Le guide des films friendly de la semaine
C'est la semaine de la diversité cinématographique avec au programme des drames psychologiques, une comédie italienne et un film français militant.
Je te mangerais de Sophie Laloy, seul long-métrage à défendre les couleurs gays narre les amours entre une jeune étudiante en piano et sa colocatrice, mentor exclusive et séduisante. Mais à trop forcer le trait, la cinéaste exacerbe jusqu'à l'excès ce drame passionnel qui eut requis plus de subtilité.
Le Déjeuner du 15 Août de Gianni Di Gregorio raconte les mésaventures d'un fils dévoué de 50 ans aux prises avec sa mère acrimonieuse et une poignée de vielles dames acariâtres. Ce film qui renouvelle la comédie à l'italienne, aux dires de la presse (entendez picaresque et mordante), mérite en tout cas d'être vu vu afin de se guérir définitivement du syndrome «ma mère est la seule femme de ma vie».
Loin de la terre brûlée est le premier film de Guillermo Arriaga, auteur de roman policier mais surtout connu pour avoir signé les scripts des films de Alejandro González Inárritu (Amours chiennes, Babel). Une femme effacée (Charlize Theron, productrice, et rêvant visiblement d'un nouvel Oscar) trimballe un lourd passé traumatique qui, au terme de deux heures de psychanalyse de bazar, finira par crever l'abcès de sa culpabilité. Un mélo lourdingue construit sur un épuisant principe de flash back censé retarder une révélation exutoire que n'importe quel spectateur aura devinée au bout de trente minutes.
Revanche de Götz Spielmann (prétendant malheureux à l'Oscar 2009 du meilleur film étranger) est une plongée dans les affres de la vengeance et de la culpabilité d'un homme prêt à tout pour venger sa compagne abattue par un policier lors d'une tentative ratée de hold-up. Dommage que la mise en scène, distanciée et minimaliste, se greffe sur un scénario cédant à un effarant trop-plein de facilités et autres épaisses ficelles d'écriture.
Et enfin, Welcome de Philippe Lioret (Mademoiselle, Je vais bien ne t'en fais pas), coup de cœur de cette sélection et fiction citoyenne indispensable. En acceptant de venir en aide à un jeune kurde sans papier, dont le rêve est de traverser la Manche à la nage pour rejoindre les côtes britanniques, Simon, maître nageur sans histoire, va découvrir et braver l'inique machine judicaire française. Celle qui, sous l'impulsion de notre nouveau président, a fait des immigrés illégaux les parias de ce nouveau siècle. Sur un tel sujet, on pouvait redouter un film à thèse et bêtement manichéen. C'est tout le contraire, Welcome est à la fois un grand moment d'émotion doublé d'un plaidoyer lucide pour la désobéissance civile.

















