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EXCLUSIVITÉ: Sarah Waters nous dit tout sur son nouveau roman!

Par Thomas Spencer lundi 15 juin 2009, à 12h57 | 2560 vues
Plus de: Sarah Waters, littérature, fantômes, lesbienne, Angleterre victorienne

Après avoir propulsé les amours lesbiennes au rang de best-seller, l'écrivaine Sarah Waters nous revient avec une histoire de maison hantée. Depuis Londres, TÊTUE.COM a eu la chance de la rencontrer...

Sarah WatersAu mois de juin dernier, les murs du métro londonien étaient couverts d'affiches annonçant la sortie de Little Strangers, le nouveau roman de Sarah Waters. Un détail plus qu'anecdotique. En mettant en scène des héroïnes lesbiennes dans l'Angleterre victorienne, Sarah Waters s'est imposé comme une des écrivaines les plus lues du Royaume-Uni. Héritière spirituelle de Daphné du Maurier, Waters cisèle des romans historiques raffinés comme des camées, où les amours entre femmes prennent toute leur place.Son dernier roman, The Litttle Strangers, est une troublante histoire de fantômes où Waters s'affirme comme un maître du suspense et de l'observation sociale.


TÊTUE: Vos trois premiers romans: Tipping the Velvet, Affinity et Fingersmith, qui vous ont rendue célèbre, mettent en scène des amours lesbiennes dans l'Angleterre victorienne de la fin du 19e siècle. Qu'est-ce qui vous a particulièrement inspiré dans cette époque?
SARAH WATERS: C'est une époque passionnante car l'homosexualité est encore cachée, et pourtant elle commence à se définir d'une façon moderne. Les mots hétérosexualité et homosexualité n'ont été forgés que vers 1860. À ce moment là, la sexualité commence à devenir une identité, ce qui va permettre à certaines personnes de se définir comme homosexuelles, et de constituer des amitiés et un réseau de relations. On peut regarder le 19e siècle et y voir des aspects de la vie lesbienne qui semblent très familiers, comme dans Caresser le Velours, qui imagine un monde plein de lesbiennes dans le Londres des années 1890. Mais il y a aussi des zones plus sombres, où les femmes vivent leur désir pour d'autres femmes de façon solitaire et anxieuse. C'est ce que j'ai exploré dans Affinités. Ce mélange entre contraintes et possibilités nouvelles rend cette période fascinante, et propice à écrire de bonnes histoires.

Votre nouveau roman, The Litlle Strangers, tout comme Ronde de Nuit,  se passe dans les années 1940. Cette période tragique a-t-elle aussi été l'occasion d'une émancipation pour les gays et lesbiennes? Absolument. Même si les temps étaient très durs, c'était aussi une époque de grande excitation et de libération. Les gens se sont habitués à vivre différemment. Ils savaient que leur amante(e) pouvait littéralement se faire descendre à chaque instant, et ils sont devenus plus audacieux, moins préoccupés par les conventions sociales. Quentin Crisp parlait de la guerre comme d'une grande époque pour se faire des mecs, et le couvre-feu a offert plein d'opportunités, pas seulement aux hommes. Pour les femmes en particulier, la guerre a apporté plein de choses excitantes : des métiers habituellement réservés aux hommes, une camaraderie entre filles, des voyages. Paradoxalement, il est devenu plus dangereux d'être gay une fois la guerre terminée.

Pour la première fois, votre nouveau roman ne met pas en scène de lesbienne ..Aviez-vous peur d'être catégorisée, ou bien était-ce une sorte de challenge? Vous savez, j'ai un doctorat sur la littérature gay et lesbienne britannique, mes cinq premiers romans mettent en scène des amours saphiques, alors si j'avais peur d'être catégorisée comme écrivaine lesbienne, je m'en serais préoccupée plus tôt! Les étiquettes ne me dérangent pas, à partir du moment où on ne s'arrête pas à ça ! Disons que c'est plutôt l'intrigue qui a voulu cela. Le roman se passe à la même époque que Ronde de Nuit, mais à la campagne, dans une grande demeure que les propriétaires- désargentés et sans domestiques- n'ont plus les moyens d'entretenir. Et comme si cela ne suffisait pas, des choses effrayantes se passent dans la maison. C'est une histoire de fantôme, ou plutôt, de maison hantée. Quant à l'héroïne Caroline Hayres, est-elle vraiment hétérosexuelle? Je pense qu'elle a un vrai potentiel lesbien, mais que c'est plutôt une hétéro maladroite. Mais rassurez-vous, je n'ai pas abandonné les lesbiennes. J'y reviendrai très bientôt, probablement dans mon prochain livre.

Avez-vous le sentiment d'appartenir à une scène d'écrivaines britanniques lesbiennes?
Oui j'ai l'impression de faire partie d'un cercle très amical d'écrivaines lesbiennes britanniques. Il y a beaucoup d'auteurs de talent comme Ali Smith, Charlotte Mendelson, Carol Ann Duffy, ou Val McDermid... Nous vivons une époque vraiment privilégiée pour la littérature lesbienne.

Little StrangersLittle Strangers de Sarah Waters (Virago Press), uniquement en langue originale (anglais) pour l'instant.

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2 réactions de la communauté

 
jlth

De jlth

Le 15 juin à 22h00

Vivement une traduction en français !!!

 
viou333

De viou333

Le 18 juin à 22h24

Lol! pr les fanas d'anglais comme moi, c'est génial! j'ai eu l'occasion de le voir en anglais, et c'est un très bon film! Magnifique et envoutant. J'ai bcp aimé.

 
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