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HOMMAGE: Hélène Azenor une vie «tout haut»

Par Rédaction lundi 30 août 2010, à 11h21 | 2775 vues
Plus de: littérature, poésie, peinture, lesbiennes, histoire, mémoire

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HOMMAGE. En partenariat avec Lesbia Magazine. Il y a quelques mois nous quittait Hélène Azénor, dans sa centième année. Retour sur une artiste peintre méconnue du grand public grâce à Jacqueline Pasquier qui nous retrace sa longue existence.

Hélène AzenorLe 12 mars dernier, Hélène Azénor, artiste peintre reconnue, nous a quittées, dans sa centième année. Ses amis l'ont accompagnée dans sa dernière demeure, au cimetière du Père Lachaise, le 18 mars. Nous l'avions rencontrée, avec Marie-Geneviève Havel, en 2005, chez son amie Miryana où elle vivait depuis quelques années ne pouvant plus rester seule dans son atelier de la rue Campagne-Première. C'est donc dans la douceur, entourée d'affection et d'attentions multiples qu' Azénor a terminé sa longue vie. On imagine le vide qu'elle laisse à celle qui lui prodigua tant d'amour.

L'atelier d'Hélène Azenor au 9 rue Campagne Première
Une vie bien remplie,  qui fut prestigieuse et qu'Azénor a racontée dans deux livres épuisés, édités par Geneviève Pastre : Histoire d'Une et Vivre Tout Haut. Pour Geneviève Pastre  «Azénor a été et reste une artiste et une créatrice de sa vie autant que de son œuvre».

Marie-Geneviève Havel, également artiste peintre, l'a bien connue. Nombreuses furent les femmes, nous confiait-elle en 2005,  qui fréquentèrent le 9 rue Campagne- Première (juste à côté des locaux de Têtu) où  Azénor donnait, dans son atelier,  des fêtes soit pour la sortie de ses livres, soit pour des expositions, soit pour faire tout simplement la fiesta. Aux murs de l'atelier étaient suspendues ses œuvres qui permettaient de constater l'évolution constante  de sa peinture.

Hélène azenor peintureUn art symbolique et une fascination pour les cathédrales
Peintre et graveur, Azénor a beaucoup exposé:  au Salon des Indépendants jusqu'en 1930, pour figurer ensuite au Salon national des Indépendants et au Salon d'Automne de 1942 à 1945. Son art, souvent symbolique, est celui d'une coloriste usant de laques profondes. Elle a peint aussi de nombreux portraits tels que ceux de Marie Déa, Jean Marais, Blanchette Brunoy. Il y eut aussi l'époque des cathédrales, fascinée qu'elle était par la lumière des vitraux.  À partir de 1966, elle cherche à traduire la vie moderne dans ses toiles, en prenant comme modèles les Villes nouvelles, la Défense, La gare Montparnasse, les autoroutes, les postes d'essence etc.

Depuis 1945 elle n'a cessé d'exposer et en 2005 encore vingt-cinq de ses œuvres étaient exposées à la galerie Mona Lisa, rue de Varenne à Paris. Azénor a également illustré La chute de la maison Usher d'Edgar Poë et Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud. C'est elle aussi qui a édité la revue graphique Le Potomak. Sa vie d'artiste fut une vie de passion et de  travail qui freina probablement sa vie de femme.

Une enfance et une adolescence entourée de femmes
Née le 21 juin 1910, Azénor vécut son enfance et son adolescence entourée de femmes : sa mère, modiste, sa sœur aînée Marguerite et Tantine, la seule avec laquelle elle avait de réelles affinités. Mal acceptée par son père qui désirait un garçon Azénor «fut délibérément insurgée contre son époque». Elle faisait du vélo et portait des pantalons de cycliste ce qui, dans les années de son adolescence,  était assez révolutionnaire puisque le port du pantalon pour les femmes était interdit. Elle portait également des cravates: «de simple fantaisie pour les autres elles devenaient pour moi un symbole, une sorte de défi. En les portant sous le couvert de la mode dans les rues, j'imposais, me semble-t-il, aux regards des passants, ma véritable personnalité». Très vite elle sut qu'elle aimait les femmes et fut une lesbienne visible toute sa vie. Elle eut de nombreuses amours mais comme elle l'a dit elle sacrifia tout à la peinture.

