Icônes lesbiennes: ces écrivaines qui nous passionnent
Pour conclure sa série sur les icônes lesbiennes, TÊTUE part sur la trace des femmes de lettres. Et comme toute liste est forcément incomplète, dites-nous, dans les commentaires, quelles sont vos intellectuelles préférées.
Virginia Woolf
Femme de lettres londonienne du début du XXe, elle est l'auteure du réputé Mrs Dalloway, oeuvre aussi féministe que lesbienne. En 2002, sa vie inspirait le film The Hours, à son tour devenu une référence pour nombre de femmes. Mais Woolf est aussi connue pour ses lettres d'amour passionnées, échangées avec la torride Vita Sackville-West (à qui est dédié Orlando) pendant 18 ans. Précisons que leur relation ne fut pas qu'épistolaire...
![]()
Virginie Despentes
On l'aimait en auteure rock'n'roll, qui met les pied dans le plat avec Baise-moi. On l'adore encore plus depuis que, désormais en couple avec une femme, Virginie Despentes explique sur tous les plateaux télé à quel point le lesbianisme a été pour elle une libération. Après Apocalypse Bébé, un roman mettant en scène une détective homo charismatique, on attend la Despentes à l'automne pour la sortie de son deuxième film de fiction en tant que réalisatrice: Bye bye Blondie, avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart en ex-amantes. Le film sera présenté en ouverture du festival Chéries-Chéris.

Simone de Beauvoir
Plus de 25 ans après sa mort, Simone de Beauvoir demeure l'icône féministe absolue. Bien que son chapitre sur «La lesbienne», dans Le Deuxième sexe, soit un peu daté, son œuvre reste indispensable.
![]()
Sappho
Mais comment nous appellerions-nous sans elle?! Si «saphisme» vient de Sapho, le terme «lesbienne» vient de l'île de Lesbos, où la poétesse grecque vécut au VIIe siècle avant JC. Outre cet héritage particulier, Sapho nous a surtout laissé des poèmes d'amour passionné pour les femmes.

Renée Vivien
Son surnom? «Sapho 1900». Comme la poétesse grecque (qu'elle a également traduite), Renée Vivien a célébré l'amour entre femmes dans ses poèmes. D'origine britannique mais parisienne d'adoption, elle s'inspira de sa propre vie, et notamment de ses amours orageuses avec Natalie Barney, pour construire une œuvre poétique résolument lesbienne.

Judith Butler
Lors de sa dernière conférence à Paris, il suffisait de regarder le public dans la salle pour être sûr que Judith Butler compte parmi ses fans nombre de lesbiennes! Depuis son Trouble dans le genre, la papesse des études sur le genre n'en finit plus de nous passionner. Une des réflexions les plus passionnantes du féminisme actuel.

Gertrude Stein
Une des très grandes figures lesbiennes de l'entre deux guerres. Américaine de naissance, mais parisienne d'adoption, Gertrude Stein reçoit à son domicile dès le début du siècle, les plus grands artistes du moment, avec sa compagne Alice B. Toklas. On voit passer dans son salon, au 27 rue de Fleurus, tout près du Luxembourg, Picasso, Apollinaire, Braque, Laurencin, Hemingway... Vivant officiellement avec sa compagne, Alice B. Toklas, l'écrivaine américaine n'hésite pas à aborder le lesbianisme dans ses textes. Plus récemment, on a adoré Kathy Bates dans le rôle de l'Américaine expatriée dans le dernier film de Woody Allen, Minuit à Paris.

Colette
Si Colette aborde, dans son œuvre, les amitiés amoureuses entre filles (la série des Claudine) ou met en scène des artistes lesbiennes comme Renée Vivien (Le pur et l'impur), elle eut aussi droit, dans sa vie, à sa part d'amours féminines. Elle vécut ouvertement avec la très masculine Mathilde de Morny, dite Missy, pendant plusieurs années. Un amour qu'elles mirent carrément en scène sur les planches. En 1907, elles provoquent un tollé au Moulin-Rouge, avec leur spectacle Rêve d'Egypte. Mathilde de Morny, en archéologue, embrasse fougueusement une momie interprétée par Colette, qui revient alors à la vie. Shocking! A tel point que le préfet de Police interrompt les représentations...

Patricia Cornwell
Elle est l'une des reines du polar contemporain. Grand public et revendiqué tel quel. Patricia Cornwell n'a pas surfé sur la vague du médico-légal, elle en a lancé la mode grâce à son personnage-phare Kay Scarpetta. Rigoureuse, carapacée pour ne pas montrer ses fêlures, virtuose de l'autopsie et de l'ADN, elle en a fait tomber des tueurs en série! Et puis, et puis, elle a crée Lucy, la nièce de Kay. Lesbienne, ultra-sportive, pilote d'hélicoptère et surdouée en informatique. Même s'il ne s'agit que de divertissement, Patricia Cornwell, qui vit aujourd'hui en Floride, met aussi pas mal de sa vie dans ses romans. Jusqu'à les dédicacer à sa femme, Stacy.
Lire également nos autres articles sur les icônes lesbiennes: les actrices, les musiciennes, les sportives, les présentatrices télé et les héroïnes qui nous font rêver.

Et vous, quels sont les écrivaines ou intellectuelles que vous considérez comme des icônes?
Photos: DR.
Article rédigé par Mélanie Vives, Myrtille Rambion et Marie Kirschen.






















0
De snark
Despentes entre Virginia Woolf et Beauvoir, ça fait un peu froid dans le dos quand même...
0
De elise-75
parce que...?????
0
De Lafcadio
... parce que, par exemple, Guillaume Dustan entre Proust et EM Forster aussi !