Krystle Warren: une Américaine à Paris
Après avoir enrichi son style sur les scènes new-yorkaises, Krystle Warren, 28 ans, débarque à Paris. L’Américaine de Kansas City à la voix chaude et androgyne sort «Circles», un album envoûtant et coloré. À découvrir absolument.
TÊTUE.COM : Folk, soul, jazz, country, vous mélangez avec brio beaucoup de styles. Vous êtes tombée dans la musique quand vous étiez petite?
Krystle Warren : J’ai toujours été entourée par la musique. Ma mère écoutait beaucoup Anita Baker, Marvin Gaye… J’ai grandi dans une famille baptiste et je devais chanter du gospel le dimanche. Étant très timide de nature, je détestais chanter devant tout le monde. Et puis, je n’étais pas non plus une grande fana de Jésus… Le gospel a été une expérience assez bizarre pour moi. Finalement, dans mon adolescence, j’ai monté mon groupe. J’étais et je suis toujours une grande fan des Beatles. J’écoutais aussi James Taylor, the Doobie Brothers et beaucoup de rock classique.
À 22 ans, vous quittez le Missouri pour New York, pour quelle raison?
À Kansas City, j’étais entourée d’amis musiciens, d’artistes, de «bohémiens»… Ils m’ont aidé à sortir de ma timidité. Ils étaient mes mentors et m’ont préparée à la dure vie new-yorkaise. Ensuite, j’ai eu besoin de grandir et de trouver d’autres inspirations et d’autres scènes. J’ai alors décidé d’affronter New York. Mais j’aime toujours ma ville d’origine. Je ne l’ai pas du tout fui. Les accents country et folk de mon écriture viennent de là-bas.
Votre album est très joyeux et comprend beaucoup de chansons d’amour. Qu’est-ce qui vous fait chanter?
J’habitais à New York quand j’ai écrit la plupart de ces chansons. Cette ville m’inspirait beaucoup. New York change tout le temps, j’avais la sensation d’être en perpétuel changement moi aussi. Je chantais dans les restos, les bars, le métro. J’adorais ça. C’était une période très féconde pour moi, musicalement parlant. Les détails de ma vie amoureuse étaient aussi une grande source d’inspiration.
Aujourd’hui vous vivez à Paris. Vous aviez besoin de nourrir encore votre inspiration en changeant de ville?
Je suis une grande fan du cinéma français et de Michel Legrand. J’aime la culture, les cafés, le magret de canard ! J’aime cette sorte de nonchalance que tout le monde dégage ici. Mais la vraie raison pour laquelle j’ai choisi Paris, c’est surtout pour le label. Aux Etats-Unis, tous les labels voulaient faire de moi la nouvelle Tracy Chapman. Et comme je suis très bornée et que je ne voulais pas perdre ma liberté, j’ai choisi Because, un label français qui n’a pas cherché à me modeler. Et je ne le regrette pas.
On vous compare beaucoup à Tracy Chapman?
Constamment. Je n’en peux plus (rires). Ce n’est pas que je ne l’aime pas, je ne l’ai jamais écoutée (rires)!
Votre arborez un énorme tatouage sur le bras. C’est très lesbien…Quelle est son histoire?
A 18 ans, j’en voulais un, absolument. J’ai rencontré un gars fraîchement sorti de prison qui voulait se faire vingt dollars. Il a utilisé une corde de ma guitare dans son pistolet de tatoueur. C’était horriblement douloureux. Je l’ai amélioré chez un vrai tatoueur ensuite. Il représente un attrapeur de rêve amérindien avec un oiseau noir au milieu, une référence à la chanson Blackbird des Beatles.
Vous pensez que Barack Obama peut faire bouger les choses pour les gays aux Etats-Unis?
Nous sommes tous en attente. Durant sa campagne, je sais qu’il a mis de côté les questions pour les droits homosexuels, juste pour être élu et non par désintérêt. Maintenant qu’il est au pouvoir, j’espère qu’il fera quelque chose.
Et vous, vous êtes totalement out?
Oui, totalement. D’ailleurs mes amis et mes contacts sur Myspace m’ont dit qu’une de mes chansons Yuletide Carol pourrait devenir un hymne gay. Alors j’ai pensé «Mais oui, génial, dégagez George Michael et mettez-moi à la place !»
Que faites-vous quand vous ne grattez pas votre guitare?
J’arrose mes plantes, je fume (beaucoup), je regarde des films. Le dernier que j’ai vu c’était Paris avec Romain Duris. J’ai aussi regardé OSS 117, plusieurs fois, j’adore. Quant au dernier livre, c’était Middlesex de Jeffrey Eugenides, très bon. Je suis fan de Jennifer Beals. Comment ne pas l’aimer ? Alors je regarde The L Word aussi. Selon moi, la meilleure série, c’est quand même Six Feet Under. À part ça… Je sors avec mes amis au Pure Café (dans le XIe), au Pick Clops, au Little Café ou au Troisième Chinon dans le Marais.
Et maintenant, quels sont vos projets?
Je croise les doigts pour que la tournée se passe bien. J’aimerais aussi pouvoir dormir un petit peu… Après avoir dormi? Enregistrer encore un nouvel album.
Si vous pouviez chanter avec n’importe quel chanteur vivant ou mort?
Je choisirai Laura Nyro. J’aime beaucoup ce qu’elle faisait. (*Son morceau Emmy (1968) est considéré comme la première chanson pop d’amour lesbienne). ()
Krystle Warren sera au Café de la Danse, le 8 avril à 20h.
Son Circles (Because Music) est déjà dans les bacs.
PHOTO DR
























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De karietta
Quelle voix !!! On peut voir quelques unes de ces prestations en public sur le net : jetez-y une oreille d'urgence ! Et je m'aperçois à la lecture de cette interview qu'elle super attachante en plus... Je fonds... :)