Le moite hip-hop expérimental de Black Cracker (ex-Bunny Rabbit)
INTERVIEW. Repéré sur Facebook, Black Cracker a tout du dandy hip-hop qui emballe sur des beats moites et des paroles douces comme des candies. Séparé de Bunny qui racontait de sa voix enfantine des comptines salaces et plaintives, Black Cracker fait désormais cavalier seul, et prépare un album solo.

TÊTUE: Comment te définirais-tu?
Pas facile! Disons que je me vois à la fois comme un amoureux de choses douces et en même temps que j'adore les tempêtes. Non, sérieusement, j'aime pas les étiquettes qui me donnent des crampes et les «définitions» que je préfère sont celles qui encouragent le paradoxe et le débat! Se définir, si ça encourage la pensée, oui, plutôt qu'affirmer des évidences qui ne reposent souvent sur rien. Questionner ma relation au genre, à ce que j'étais, à ce que je suis aujourd'hui, m'a beaucoup aidé dans ma démarche artistique et dans l'écriture de mes chansons. J'ai d'ailleurs demandé à mes amis les plus proches qu'ils m'identifient désormais de genre masculin.
Ton groupe Bunny Rabbit existe-t-il toujours?
Non, malheureusement il semble qu'on soit bien séparées! On a toutes les deux craqué: notre relation amoureuse était très passionnelle et la rupture a été très difficile. On a réalisé ensemble que la meilleure chose à faire était de dissoudre le groupe, bien qu'il nous reste encore 16 chansons de notre cru qui sortiront bien un jour ou l'autre à la vente ou en téléchargement gratuit. Gardez un oeil ouvert!
Travailles-tu sur un nouveau projet d'album?
Je suis super excitée. La nouvelle relation que j'ai avec mon identité de genre a libéré mon esprit. Par le passé, je me suis tellement senti contraint artistiquement que j'avais le choix entre être provocant politiquement ou ultra artistique. Maintenant, j'ai juste envie écrire des chansons simples sur lesquelles les amoureux peuvent se câliner, se tenir la main ou même baiser, et j'adore ça! Non mais sérieusement, avec ce que je suis, mes chansons gardent un sens politique et artistique clair, même si la plupart sont les ballades honnêtes d'un garçon amoureux et qui se bat pour être plus adulte.
As-tu l'intention de sortir cet album bientôt?
Je sais pas trop, mais ce qui est sûr c'est que je suis emballée de chanter, d'être à l'initiative d'un projet solo et enfin de pouvoir profiter des choses simples de la vie, qu'il n'y a aucune urgence à précipiter les choses sur le plan professionnel. Aussi je veux prendre du temps pour me faire du bien et grandir grâce à ces nouveaux changements personnels difficiles que je vis actuellement.
Quelles sont tes relations avec Cocorosie?
On est allé tellement trop loin que c'en est ridicule! On a toujours été amies et collaboratrices, on a même été en couple un certain temps (avec Bianca Casady) et on a fait nos débuts dans la musique ensemble. Je me souviens qu'elle chantait et moi je faisais des «beat box» sur le trajet entre le métro et chez moi. On peut trouver des influences de nos deux styles dans nos musiques respectives. Mais récemment, notre amitié est partie en couilles et on ne se parle plus. Tu sais, parfois il faut savoir tourner la page.
Penses-tu que les Françaises sont plus sexy que les Américaines?
Ben pour être honnête, je suis tellement libre dans ce qui m'attire ou non, que je n'ai pas de critères. Au coucher de soleil, ou après une bière ou deux, je peux voir la silhoutte d'un ange qui murmure dans mes rêves, les cheveux détachés sur ma poitrine que c'en est suffisant pour rendre ce garçon idiot que je suis complètement sourd et tout ce que j'entends alors c'est mon coeur qui bat en regardant les lèvres d'une femme sublime bouger après si les Françaises croient au coup de foudre, qui suis-je pour juger? YUP!
Bunny Rabbit et Black Craker au Glazart le 8 mai dernier à Paris





















