Emmanuel Moire: «J’ai dû me dépasser pour gagner confiance en moi»
Il n'a jamais été aussi bien dans sa peau. En campant le Emcee dans la comédie musicale «Cabaret», il a passé un cap. Alors que le spectacle part en tournée, le chanteur ouvertement gay revient sur sa couv' de TÊTU et dévoile ses projets.

Après avoir envoûté le public parisien avec son interprétation sexy et provocante du Emcee dans Cabaret, le célèbre musical mis en scène par Sam Mendes, Emmanuel Moire part en tournée avec les créatures du Kit Kat Klub, un cabaret peu fréquentable qu’il mène de main de maître dans un Berlin rongé par le nazisme. Le chanteur parle de son bonheur à jouer sur scène ce personnage qui lui a permis de prendre confiance en lui. De changer son image aussi. Entretien avec un homme bien dans sa tête et dans son corps. Willkommen, bienvenue, welcome!
TÊTU: Le rôle du Emcee de Cabaret a-t-il changé quelque chose en toi?
Emmanuel Moire: Ce rôle demande un investissement complet, autant physique que mental. Grâce à lui, je me redécouvre intérieurement. Pour jouer ce personnage décomplexé qui assume sa liberté sexuelle tout en évoluant dans un contexte politique chargé, j’ai dû me dépasser pour gagner confiance en moi. Aujourd’hui, c’est le bonheur.
Quelles ont été les retombées de la couverture de TÊTU?
Je n’ai eu que des retours positifs tant sur la couverture que sur l’entretien (numéro d'octobre 2011). C’était réussi puisqu’ils reflétaient tous les deux, ce que je suis aujourd’hui: un homme bien dans sa tête et qui s’assume. Je suis ravi d’une part que Cabaret soit arrivé dans ma vie parce que c’est un spectacle engagé qui défend la liberté de s’assumer et d’autre part que TÊTU, un magazine de combat, en ait fait l’écho.
Chaque soir, tu invites des gens sur scène. En as-tu profité pour draguer?
Bien sûr. C’est le but de cette scène (rires). L’avantage du Emcee est de pouvoir séduire autant les filles que les garçons. C’est très appréciable d’inviter une jolie fille ou un super mec et de s’amuser avec eux. Mais ce n’est qu’un rôle et cela ne dépasse pas le cadre de cette scène. Il n’y a jamais rien eu après. Tout le monde a ses chances. Il faut juste être placé dans les premiers rangs.
«En tournée, nous jouons la plupart du temps dans les Zénith où les repères sont différents. J’ai réinventé une partie du jeu de mon personnage.»
Quels sont les défis à relever lors de cette tournée dans toute la France?
A Marigny, nous avions créé une certaine intimité qui, pour moi, était très appréciable puisque mon vrai partenaire de scène reste le public. Sur le côté de la scène, je fixais les spectateurs et sentais leurs regards dérangés ou fuyants. En tournée, nous jouons la plupart du temps dans les Zénith où les repères sont différents. J’ai réinventé une partie du jeu de mon personnage puisque le public est souvent éloigné. La dynamique est différente que celle de Paris mais elle fonctionne parfaitement.
Le public reçoit-il le propos de la même manière qu’à Marigny?
Cabaret traite d’un fait historique vécu en Europe. Il n’existe pas de différence. L’impact reste le même mais la réaction change parfois parce qu’elle est liée à l’émotion suscitée. Tous les spectateurs ne réagissent pas de la même manière lorsqu’ils voient une croix gammée sur mes fesses. Pour ma part, je ne change rien. Je reste un bonimenteur qui doit amuser le public et le provoquer sans jamais oublier pourquoi il le fait.
Où en es-tu de ton troisième album?
En ce moment, je lis beaucoup sur le métier d’acteur et je vais voir beaucoup de films. Je note plein d’idées. J’ai beaucoup de choses à dire. Au final, un album c’est fait pour ça! L’album est en gestation.
Prochaines dates de Cabaret: 4 et 5/02 Palais Nikaïa (Nice), 11 et 12/02 Le Summum (Grenoble), 15 et 16/02 Le Dôme (Marseille), 24 et 25 au Zénith (Toulouse). Toutes les dates ici.






















3
De COCO39
Mais c'est qu'il serait mignon le bougre !!! Par contre, l'accoutrement, j'adhère moins, pas grave, moi j'enlève tout et tout de suite pour le croquer !