David Dibilio: «Jerk Off, c’est un esprit décalé, loin du mainstream et du fric»
INTERVIEW. Rencontre avec David Dibilio, co-organisateur de Jerk Off, le festival de cultures alternatives et émergentes organisé en marge de la Marche des Fiertés parisienne. Mais, Jerk Off, c'est quoi exactement? David répond à TÊTU.
Jerk Off est né d’un manque. Jusqu’à sa création l’année dernière, il n’existait aucune manifestation culturelle d’envergure en marge de la Marche des fiertés parisienne. Aujourd’hui, le «festival des cultures alternatives» s’est fait un nom et attire un public curieux avec une programmation éclectique (expos d’art contemporain, performances, concerts et DJ sets), pointue et riche en nouveaux talents. TÊTU a rencontré David Dibilio, coorganisteur de l’événement avec Bruno Peguy et Stéphane Viard. Entretien.
Peux-tu présenter en quelques mots Jerk Off? Pourquoi l'avoir créé?
C'est la deuxième édition de cet événement, dont le concept est très simple. Il s'agit de faire un festival pluridisciplinaire avec des artistes, LGBT ou pas, qui se sentent proches de cette sensibilité. Jerk Off est à la recherche des nouveaux talents et des nouvelles tendances, dans un esprit décalé et tous azimuts: concerts, art contemporain, clubbing, musiques électroniques... Avec une volonté d'aller ailleurs que dans les lieux «homos habituels». C'est pourquoi Jerk off s'est baladé à Belleville et Barbès, entre autres.
Jerk Off a toujours cherché à valoriser la culture homo. C'est un festival militant?
On ne parle pas de culture homo mais plutôt DES cultures. Ce qui nous motive, avec Stéphane Viard et Bruno Péguy, c'est de montrer la richesse et la diversité de ce qui existe, loin du mainstream et du fric. On préfère faire découvrir le groupe lyonnais Brice et sa pute (qui sont hétéros) à un public LGBT et voir que ça fonctionne, plutôt que penser en termes de «culture homo». Ce qui est intéressant aujourd'hui dans la culture, c'est que les gens se retrouvent autour d'affinités, de goûts et de valeurs, pas de sexualité.
Quel est le public de Jerk Off? Essentiellement homo…
Oui, certainement, mais pas seulement. C'est très ouvert et varié. Les garçons y sont très sexy en tous cas! Le public de Jerk off est avant tout un public curieux, qui n'est pas fermé à l'idée de sortir du Marais pour écouter de la musique acousmatique dans le noir, de découvrir ce qu'est une «battle graphique» en live dans une galerie ou d'aller au Rex pour écouter de la bonne éléctro même s'il n'y a pas de rainbow flag à l'entrée.
En 2009, est-il, selon toi, plus facile d'organiser un festival homo, de valoriser la culture homosexuelle? De nombreux festivals homos (Reflets, à Marseille par exemple) ont été contraints de s'arrêter en début d'année… Qu'en penses-tu?
C'est toujours compliqué de monter un événement, quel qu'il soit, surtout s'il n'y a pas de têtes d'affiche et si l'on veut faire le pari de la découverte et de la curiosité. Nous sommes complémentaires d'autres événements. Michèle (Philibert), à Marseille, a fait un super boulot. C'est la preuve que rien n'est jamais acquis… Des festivals fleurissent cependant à Paris (trans, porno…) et c'est tant mieux. Nous apportons tous quelque chose à «la cause». C'est cette diversité là qui est motivante.
Quels sont les rendez-vous de ce week-end?
Du son, notamment avec la soirée de samedi «Eyes Need Sugar présente Jerk Off» au Rex, des performances et… une sieste bien méritée! C'est le programme que vous propose Jerk Off pour fêter dignement, et en trois temps, ce week-end de la Marche des Fiertés. Alors venez nombreux!
Propos recueillis par Sylvain Zimmermann
Jerk Off, jusqu'au 28 juin, à Paris. Retrouvez le programme dans l'agenda de tetu.com.
Photo: Joao Gaspar.












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De NémoGizmo
excellente initiative.
et on voit qui les soutient...