Gore Vidal: mort d'un géant gay de la littérature
HOMMAGE. Le romancier américain, mort hier à Los Angeles des suites d'une pneumonie à son domicile de Los Angeles, était devenu, à 86 ans, une institution irrévérencieuse.
Le
romancier Gore Vidal, mort hier à l'âge de 86 ans, laisse une œuvre monumentale et aura marqué son temps dès 1948 avec son troisième roman, Un garçon près de la rivière (titre original: The City and the Pillar), considéré comme la première œuvre ouvertement gay. Le livre raconte l'histoire d’un jeune homme, dans les années 30, qui découvre qu’il n’est pas vraiment attiré par les filles, finit par coucher avec un ami. Plus tard, il devient l’amant d’un acteur hollywoodien.
Le roman est particulièrement audacieux pour l’époque, puisqu’il décrit des relations entre hommes commes normales et masculines, aux antipodes des clichés qui seront encore en vogue très longtemps après. La publication de ce roman causa un immense scandale, et valut à Gore Vidal d’être black-listé pendant plusieurs années, l’obligeant à publier ses nouveaux livres sous un pseudonyme.
Ami de JFK
La personnalité même de Vidal participa du scandale, puisqu’il était issu de la très bonne société américaine. Son grand-père était sénateur, son père fut le fondateur de plusieurs compagnies aériennes. Plus tard, après le divorce de ses parents, sa mère se remarie avec Hugh Auchincloss, qui épousera ensuite la mère de Jackie Kennedy, ce qui conduira l’écrivain à devenir l’ami intime du président et de sa famille.
Très intéressé par la politique (il a même été candidat malheureux à une élection au Congrès), il a publié de nombreux essais. Mais son nom reste surtout attaché à ses 25 romans, inspirés de l'histoire et de la vie politique américaines (Burr, Lincoln, 1876…) ou satiriques (Kalki, Duluth), et ses contributions pour le théâtre et le cinéma (scénarios de Soudain l'été dernier, de Ben-Hur, de Caligula...).
Une histoire d'amour de 53 ans
Outre dans son roman de 1968 Myra Breckinridge, l’homosexualité est évoquée dans ses remarquables mémoires, intitulées Palimpseste, qui se lit comme une passionnante saga qui traverse le siècle, au plus près des grandes questions qui agitent le monde. Il y raconte aussi, tout en pudeur, sa longue relation avec son compagnon Howard Austen (mort en 2003), qu’il avait rencontré en 1950, et avec qui il a partagé sa vie, entre la Californie et la côte amalftaine, en Italie, où ils avaient une maison. Vidal avait également vécu en Italie avec Tennessee Williams et a eu l'écrivain Jack Kerouac comme amant.
Il avait découvert Paris après la deuxième guerre mondiale. «La France fut, après la guerre, le centre de la civilisation. J'y ai alors vécu une période extraordinaire, en compagnie d'artistes comme Jean Cocteau, André Gide.»
Dans cet extrait du documentaire The Celluloid Closet (1995), Gore Vidal évoquait la création irrévérencieuse du péplum Ben-Hur:
Photo: DR.










LES CHAÎNES 











8
De Pascal Vanves
un grand écrivain gay, mondain mais ayant puisé dans sa vie de quoi nourrir son œuvre... à lire.
9
De jlth
N'importe quoi, strasbourg St denis, pour une fois que têtu évoque un grand nom de la littérature.
On se passe très bien de ton commentaire, que tu n'apprécies, soit, que tu sous-entendes que c'est ennuyeux, non, sauf pour les petits esprits, dont tu nous as déjà démontré que tu faisais partie.
2
De J_P_M
En effet ! "Un garçon près de la rivière" est un très bon livre, pas du tout ennuyeux.
4
De floréal
Allons Strasbourg Saint Denis ! As-tu lu au moins un de ses livres ?
"Un garçon près de la rivière" est un livre admirable qui n'a pas pris une ride. Etonnant qu'il n'ait jamais été adapté au cinéma ? Il n'a rien d'ennuyeux.
Quant à "Palimpsestes" qui a été traduit en France et publié par une jeune maison d'édition, c'est en effet un livre passionnant. Certes le nombre impressionnant de pages peut décourager mais cela fait partie de ces livres qu'on peut poser et reprendre car à travers ses mémoires c'est une grande fresque sur l'Amérique politique, littéraire, culturelle qui se déroule sous nos yeux.! A lire avec gourmandise.
4
De Pascal Vanves
comme mes potes, cela ne m'a pas incité à dormir mais j'ai eu au contraire bien du mal à poser le garçon et les volumineux mais curieux, vivants "Palimpsestes".
je ne te suis pas non plus Strasbourg Saint Denis...