Elle traversa deux guerres mondiales et à propos de la première Azénor constate: «Les femmes prirent concience d'elles-mêmes en tant que force sociale, ce qui fut déterminant pour leur évolution future. Pour la première fois les femmes pendant cette guerre vécurent leur vie d'êtres humains et non d'esclaves».

La fête avec Suzy Solidor
C'est à dix-sept ans qu'elle peut enfin vivre seule à Paris : «Mon premier acte de liberté fut d'aller m'inscrire dans un atelier de l'Académie de la Grande Chaumière» puis à l'Académie Colarossi. Commence alors pour elle une vie d'artiste qui apprend le soir la peinture et la gravure, travaille la journée dans un atelier en tant que dessinatrice pour impressions sur tissus et rencontre son premier amour,  Flavie, avec laquelle elle fera la fête chez Suzy Solidor notamment, découvrira la littérature et les joies que procure la lecture, et fera de multiples rencontres. Mais Flavie trahit ce bel amour en choisissant d'aller vivre chez le fondé de pouvoir de sa banque! Une séparation qui relance à fond Azénor dans la peinture, rien que la peinture. Toutefois elle sait qu'être à la fois femme, artiste et lesbienne ne lui facilite pas la vie!

Trente ans et une réelle conscience sociale
La Seconde Guerre mondiale éclate et Azénor ne veut pas quitter Paris. Grâce à Charlotte qu'elle avait rencontrée chez des amis elle passa de l'amour passion à l'amour physique. Elle apprit avec elle que le monde n'existait que par la sexualité et l'argent et c'est ainsi qu'elle perdit une partie de  ses illusions! Comme elle les avait perdues au parti communiste dont elle démissionna lorsqu'elle comprit que ce parti voulait changer la société mais pas la nature humaine. Or, estimait-elle, c'est cette dernière dont il fallait abolir les préjugés et l'égoïsme.  Elle a trente ans et une réelle conscience sociale. Elle hait l'injustice et les profiteurs.

Les femmes artistes se succèdent dans ses bras
C'est grâce encore à Charlotte qu'Azénor rencontre Djalla (qui s'appelait en réalité Germaine), très marquée par l'Algérie où elle avait vécu jusqu'à quinze ans et spécialiste de la Grèce antique. Elles feront un voyage en Algérie où Azénor, subjuguée par la beauté du pays, réalisera des dessins et des gouaches.
Au cours d'une réception rue Campagne-Première, Azénor fait la connaissance d'une poétesse surréaliste: Val. Notre artiste fut aussitôt subjuguée: «Tout ce qu'on avait pu dire ou écrire sur l'amour me semblait dérisoire à côté de ce que je ressentais. Val m'ouvrit un univers dans lequel je me fondais, elle me donnait vis-à-vis d'elle un rôle que je n'avais jamais eu avec mes amies....». Ce fut donc une folle passion, entrecoupée de nombreux voyages, Val devant régulièrement rejoindre tel ou tel pays. Les retrouvailles étaient toujours somptueuses jusqu'au jour où Val décréta qu'il fallait cesser ces rencontres: «C'est très sérieux, Hélène, nous allons nous quitter. Je vous aime plus que tout et cette nuit restera la dernière, et quelle nuit, n'est-ce pas ? C'est en plein amour qu'il faut se séparer, je ne veux pas vous voir vieillir, je ne veux pas que vous constatiez chaque jour mes cheveux même teints blanchir, oui, oui, le temps est venu de nous quitter». Azénor ne revit plus jamais Val. Pour des raisons un peu plus sinistres elle ne revit plus jamais non plus Djalla.

Elle venait de fêter son centième anniversaire
Toutes ces femmes évoquées ont joué un rôle important dans la vie d'Azénor, une femme de caractère, une artiste reconnue de toutes et tous. C'est en 1961 qu'elle fit la connaissance de Myriana et c'est chez Myriana que la vie a quitté Azénor dans sa centième année. Heureusement les artistes ne nous quittent jamais car leurs œuvres traversent le temps et enrichissent nos vies.

Jacqueline Pasquier pour Lesbia Mag n° 301

 

Photo avec l'aimable autorisation de Jacqueline Pasquier

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R.B

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De R.B

Le 30 août à 23h51


Salut,
Franchement, comment est-il possible de faire autant de fautes d'accord à ce niveau ?
A défaut de maîtriser les rudiments grammaticaux, investissez au moins dans un correcteur.
Cordialement.

 
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