Fiodor Dream Dog, la découverte rock TÊTUE de ce début d'année
INTERVIEW. Rencontre avec la chanteuse androgyne Tatiana alias Fiodor Dream Dog, l'un des premiers coups de coeur TÊTUE de l'année 2010. Une artiste aussi subtile et envoûtante que sa musique.

Le sex appeal des batteuses, on y échappe rarement. Et on a toutes tendance à loucher vers le fond de la scène pendant les concerts. Tatiana Mladenovitch (photo) nous facilite la tâche en rapprochant ses lèves du micro... Calmons-nous, elle ne l'a pas fait pour nos beaux yeux. Mais pour créer Fiodor Dream Dog, son projet rock indé.
Toute histoire a un début. Celle de Fiodor commence il y a deux ans, lorsque Tatiana Mladenovitch, batteuse autodidacte depuis ses 20 ans, se fait offrir une guitare pour enfant. Ne sachant pas bien «comment y jouer», elle prend conseil auprès de son ami. Quelques accords plus tard, Tatiana se met à composer...
En 2009, elle enregistre son premier album, I Lose Things. Dix titres qu'elle compose, chante, et joue elle-même. Sa maîtrise du rythme nous transporte dans cet univers des choses qui se perdent. Où le tic-tac de l'horloge laisse place à celui de la batterie. Plongés dans le paysage bancal d' I Lose Things, la voix de la chanteuse demeure, bien posée. Un album émouvant mixant la douce nostalgie du trombone aux ruptures parfaitement irritantes. Rencontre avec une musicienne talentueuse qui exalte nos sens.
TÊTUE: Ton album s'appelle I Lose Things. Alors, qu'est-ce que tu perds?
Tatiana (Fiodor Dream Dog): Je peux pas te faire la liste! On perd des choses comme la jeunesse, les illusions. Mais ce n'est pas que négatif, on se débarrasse aussi de certains poids, certains fardeaux... que je donne en pâture aux autres, à l'aide de ce disque!
Donc la tonalité de l'album n'est pas simplement triste?
Non, pas du tout! Le sens premier, c'est ça: le fait de perdre. Mais aussi se débarrasser... donc être un peu plus «actif» (sourire) dans la perte!
Il y a pas mal de «you» dans l'album, notamment dans la première chanson. Est-ce que ton album s'adresse à une personne en particulier?
Non, vraiment pas. Il s'adresse autant à quelqu'un qu'à tout le monde. Le jour où on écrit une chanson, peut-être qu'on pense à quelqu'un, mais on la remanie cinquante fois et... deux mois après, c'est à quelqu'un d'autre! Après... (pause) pour être un peu plus honnête, peut-être que la première chanson est un peu pour quelqu'un!
Qu'est-ce qui t'inspire?
Beaucoup de choses m'inspirent, notamment la danse contemporaine. Et puis des livres... tout m'inspire. Cette conversation par exemple! J'ai l'impression que je vais exploser tellement j'ai d'idées!
Tu es avant tout batteuse. Un premier album, c'est une étape. Est-ce que pour c'est aussi une recherche d'identité?
Je n'ai pas le parcours de quelqu'un qui commence la musique avec son projet, comme c'est le cas quand tu es super jeune, que tu as une gratte et que tu fais tes chansons... j'ai un peu un parcours inverse. Je sais où je me situe musicalement.
Te poses-tu comme une artiste lesbienne?
Non. Honnêtement, je m'en fous. Je suis homosexuelle, et si on me pose la question je dirai toujours oui. Je ne me cache pas et de toute façon j'aurais du mal à me cacher! (rires) Je trouve ce débat nécessaire d'un point de vue global et d'égalités, mais l'histoire de la sexualité de chacun... Je trouve ça si vaste la sexualité! Entre un hétéro forcené et un homo forcené, il y a un très grand espace. Homo et hétéro, ce sont déjà des termes très enfermants.
Ne penses-tu pas que c'est un des rôles de l'artiste, en tant qu'il a un pouvoir médiatique, de revendiquer certaines causes? Pour la cause lesbienne, on ne peut pas dire qu'on aie atteint un stade suffisant pour se taire...
On a tendance à donner aux artistes un rôle politique. Mais qu'on soit bien clairs, les politiques font de la politique, moi je joue de la batterie! Si on me demande mon avis sur ce que je pense, je peux le donner, mais ce sera en tant qu'individu, je ne peux pas prétendre représenter une masse.
On aime bien la lexicologie des lesbiennes... Tu dirais que tu es une butch?
Je ne sais pas! (rires) A vous de me le dire! Enfin je pense que vous diriez plutôt ça qu'autre chose, j'ai conscience de ce que je dégage.
Sur ton myspace, il y a une photo où tu portes la moustache. Ça te va très bien! C'est une manière de faire passer un message?
Non, c'était pour déconner, à une soirée, ce sont des filles qui me l'ont faite! Ce n'est pas une revendication. Mais je pourrais porter la moustache dans la rue sans problème! Comme mettre des talons de vingt centimètres. Mais je pense que la moustache me va mieux… (Rires)
Un mot à dire à nos lectrices?
Je ne sais pas... Bon appétit?
Aucun problème Tatiana, tu nous l'as ouvert!
En concert de le 17 janvier à l'International, à Paris (11e).












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De NémoGizmo
svp, un lien pour écouter sa musique?
merci