Helluvah: «Je suis super féministe alors je me suis dit: mettons-le en chanson»
La chanteuse out Camille Warmé -aka Helluvah- sort un deuxième album, rock et orageux. Elle nous parle de la scène rock féminine, de tuer le patriarcat et de maturité.

Après Emotion Pills, sorti en 2008, Camille Warmé aka Helluvah revient avec un nouvel album plus rock, As we move silently, sur le label Etrange, disponible en téléchargement depuis aujourd'hui, et dans les bacs le 26 septembre. TÊTUE est allée voir qui se cache derrière cette voix torturée.
TÊTUE: Ton second album est beaucoup plus rock que le premier, plus abouti aussi...
J'en avais marre des guitares-voix. J'ai proposé à BobX, mon producteur, de m'accompagner sur scène, même si ça reste mon projet. J'ai donc un batteur, il y a plus d'instruments, plus de moyens. D'un album plutôt folk, je suis passée à quelque chose de plus rock. J'avais envie de quelque chose de plus mature.
«J'assume tout à fait d'être lesbienne. Le fait de le vivre normalement, c'est une forme de revendication.»
Tu as fait des études de journalisme, comment es-tu arrivée à la musique?
Quand j'étais ado, j'étais dans un petit groupe avec des amis. Mais je me suis consacrée vraiment à la musique qu'après mes études. C'était le moment ou jamais. C'est un choix qu'on peut faire à 23 ans, pas après.
Quelles sont tes influences? On te compare souvent à PJ Harvey...
J'aime beaucoup PJ Harvey, et je comprends la filiation musicale. Mais j'ai l'impression que dès qu'une fille chante avec une guitare, on la compare à elle. Sinon j'ai découvert la musique par Oasis et Blur, en 1995. J'adorais la Britpop!
Est-ce qu'il existe une scène rock féminine à Paris?
C'est un réseau informel, mais on se connait. Amandine Maissiat, ancienne chanteuse de Subway, un groupe exclusivement féminin, a d'ailleurs participé au morceau Snow. Sinon, je connais de près ou de loin Mensch, Milkymee, Mansfield Tya, il y a aussi Raymonde Howard, Katel...

L'une des chansons phares (voir le clip ci-dessous) est Patriarkill. Le titre parle de lui-même...
Oui je suis super féministe, alors je me suis dit, mettons-le en chanson. Elle est politique. Pouvoir être entendu est une chance, un luxe, alors ça me semblait important. Maintenant que j'y réfléchis, je crois que cet album est plus politique que le premier. Il y a les chansons Dont put me in a box ou Kids on crash, qui parle d'une jeunesse mal considérée qui fait payer à la société ses errances.
Ce patriarcat, tu le ressens en tant que musicienne par exemple?
Quand on arrive dans une salle pour installer le matériel, on parle toujours à mon batteur par exemple, et on me propose de m'aider à installer mes pédales, alors que je sais très bien le faire. Ou on me dit qu'étant une fille, on s'attendait à des chansons plus douces. Ce sont des petits détails. Mais c'est à double tranchant. Si je n'étais pas une fille, je n'aurais pas pu faire le festival Les Femmes s'en mêlent par exemple, c'était une super opportunité.
Est ce que tu revendiques le fait d'être lesbienne?
J'assume tout à fait d'être lesbienne auprès de ma famille et de mes amis. Le fait de le vivre normalement, c'est une forme de revendication. Mais je ne fais pas de la musique lesbienne, il se trouve juste que je fais de la musique, et que je ne suis pas hétéro.
Pourquoi As we move silently?
Derrière ce titre, il y a l'idée de grandir et de vieillir sans trop s'en apercevoir. Quand le premier album est sorti, j'avais 24 ans, maintenant j'approche de la trentaine. Ma vie professionnelle et personnelle a changée. J'ai pris des cours de chants, je me suis assumée en tant que lesbienne. Je suis plus mûre et plus en confiance.
Regardez son clip Patriarkill, en exclusivité:
Photos: DR.






















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De SandRine
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