Laurent Spielvogel: «Je joue une femme comme je peux jouer un chauffeur de taxi»
INTERVIEW. Le comédien Laurent Spielvogel est de retour dans un rôle féminin dans «Perthus», pièce signée Jean-Marie Besset sur fond d'amitié amoureuse entre deux garçons.
Créée en 2008 au Théâtre du Rond-Point, Perthus, pièce de Jean-Marie Besset reprend au Vingtième Théâtre avec une nouvelle distribution. Une amitié amoureuse entre deux garçons l’année du bac débouche sur une amitié entre deux mères. Laurent Spielvogel est l’une d’elles.

TÊTU: Comment votre personnage pourrait-il résumer la pièce?
Laurent Spielvogel (photo): Je suis Irène Tabor. Une femme qui appartient à la moyenne bourgeoisie de province dans les années 70. Mais la situation peut tout aussi bien se passer de nos jours. C’est une femme qui travaille. Mariée, elle a un fils unique, Paul, 17 ans. Un fils brillant, sensible et homosexuel, cela va sans dire! Irène est la meilleure amie de son fils, enfin disons qu’elle est sa plus grande alliée. Paul tombe fou amoureux de son camarade de lycée, Jean Louis, alors que ce dernier ne partage pas ses goûts – du moins consciemment. Irène tentera de convaincre Jean-Louis d’aimer son fils en retour du même amour que lui. Une femme moderne, donc. Et une mère singulière.
Quel est votre secret pour être crédible dans un rôle féminin? Comment évitez-vous la caricature?
Il n'y a pas plus de secret pour être crédible dans un rôle féminin que dans n'importe quel autre rôle. Je joue une femme comme je peux jouer un chauffeur de taxi ou un ministre. Il s'agit d'être sincère et vrai, d'être dans l'identité du personnage. Et non de truquer. Et si je ne truque pas, je ne risque pas – du moins, je l'espère – la caricature. On est dans la caricature quand l'acteur n'est pas sincère, qu’il n'aime pas son personnage, qu'il joue contre lui. Et cela vaut pour tous les rôles. Un personnage, c'est au moins 50% un costume, et essentiellement des chaussures! Alors avec une bonne paire d'escarpins, et deux ou trois jolis bijoux, l'affaire est dans le sac… à main bien entendu!
Au-delà d’une relation entre deux adolescents, Perthus (photo) relate l’amitié entre deux mères. Comment analysez-vous cette relation entre femmes?
Irène rencontre Marianne Henry, la mère de Jean-Louis, par l'entremise de son fils Paul, qui est dans la même classe que lui. Elles n'ont a priori rien à voir ensemble, si ce n'est leur amour immodéré pour leur fils unique, en qui elles placent tous leurs espoirs, et plus encore.
Marianne n'a pas besoin de travailler, et elle est certainement plus «auto-centrée» qu'Irène. Irène est impressionnée par Marianne, par son statut social, son allure et son caractère impétueux. Irène paraît plus fragile. Comme toujours, les apparences sont trompeuses, et la plus forte ne sera peut-être pas celle qu'on croit.
Propos recueillis par Oscar Héliani. Photos Jacqueline Chambord.
Perthus, du 8 janvier au 28 février, au Vingtième Théâtre, Paris (20e). Du mardi au samedi à 21h30. Le dimanche à 17h30.












0
De Pauldenton
Voilà une interview qui donne envie d'aller voir cette pièce. C'est tout de même mieux troussé que la présentation de «Beurs appart', le film»…