeur,
déploient un féminisme insolent. Le soutien-gorge devient une nouvelle forme de pouvoir, l’accessoirisation de la féminité, un fétichisme des temps modernes. «Porter des talons-aiguilles, c’est un acte de résistance. Rien à voir avec le mythe de la femme-objet», déclare haut et fort Louise de Ville (photo gauche), performeuse lesbienne qui se plaît à détourner les archétypes féminins.
Elle propose des show engagés lors de soirées lesbiennes, mixtes ou branchées, en posant des questions sur le genre et la sexualité et vient de jouer, dimanche dernier, la première de son spectacle "Betty speaks". Citons encore les filles de joie, chapotées par la désormais incontournable Juliette Dragon (photo bas). Deux fois par mois, ces femmes délicieusement mutines se représentent sur la scène de la Bellevilloise, quand ce n’est pas d’autres cabarets parisiens réputés, offrant à qui veut les dévorer (des yeux), des spectacles chorégraphiés qui rivalisent toujours plus d’inventivité, de provocation et de satire sociale.

Les salles ne désemplissent pas
Depuis la création de ces nombreux spectacles, les salles ne désemplissent pas. Et pour cause, ces spectacles font rêver le public. Morose face à la crise, il vient là se changer les idées et s’émerveiller devant des fantasmes vivants. «A chaque fin de représentation, le public – que ce soit des hétéros, des gays, des lesbiennes ou des trans – vient nous voir, fasciné par cette explosion joyeuse de liberté», explique Elvira de Bord, danseuse burlesque pour les Cabarets des filles de joie, ouvertement lesbienne et ravie de l’être. «Les filles sont plus belles les unes que les autres, dans leurs costumes clinquants», fait-elle remarquer. Et, en effet, comment ne pas voir dans le néo-burlesque une apologie du corps de la femme ? Mieux : un amour des femmes, voué à celles qui débordent d’érotisme et échauffent les esprits d’un simple dénuement du poignet…
«Le burlesque est fait par les femmes pour les femmes !», clame l’une des six performeuses filmées par Mathieu Amalric dans son dernier film, Tournée. Puissante grâce au désir de l'autre, la femme devient une guerrière, belle, menaçante. Et quelque part, invulnérable.
Photo DR Dita von Teese
Photo Louise de Ville par Mélanie Bert
















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De Fred4150
"Citons encore les filles de joie, chapotées par la désormais incontournable Juliette Dragon."
"chapotées" ? Chat botté plutôt... Non ?
Enfin, tous ces spectacles, chapeautés par qui que ce soit, donnent à voir et envie de voir ce film de et avec ce superbe comédien qu'est Amalric... que ce soit à Roubaix ou avec rois et reines !