Lady Gaga, une nouvelle matière enseignée à l'Université
Le professeur Mathieu Deflem est tellement fan de Lady Gaga qu'il s'apprête à donner un cours sur le phénomène, à l'université de Caroline du sud. Il est par ailleurs spécialiste du terrorisme... Y aurait-il un lien?

Le professeur Mathieu Deflem et Lady Gaga, lors d'un concert à Atlanta en avril 2009. Sociologue et spécialiste du terrorisme, il a vu la star 29 fois sur scène et l'a rencontrée cinq fois.
La pop star excentrique américaine Lady Gaga a beau n'avoir que 24 ans, elle emmagasine déjà les récompenses musicales et peut désormais afficher un nouveau trophée à son tableau de chasse: un cours à l'université qui porte son nom.
«Lady Gaga et la sociologie de la célébrité» est une des nouvelles matières qui sera enseignée à l'Université de Caroline du sud (USC, sud-est) au printemps 2011. Sur le campus, l'information circule déjà parmi les étudiants.
«Sociologiquement pertinent»
«Le cas de la notoriété de Lady Gaga est sociologiquement pertinent comme objet d'étude en ce qui concerne la culture populaire et les conditions actuelles de la célébrité», assure le professeur Matthieu Deflem, qui dirigera le cours.
Fan autoproclamé de la diva américaine, M. Deflem, 48 ans, s'intéresse à la culture pop depuis les années 1960. «La célébrité de Lady Gaga est un phénomène actuel qui fera écho aux intérêts des étudiants», argue le professeur, qui enseigne sur les questions du terrorisme et du droit international depuis 15 ans, comme l'annonce son site officiel. Il a rencontré la star cinq fois et l'a vue sur scène à 29 reprises. Et il affirme que son ascension fulgurante jusqu'à devenir une star internationale est unique à ce jour.
Nouvelles technos
«Sa notoriété est survenue au cours des deux dernières années dans une société très différente par rapport à celle des décennies passées», explique M. Deflem. «L'influence d'internet et des nouvelles technologies y a été particulièrement pertinente».
Le premier album de la chanteuse en 2008 sur lequel figure le tube Poker Face s'est vendu à plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde, et a cumulé les récompenses. «La culture pop est un art», explique-t-elle sur son site officiel. Son deuxième album Born this way doit sortir en 2011.
Effet d'image
Quant aux étudiants de l'USC, ils semblent voir plutôt d'un bon œil le nouvel enseignement qui leur est offert.
«Je pense que le cours “Lady Gaga” aura un effet positif en terme d'image pour l'université, parce qu'il montre que l'établissement est varié et offre des cours qui ne sont pas forcément dans la norme», affirme ainsi Kirk Broome, étudiant en science de l'entreprise. «Il y a aussi le vieil adage qui dit que toute publicité est une bonne publicité»…
Pour les anglophones, regardez le professeur Deflem prodiguer un cours de «Gaga 101»:
Par Rob Carli / AFP. Photo: DR.






















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De Erb
Heureusement que ce doit être un module optionnel et qu'on ne l'écrit pas sur son CV. (Sauf industrie de l'entertainment.)
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De NémoGizmo
:-)
du point de vue sociologique, culturel, TIC, médias et marketing, c'est vrai que c'est un "objet d'études" pertinent.
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De Erb
Je reprends mon post, car j'ai été trop bref. Je sais bien que tout peut être sujet d'étude, MJ, les doughnuts ou Madonna, et que cette liberté participe éminemment à la richesse des sciences américaines, comme on l'a vu dans les gender studies / queer theory. Bob Dylan, "quand j'étais petit", s'étonnait déjà qu'on l'enseigne à l'université (en littérature). Il préférait ne pas s'en mêler.
Étudier sociologiquement à travers Lady Gaga les mécanismes de la célébrité ne me semble pas absurde, mais pose quelques gros problèmes :
1/ le prof est lié à son sujet d'étude ;
2/ les analyses sont forcément incertaines, car le devenir de la jeune artiste, quel qu'il soit, risque d'invalider l'ensemble ;
3/ sociologie de la célébrité (instant fame dans son cas), OK, mais tout cela devant être resitué dans une perspective plus large : société de consommation, société du spectacle, real TV, marketing, et des disputes philo aussi "simples" que être / paraître, loi / hubris, gloire / chute, adulation / vengeance / tragédie : peu de ces sujets seraient à la gloire de L. G. et pour beaucoup il est trop tôt pour se prononcer, or le prof semble peu enclin à POUVOIR dire du mal de l'idole... Big problème qui revient.