«La Fille du RER» ou les vertiges du mensonge
Le film d'André Téchiné s'inspire du fait-divers inventé par une jeune mythomane en 2004.
Il y a quelques années, une jeune mère de famille avait déclarée avoir été victime d'une agression à caractère antisémite dans le RER. Un récit monté en réalité de toutes pièces mais qui avait ému la France entière, déchaîné la presse et la classe politique avant que la supercherie ne soit découverte. Le cinéaste André Téchiné s'est emparé de ce personnage trouble, ambigu et insaisissable pour en faire le rôle titre de son nouveau film.
C'est évidemment moins le fait-divers qui l'intéresse ici que le mystère de cette héroïne qui, bien qu'issue de la réalité, possède de nombreux traits communs avec les personnages peuplant son cinéma. Une opacité qui demeure intacte et que le metteur en scène du Lieu du Crime et des Témoins se garde bien ici de vouloir résoudre à grands coups de psychologie réductrice ou d'explications pathologiques. Il préfère au contraire mesurer les conséquences d'un acte dont les motivations resteront à jamais inexplicables. Un film sur le vertige du mensonge et les troubles de la personnalité porté une fois encore par cette écriture à la fois lyrique et concrète d'un de nos plus passionnants auteurs.

La Fille du RER, d'André Téchiné.
Avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (en photo), Michel Blanc.
Durée : 1h 45min
La bande annonce :






















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De B.
Catherinnnnneeee !!!!