Le guide des films friendly de la semaine
Riche mercredi où se croisent pêle-mêle la perruque blonde de Penélope Cruz, les yeux bleus de Johnny Hallyday, et les sacs Vuitton d’une accro au shopping... Nos conseils.
Un peu de futilité pour commencer, avec Confessions d'une accro au shopping, qui narre les déboires d'une fashionista désargentée propulsée chroniqueuse dans un magazine... financier ! Pas vu, mais les confrères fans de La Revanche d'une blonde - des gens dignes de confiance, donc - parlent d'un mauvais décalque du chef-d'œuvre où Reese Witherspoon jouait les avocates en total look rose fuschia... On pourra tout de même y jeter un œil étant donnée la filmo de P.J. Hogan, auteur des mémorables Muriel et Le Mariage de mon meilleur ami.
Confessions d'une accro au shopping, de P.J. Hogan. Avec : Isla Fisher, Hugh Dancy, Krysten Ritter. Genre: Comédie. Durée: 1h46. Année de production: 2009.
La bande-annonce:
Dans le rayon curiosités: Où est la main de l’homme sans tête, obscur thriller dans lequel Cécile de France fait de nouveau des prouesses en piscine – la voici plongeuse de haut vol après son rôle de nageuse dans Un secret de Claude Miller.
Où est la main de l'homme sans tête, de Guillaume Malandrin. Avec : Cécile de France, Ulrich Tukur, Bouli Lanners. Genre: Thriller. Durée: 1h44. Année de production: 2007.
La bande-annonce:
Mais passons aux choses sérieuses avec la sortie de deux grands films tout juste présentés à Cannes. Etreintes brisées est le meilleur Almodóvar depuis des lustres. Et même si ce nouvel opus souffre encore du perfectionnisme un peu froid des derniers films du maître, on reste soufflé par l’ambition et la richesse de son récit gigogne, mélo tarabiscoté dans lequel un réalisateur aveugle se remémore la passion qui lui a coûté la vue… Au cœur de cet amour incandescent, une jeune actrice, Lena, jouée par une sublime Penélope Cruz, dont le talent paraît ascensionnel au fil des films tournés. Tiraillée entre deux hommes, menacée par un destin qui terrasse peu à peu sa folle sensualité, Penélope donne à voir toutes les facettes de la star, et, dans un numéro de transformisme spectaculaire, évoque tour à tour Audrey Hepburn et Marilyn Monroe sous l’œil énamouré du cinéaste madrilène.
Etreintes brisées, de Pedro Almodóvar. Avec : Penélope Cruz, Blanca Portillo, Lluis Homar. Genre: Drame. Durée : 2h09. Année de production: 2008.
La bande-annonce:
Autre sortie «cannoise», et non des moindres: Vengeance de Johnnie To, avec Johnny Hallyday. L’ex-idole des jeunes serait-elle devenue gay-friendly ? Pas vraiment, mais on ne saurait passer sous silence ce film magnifique dans lequel le cinéaste hongkongais semble être tombé raide dingue des yeux bleu lagon de Johnny! Il faut dire que le chanteur n’a jamais été aussi bien filmé, car To sait parfaitement ce qu’il a entre les mains: moins un acteur (Johnny joue souvent faux, mais ce n’est pas très grave) qu’une «présence absente», un quasi-fantôme rongé par la mélancolie. Dans le film, Johnny cherche à venger sa fille (Sylvie Testud, sublimée elle aussi) dont la famille a été abattue par un gang de mafieux. Problème: à cause d’une balle logée dans son crâne, la mémoire de notre héros menace de flancher à tout instant. Cette fragilité et cette fatigue d’un personnage vieillissant, To les capte avec émotion, sans oublier de les bousculer lors de gunfights beaux à pleurer –dont un en forêt et au clair de lune qui devrait entrer dare-dare au panthéon des meilleures scènes d’action du cinéma contemporain.
Vengeance, de Johnnie To. Avec: Johnny Hallyday, Sylvie Testud, Simon Yam.
Genre: Action, Thriller. Durée: 1h48. Année de production: 2008.
La bande-annonce:
Enfin, à voir ou à revoir en attendant Looking for Eric (qui sort la semaine prochaine), la reprise du Kes de Ken Loach, bouleversant récit d’un ado prolo qui s’ouvre à la vie en apprivoisant un faucon.
Kes, de Ken Loach. Avec : David Bradley, Colin Welland, Freddie Fletcher.
Genre: Comédie dramatique. Durée: 1h 50. Année de production: 1969.
Un extrait (en anglais non sous-titré) :












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De J_P_M
Citation : « l’œil énamouré du cinéaste madrilène ».
Signalons au rédacteur de cet article que le mot « énamouré » n'existe pas ! En fait, le mot qui existe, c'est « enamouré » – sans accent sur la première lettre. Il est composé du mot « amour », c'est évident, et du PRÉFIXE « en », qui signifie « dans l'état de », lequel préfixe se prononce bien AN. Être enamouré, c'est être dans l'état de l'amour, donc être amoureux (avec une nuance de niaiserie).
Personne n'a jamais dit « Je suis émerdé ». Non ?